lundi 4 janvier 2010

JOSEPH NDONG, DÉPUTE LIBÉRAL : Ces propos « ne reflètent pas le respect » que Me Wade voue aux chrétiens

(APS) - Le Sénégal devrait se doter d’un « certain nombre » de dispositions « pour mieux vivre » la coexistence pacifique entre musulmans et chrétiens qui la caractérise et qui lui est enviée, a suggéré dimanche à Dakar le député libéral Joseph Ndong, suite au tollé né des récents propos du président de la République visant « le cœur » de la foi chrétienne. « Ces propos-là ont été blessants pour notre communauté et je suis de ceux qui sont les plus blessés », a dit M. Ndong, par ailleurs responsable du mouvement Convergence chrétienne libérale, au cours de « Opinion », émission hebdomadaire de Walf Tv. Selon Joseph Ndong qui a convoqué des moments qu’il a passés avec le président de la République au Sénégal comme à l’étranger, ces propos « ne reflètent pas le respect » que le chef de l’Etat voue à la religion chrétienne et de même « ne semblent pas du tout coller au personnage » qu’il incarne.

Il a rappelé qu’en prison, du temps de l’opposition, le président de la République l’incitait à prier chaque fois qu’il devait lui-même accomplir ses prières. Me Wade lisant le Coran, l’amenait à lire la Bible à ses côtés, a confié Joseph Ndong. De plus, il a évoqué son voyage avec le président de la République à Rome à l’occasion des obsèques du pape Jean-Paul II, et relevé qu’ils s’étaient recueillis côte à côte sur la dépouille du prédécesseur de Benoît XVI. Le responsable du mouvement Convergence chrétienne libérale a rappelé qu’en tant que président de la République, Me Wade « doit pouvoir faire en sorte de rassembler tout le monde, d’être un peu équidistant des différentes confessions religieuses ». Il doit également « garder le recul et la neutralité qu’il faut pour ne pas heurter » chaque fois qu’il sera amené à parler de la foi de ses concitoyens qui n’ont pas la même confession que lui, a dit Joseph Ndong, soulignant : « Je pense qu’il y a de ce côté beaucoup de choses à faire ». Mais d’un autre côté, a poursuivi M. Ndong, le président Wade a « aussi raison » quand il dit penser avoir donné « suffisamment de gages de (sa) bonne foi et de (sa) volonté de protéger et d’aider les chrétiens dans le cadre de (ses) prérogatives et responsabilités suprêmes de façon qu’ils se sentent à l’aise dans notre pays, leur pays, pour exercer librement leur religion ». Pour l’ancien ministre des Sports et des Postes, ce n’est pas seulement la coexistence pacifique qui caractérise la cohabitation entre chrétiens et musulmans au Sénégal, mais aussi et surtout « le respect » des uns envers les autres. Sur cette base, « il a regretté » les propos qu’il a tenus et « nous n’avons pas à revenir là-dessus, parce que quand « une autorité de la dimension du président de la République exprime ses regrets », cela doit être pris en considération.

Ousmane Tanor Dieng appelle la communauté chrétienne au dépassement

APS) - Le secrétaire général du Parti socialiste (Ps, opposition), Ousmane Tanor Dieng, a apporté son « soutien » à la communauté chrétienne l’appelant, samedi à Mbour, au « dépassement », en référence au débat concernant les propos du président de la République, Abdoulaye Wade. Le président de la République Abdoulaye Wade a déclaré, dans son message à la nation, prononcé à l’occasion du nouvel an, qu’il est déterminé à « faire du Sénégal une société où musulmans et chrétiens continueront, comme par le passé, à être des frères et sœurs », assurant qu’il n’a « jamais eu l’intention » de s’attaquer à la religion chrétienne. « Abdoulaye Wade devait, comme on le lui avait demandé, présenter ses excuses à la communauté catholique. Mais s’il ne veut pas le faire, nous nous le ferons en son nom et au nom du peuple sénégalais », a réagi Ousmane Tanor Dieng au cours d’une visite qu’il a rendue à ses militants à Mbour et Joal-Fadiouth. « Nous leur (chrétiens) exprimons notre soutien et nous les appelons au dépassement, parce qu’il s’agit d’un comportement individuel qui n’a rien avoir avec les grands équilibres de notre nation que tout le monde doit sauvegarder », a souligné Ousmane Tanor Dieng qui a rencontré, au cours de son déplacement, des chefs religieux, musulmans comme chrétiens.

« Dans les églises, on prie Jésus qui n’est pas Dieu. Tout le monde le sait, mais personne n’a jamais dit quelque chose », avait affirmé le chef de l’Etat, lundi lors d’une rencontre avec des enseignants libéraux, en réponse aux critiques faites par des chefs religieux musulmans surtout contre le Monument de la renaissance africaine. Deux jours après, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux, l’archevêque de Dakar, le cardinal Théodore Adrien Sarr, avait indiqué que les chrétiens étaient « meurtris et humiliés » par ce discours qui, à son avis, « banalise publiquement devant des éducateurs (...) ce qui fait le cœur » de la foi de ses coreligionnaires.

Le président Wade a dit qu’il est le premier à regretter le fait que la compréhension de ses propos ait « pu offenser certains membres de la communauté chrétienne ». Le secrétaire général du Parti socialiste a dit qu’il faut « circonscrire ce débat-là et travailler la main dans la main comme on l’a toujours fait depuis la nuit des temps ». « J’ai surtout présenté des excuses pour le tort qu’Abdoulaye Wade a porté à la communauté chrétienne, pour leur dire que cette attitude n’engage que lui.

Il n’y a pas eu de problème entre les communautés musulmane et catholique et, ici sur la Petite Côte, nous sommes bien placés pour le dire », a-t-il précisé. Ousmane Tanor Dieng a rappelé que dans la plupart des familles sénégalaises « il n’est pas rare de trouver des membres d’une même famille appartenant à des confessions différentes ».

REGRETS DU CHEF DE L’ETAT : Le cardinal Théodore Adrien Sarr prend acte et réitère son appel au calme

Théodore Adrien Sarr, a pris acte des regrets du chef de l’Etat et a réitéré son appel à la sérénité et au calme. Mais il a tenu à préciser que c’est toute la communauté chrétienne qui s’est sentie meurtrie et humiliée par les propos du chef de l’Etat sur le dogme de la divinité du Christ.

Les propos du chef de l’Etat à l’endroit de Jésus-Christ ne sont pas toujours digérés par les chrétiens. Hier, les prêtres des différentes paroisses sont largement revenus sur ces paroles pour donner plus d’explications aux fidèles qui n’ont pas compris leur contenu. Dans un communiqué publié le 2 janvier et intitulé « la vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32), le cardinal Théodore Adrien Sarr a rappelé avec insistance que c’est toute la communauté chrétienne qui s’est sentie meurtrie et humiliée par les propos du président de la République sur le dogme de la divinité du Christ qui est au cœur de la foi chrétienne. L’archevêque de Dakar a pris acte du regret exprimé par ce dernier dans son message du nouvel an. Le cardinal Sarr a précisé dans le communiqué qu’« il n’existe aucun conflit entre les différentes confessions religieuses au Sénégal ». Aussi, affirme-t-il, pour n’évoquer que le dialogue islamo-chrétien, « celui-ci va au-delà de la tolérance si facilement galvaudée, il est l’un des fondements de la belle unité qui caractérise notre pays, tout simplement parce qu’il constitue une réalité du vécu quotidien séculaire de la communauté nationale ».

« Les Sénégalais vivent dans l’estime mutuelle, ils vivent dans le respect des convictions religieuses de tous et de chacun, ils vivent dans une communion solidaire. C’est pourquoi seule la cohabitation pacifique des différentes communautés religieuses sera le garant de la sécurité de tous et de chacun », a poursuivi l’archevêque. Il a réaffirmé « le oui de l’Eglise au service de la justice, de la réconciliation et de la paix ». Après avoir constaté les dégâts causés à l’intérieur de la cathédrale de Dakar, à la suite des débordements qui ont marqué la fin de la cérémonie de présentation de vœux, le cardinal Sarr a réitéré son appel à la sérénité et au calme car, ajoute-t-il, la violence ne saurait être une réponse à une quelconque agression, aussi virulente, soit-elle.

Le chef de l’Eglise catholique du Sénégal a rappelé qu’il a reçu, après la cérémonie de présentation des vœux, une délégation gouvernementale composée de plusieurs ministres, venue présenter les excuses du chef de l’Etat. Il a eu, dans la même soirée, un entretien avec le nonce apostolique, représentant le pape Benoît XVI au Sénégal. Mgr Sarr a confirmé qu’une délégation de la coalition « Bennoo Siggil Senegaal » lui a rendu visite, le 31 décembre, pour lui exprimer sa solidarité, tout comme plusieurs autres personnalités politiques, diplomatiques, civiles et religieuses. Il a souligné aux visiteurs que son message du 30 décembre est basé uniquement sur des paroles prononcées par le chef de l’Etat et non sur les reportages et commentaires de la presse. « Il ne peut donc s’agir ni de manipulation, ni d’instrumentalisation d’où qu’elles proviennent, car l’une des missions de Eglise, c’est d’être au service de la vérité », a-t-il expliqué.

Eugène KALY

EFFETS DU CLIMAT A JOAL-FADIOUTH : Des changements de comportements prônés

Se fondant sur la conférence internationale sur les changements climatiques à Copenhague, Enda a voulu faire comprendre aux populations qu’elles sont aussi concernées par ces questions.

Il faut que la population locale, de par ses comportements, puisse identifier un certain nombre d’alternatives de solutions de ce qu’on appelle les stratégies d’adaptation. Selon Jean-Pascal Corréa d’Energie, Environnement, Développement d’Enda, c’est là une manière d’apporter une réponse au changement climatique.

Au finish, cela permettra de pouvoir allier les stratégies locales avec les moyens et compétences à d’autres modes de comportements qui permettraient d’atténuer les effets néfastes du changement climatique.

Fondamentalement, Jean-Pascal Corréa a noté des impacts, pensant que tout le monde a compris maintenant que les populations africaines sont les plus affectées. Etayant son propos, il a cité le cas de Joal-Fadiouth ou il y a la récurrence des inondations, l’avancée de la mer qui était à plus de 200 m du rivage, il y a 10 ans. Il existe aussi une baisse drastique du taux de débarquement des produits halieutiques et une perte notoire de la biodiversité au niveau de la mangrove.

Suffisant pour que M. Corréa lance un appel pressant pour trouver des solutions durables, étant convaincu que l’Occident ne le fera pas à notre place.

Amath Sigui NDIAYE

OUSMANE TANOR DIENG A MBOUR ET JOAL : « Je suis venu remobiliser mes troupes »

Le Secrétaire général du Parti socialiste était à Mbour et Joal-Fadiouth ce samedi. Il a déclaré être venu rendre visite à ses troupes d’abord et ensuite aux imams et curés pour les rassurer qu’il n’y avait aucun problème entre Musulmans et Chrétiens. Il s’est par ailleurs prononcé par rapport aux discours du président de la République.

« La parfaite entente qui a toujours existé au Sénégal entre Musulmans et Chrétiens va continuer de l’être puisque c’est ça le Sénégal ». Ces propos sont du Secrétaire général du Ps pour qui le département de Mbour constitue une parfaite illustration du dialogue islamo-chrétien. Etayant son propos, il a évoqué les cimetières mixtes de Fadiouth où Musulmans et Chrétiens sont enterrés côte à côte. Dans ce département de Mbour, a-t-il dit, des frères sanguins cohabitent harmonieusement, les uns étant Musulmans les autres Chrétiens. Pour toutes ces raisons, Ousmane Tanor Dieng a déclaré avoir présenté des excuses en son nom propre et au nom du président de la République à l’Eglise. Cette visite, selon le responsable du Ps, a permis de remobiliser les militants et en même temps demander aux maires et Pcr de gérer dans la transparence en tenant compte des seules préoccupations des populations.

A propos du discours du président, il a fait remarquer qu’il n’avait pas de fil conducteur, M. Wade parlant d’un secteur au début et à la fin de son discours. Par rapport au contenu, M. Dieng a indiqué que s’il a été heureux que le président de la République dise qu’il est, pour une deuxième fois, pour des élections présidentielles à deux tours et qu’il est d’accord sur les propositions de l’opposition sur le code électoral, il reste perplexe, quand il a ajouté qu’il fera voter par sa majorité les projets de lois, mais que les députés sont souverains. Par rapport au prix d’achat du riz, M. Dieng dit avoir lui-même fait le tour de quelques boutiques à Mbour et Joal et nulle part, le kg de riz n’est vendu à 250 Fcfa. La campagne agricole n’a pas été occultée. Au rythme où se déroule la campagne, il a avancé que l’objectif d’acheter 300.000 tonnes d’arachide ne sera jamais atteint.

Amath Sigui NDIAYE

jeudi 31 décembre 2009

UNE AMBIANCE PASSIONNÉE ET UNE PLUIE DE LACRYMOGÈNES

Une ambiance inhabituelle a prévalu, hier, à la Cathédrale de Dakar à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux. Après les propos du président Wade, lundi dernier, qui remettait en question un dogme fondamental de leur religion, les chrétiens, surtout les jeunes, venus présenter les vœux ont manifesté leur indignation en improvisant une marche qui a tourné court devant une pluie de grenades lacrymogènes.

La cérémonie de présentation de vœux dans la cour du collège de la cathédrale avait tout d’un meeting, hier en fin d’après-midi. Le décor d’un grand rendez-vous politique était campé avec une tribune aux couleurs nationales. La communauté chrétienne est massivement venue à la traditionnelle cérémonie des vœux au Cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar. Comme un seul homme, ils scandaient « Vive Jésus, vive sa croix » à tue-tête. C’est avec ce refrain qu’ils ont entrecoupé les discours du vicaire épiscopal, l’abbé Léon Diouf, et du Cardinal Théodore Adrien Sarr, entre autres orateurs.

Le Cardinal a lancé un appel au calme. « Gardons le calme. Gardons le calme. Gardons la sérénité qui fait que personne ne pourra se moquer de nous », a-t-il dit dans un discours entrecoupé par des ovations et des chants liturgiques.

C’était sans compter avec la résolution des jeunes. Juste après la cérémonie, ils ont tenté de marcher spontanément en direction du palais présidentiel situé sur la même avenue que la Cathédrale où se tenait la cérémonie. A mesure qu’ils s’avançaient précédés par des porteurs de grandes croix en bois, leur nombre grossissait. Craignant sans doute des émeutes, les forces de l’ordre les ont dispersés à coup de gaz lacrymogène à 200 mètres du palais. Diverses personnalités politiques, chrétiennes comme musulmanes étaient présentes à cette cérémonie de vœux, notamment le représentant du Nonce apostolique, représentant le Vatican. On apercevait plusieurs personnalités, notamment le ministre Faustin Diatta, l’historienne Penda Mbow, la sociologue Marie Angélique Savané, Madior Diouf, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (Rnd), l’architecte et conseiller du président Wade, Pierre Goudiaby Atépa, Benoît Sambou de l’Alliance pour la République (Apr) et Jean-Paul Dias, le secrétaire général du Bloc des centriste gaindés (Bcg).

La foule chantant avec ses croix s’est disloquée lorsque la pluie de lacrymogènes est tombée jusque dans les jardins de la cathédrale, du côté des petits manèges et sur la chaussée, devant des fidèles médusés.

Ndèye Khady LO

UNE DÉLÉGATION REÇUE EN AUDIENCE PAR LE CARDINAL - Karim Wade : « en aucun cas le chef de l’Etat n’a voulu offenser les chrétiens »

Dakar : Le ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures, Karim Wade, a affirmé, mercredi soir, qu’« en aucun cas le président de la République n’a voulu offenser ou porter atteinte à la communauté chrétienne ».

Le ministre d’Etat Karim Wade s’exprimait ainsi à sa sortie d’audience avec le Cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar à qui il a présenté, « au nom du président de la République ses excuses ».

Karim Wade était accompagné du ministre d’Etat, directeur de Cabinet du président de la République, Habib Sy, du ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Moustapha Guirassy, et du ministre des Affaires sociales, chargé des Relations avec les Institutions, Faustin Diatta.

« Le président de la République est très attaché à protéger toutes les communautés religieuses de notre pays, y compris la communauté chrétienne », a notamment déclaré M. Wade ajoutant : « si les propos du Monsieur le Président de la République ont porté atteinte ou touché les Sénégalais chrétiens, nous présentons nos excuses à la communauté chrétienne sénégalaise et à la Communauté chrétienne internationale ».

APS

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...