samedi 19 décembre 2009

Mbour : des jeunes manifestent contre la construction d’une station d’essence près du Stade Caroline Faye

Mbour, 18 déc (APS) – Des jeunes de Mbour se sont rendus vendredi sur le site devant abriter une station d’essence près du stade Caroline Faye, pour détruire tout sur leur passage, en guise de protestation contre ce projet.

Ces jeunes, issus du mouvement associatif, se disent ‘’terriblement surpris’’ de constater qu’au lieu d’un stade moderne, une station d’essence est en train d’être à côté même du Stade Caroline Faye.

Des zincs qui clôturent ledit chantier, en passant par les piques posées pour délimiter le site, les jeunes ont tout saccagé.

Les protestataires sont regroupés au sein des différentes structures comme le Stade de Mbour, les ASC Touré Kounda et Diamaguène, ainsi que la Convention des jeunes de Mbour (CJM).

‘’Tout le monde sait qu’avec les normes de la FIFA, les espaces qui se trouvent en dehors des stades doivent servir de parking, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur’’, a signalé Mamadou Sogue Fall, un des responsables de l’Organisme national de coordination des activités de vacances (Oncav), porte-parole des jeunes protestataires.

’’La surface réservée à ces parkings doit être égale à la moitié du stade’’, a souligné M. Fall.

‘’Ce qui est aberrant c’est comme si on n’a pas d’autorités ici à Mbour. Car permettre qu’il y ait une station d’essence à côté d’un stade, alors que lors match de football, les supporter sont parfois surchauffés, survoltés et même insaisissables’’, s’est indigné Mamadou Sogue Fall.

Il a soutenu que la construction de cette station d’essence ‘’est une véritable bombe à retardement que les autorités ont permise’’, avant de se demander : ‘’où était la commission départementale de la protection civile, l’Urbanisme et les autres services techniques ?’’.

’’Nous allons nous mettre là, quitte même à ce que cette station soit construite sous nos cadavres », a déclaré M. Fall qui a relevé qu’en dehors de la station, ‘’des cantines vont êtres construites de l’autre côté du stade’’.

Pour sa part, le président du Conseil communal de la jeunesse de Mbour, Birame Mbaye Ndiaye, ‘’exige purement et simplement’’ du préfet et du maire qu’ils prennent leurs dispositions ‘’pour mettre un terme à la construction de cette station d’essence et qu’à la place on nous construise un stade moderne’’.

ADE/AD

lundi 7 décembre 2009

JOAL-FADIOUTH/ THERESE COUMBA DIOP QUITTE LA SANTE Des libéraux haussent le ton pour son maintien

Au cours de la matinée d’hier, des libéraux joal-fadiouthiens et proches de Madame Thérèse Coumba Diop, désormais ex ministre de la santé, ont haussé le ton. Ils crient leur ras-le-bol en dénonçant les lobbyings et demande à Wade de juger à partir des résultats sur le terrain. Ils ont réclamé le maintien de Thérèse Coumba Diop à la tête du ministère de la santé, en arborant des bandeaux rouges.

Leur réaction est consécutive au réaménagement du gouvernement qui affecte Thérèse Coumba Diop au ministère des biocarburants et de la pisciculture. Ils soutiennent que le travail démarré par Madame Thérèse Coumba Diop dans le cadre de la réunification des forces libérales du département méritent une considération politique.

Louis Sène, un libéral et ex chef de cabinet de Madame la ministre de la santé, a évoqué l’assainissement des finances de son ministère d’une part et d’autre part, le réveil du parti démocratique sénégalais (Pds) dans le département de Mbour. Selon lui, cela s’illustre à travers les résultats de la coalition sopi à Joal-Fadiouth. Il a en outre souligné les efforts faits dans le but de rapprocher et d’unir les responsables libéraux du département de Mbour divisés.

En plus, Louis Sène a souligné la grande mobilisation des bleus de Mbour et Joal-Fadiouh pour participer à l’accueil du président Wade à Thiès, il y a quelques jours. Il a rappelé la dynamique enclenchée en direction des structures de santé de Mbour en vue de les doter d’un meilleur standing.

par Samba Niébé BA

jeudi 26 novembre 2009

AEROPORT DE DIASS : Un hub attendu en septembre 2010



aeroport-diass Les principales infrastructures de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd) telles l’aérogare, la tour de contrôle ainsi que le pavillon présidentiel sortent petit à petit de terre. La livraison de cette infrastructure est prévue en fin septembre 2010.

Situé à 45 km à l’Est de Dakar, l’Aibd de Diass sera la prochaine destination de l’aérien reliant le Sénégal au reste du monde. Au cours d’une visite en fin de semaine dernière, le directeur général n’a pas manqué de rappeler la date de livraison de cette infrastructure prévue dans un an. Il est presque 18 heures, les bus transportant les travailleurs externes au chantier de l’Aéroport international de Diass s’apprêtent à quitter les lieux. Quelques vérifications d’usage sont nécessaires aux gendarmes avant de libérer ces trois autocars bondés de monde. A quelques mètres de là, sur le sol latéritique, les ouvriers résidents jouent au foot-ball.Ces travailleurs barbus d’origine saoudienne ou maghrébine sont habitués à cette ambiance afterwork. Tout juste derrière eux, il ya des cabines blanches et rectangulaires sur les côtés desquelles des climatiseurs indiquent qu’il s’agit d’habitations. C’est le quartier des travailleurs de l’Aéroport Blaise Diagne où une mosquée en dur avec haut-parleurs aux quatre coins est visible.

D’une superficie de 4 000 hectares, soit plus de quatre fois celle de l’Aéroport de Dakar, l’Aibd est un site immense. Il faut parcourir près d’un kilomètre ou plus sur la piste latéritique avant d’apercevoir quatre grues au milieu des poutres parallèlement disposées. Ce site va abriter le futur aérogare de 42 000m2. Avec les deux niveaux et les six passerelles télescopiques qui la caractérisent, cet aérogare aura une capacité annuelle de 3 millions de passagers à l’ouverture. « La qualité de service qui est prévue ici sera celle des hôtels. Elle n’existe dans aucun pays d’Afrique sub-saharien », dit Modou Khaya, directeur général de l’Aibd initiateur cette visite à l’intention des journalistes et des meilleurs élèves au Bac cette année.

Faire du Sénégal un HUB entre les continents

Tout autour de l’aérogare seront dressées les 44 positions de parking avions avec des pistes pour Boeing 747-400 et Airbus A 380. L’ensemble sera accompagné d’un système élaboré de voies de circulation des avions au sol. En outre, le parking de voitures prévu ici aura une capacité de 700 places. Faisant face au futur aérogare, la tour de contrôle commence également à prendre forme. Du moins, deux à trois lignes circulaires forment le site qui devra l’abriter. Des équipements de coffrage arrivés tout juste de l’étranger (parce que n’existant pas sur le marché local) vont permettre l’accélération des travaux de cette tour.

Il faut encore faire la même distance entre la cité des travailleurs et l’aérogare pour voir les travaux du Pavillon présidentiel. Mais sur le chemin se dessinent plusieurs pistes où peuvent se perdre des visiteurs non habitués au site. Même si une grande partie du terrain a été déblayée ou décapée par les nombreuses pelles mécaniques qui sont sur le chantier, la nature semble résister. Comme au milieu de cette végétation luxuriante où l’on aperçoit manguiers et cocotiers sur une immense surface. Situé à l’extrême droite du chantier, le Pavillon présidentiel commence discrètement à sortir de terre. A l’Aéroport Blaise Diagne, même la nuit tombée, les camions ne cessent de faire des va-et-vient des quatre côtés. Né de la vision du chef de l’Etat de bâtir « un Sénégal prospère et en paix » où le secteur privé va jouer un rôle clé, le projet de l’Aéroport international de Diass va contribuer à désengorger la ville de Dakar et à faire du Sénégal un hub entre les continents. Au plan économique, des retombées immenses sont attendues avec son démarrage. Car il participera à développer les exportations et à attirer les investisseurs étrangers en plus de créer les conditions pour atteindre 1,5 millions de touristes/ an. Mais également il va favoriser l’émergence d’un pôle économique à l’extérieur de Dakar.

La livraison est annoncée pour le 30 septembre 2010. « L’entreprise nous confirme qu’il va délivrer à date échue, donc elle va mettre les moyens qu’il faut quels ques soient les problèmes qu’elle pourra rencontrer. Nous ne pouvons que leur faire confiance, a dit M. Khaya. Dans le cas contraire, s’ils ne respectent pas les engagements, nous avons un contrat clé en main avec des pénalités de retard que nous n’hésiterons pas à appliquer », prévient-il.
Source : Le Soleil

NDIAGANIAO-POUR LA RéHABILITATION DU POSTE DE SANTé : Le Conseil rural met 25 millions sur la table

Agé de 63 ans, le poste de santé de la Communauté rurale de Ndiaganiao se trouve actuellement dans un état de délabrement très avancé. Une situation qui inquiète les populations mais aussi les autorités médicales de cette contrée de la Petite-Côte. Un constat fait également par les conseillers ruraux de cette Collectivité locale qui polarise 38 villages, avec une population estimée à 50 mille habitants. «Nous sommes d’accord pour dire que le Poste de santé est assez obsolète, assez vieux, puisqu’il date de 1946. Je dois dire, d’ailleurs, qu’un des anciens présidents de l’Assemblée nationale du Sénégal, feu Amadou Cissé Dia a servi au niveau de cette structure. Jusqu’à présent, ce poste de santé a la même taille, la même dimension, alors que la population a été multipliée par 200, 300 voire 400. Donc, il y a là un véritable problème», reconnaît l’ancien député Amadou Niadiar Sène, actuel président du Conseil rural de Ndiaganiao. «Nous avons à tout moment insisté pour que Ndiaganiao puisse avoir un centre de santé qui répondrait mieux aux besoins des populations qui sont devenues extrêmement nombreuses», lance Amadou Niadiar Sène, qui rappelle que c’est consciente de la vétusté des locaux qui abritent le poste de santé que, dès son installation, la nouvelle équipe du Conseil rural, lorsqu’elle a bénéficié du premier concours du Pndl (Ndlr : Programme national de développement local), par le truchement de l’Ard (Ndlr : Agence régionale de développement), d’un montant de 53 millions de francs Cfa, un programme annuel d’investissement (Pai) a été élaboré. «Après délibération, le Conseil rural a accordé la plus importante priorité à ce poste de santé où 25 millions de francs Cfa ont été affectés pour sa réhabilitation. Peut-être que ça ne va pas suffire mais c’est quand même l’essentiel des ressources dont nous disposons», déclare le Pcr de Ndiaganiao.
Certainement qu’avec la réunion qui va avoir lieu, vendredi prochain, entre la délégation de la commune de Saint-Herblain et les présidents des différentes commissions du Conseil rural sur les perspectives de leur partenariat, des solutions vont être trouvées pour ce poste de santé qui a besoin beaucoup plus d’être rasé pour l’érection à la place d’autres bâtiments que d’être réhabilité, vu le piteux état dans lequel il se trouve.

Par Assane DEME

Maison d'arrêt et de correction de Mbour - Une dame aux commandes de l'établissement mixte

Le Directeur d'Administration pénitentiaire a installé hier le lieutenant Dieynaba Samba à la tête de la Maison d'Arrêt et de Correction (Mac), un poste occupé jusque-là par des hommes. C'était en présence du procureur Seydi, du major Seck de la Compagnie de Mbour, des inspecteurs, contrôleurs et agents administratif.

« A compétence égale chance égale », a-t-on l'habitude de dire. Traduisant concrètement ces propos, Cheikh Tidiane Diallo, directeur de l'Administration pénitentiaire a installé Dieynaba Samba à la tête de la Mac de Mbour. A l'occasion, M. Diallo a félicité Dieynaba Samba, première dame à occuper la tête de l'établissement. Une nomination qui n'a pas été usurpée, dira Cheikh Tidiane Diallo, puisque, a-t-il indiqué, partout où elle est passée, Mme Samba a donné entière satisfaction à ses supérieurs. Dans un département stratégique et compte tenu de sa situation géographique et son importance économique, le lieutenant Dieynaba Samba va continuer la modernisation de l'établissement et l'amélioration de la qualité de vie des détenus.
Parlant justement de ces derniers, le Directeur de l'Administration pénitentiaire a souligné qu'il attend du nouveau Directeur de l'établissement qu'elle renforce le dispositif de réinsertion des détenus par le biais de la Goana, le maraîchage, l'aviculture, entre autres. Aussi, Cheikh Tidiane Diallo demande-t-il à Mme Samba de penser à alphabétiser les détenus tout en veillant à leur éducation. Il a évoqué le nouveau programme de formation initié par l'administration pénitentiaire et souhaité que Mbour figure en bonne place dans ce dispositif. Il a félicité le commandant Ibrahima Mbaye, affecté à Tamba, lui qui a occupé le poste depuis un an. Mme Samba a promis de tout mettre en oeuvre pour mériter la confiance de ses chefs. Elle a souhaité avoir la collaboration de tout le personnel de la Mac de Mbour pour relever tous les défis qui l'interpellent.

dimanche 25 octobre 2009

Afrique : la longue marche des Libanais



Pas franchement africaine et plus vraiment libanaise, cette diaspora invente, pas à pas, sa propre identité. Au-delà d’une réussite économique incontestable, les dernières frontières sont la politique et la société civile.

Claire a 23 ans et deux amours. Dans l’ordre des rencontres, il y a d’abord la Côte d’Ivoire, le pays de sa mère et des tout premiers souvenirs, car c’est là qu’elle est née et a passé sa petite enfance. Puis vient le Liban, le fief de son père, un musulman chiite du Sud où, entre 7 ans et 15 ans, elle a vécu des années de « princesse chouchoutée » par ses grands-parents. Voix douce et manières élégantes, Claire est aujourd’hui le joli fruit de ces deux terres. Dans son identité, elles occupent une place égale. Binationale, Claire maîtrise aussi bien l’arabe que le français et le dioula. Elle connaît ses deux familles et leurs maisonnées d’oncles, de tantes, de cousins plus ou moins proches. Et relève avec la même sévérité les travers – souvent identiques – des deux peuples qui se retrouvent en elle : les Libanais, « racistes sur les bords », qui ont mal digéré que son père épouse une Ivoirienne ; sa famille ivoirienne, « devenue méfiante » avec sa mère. Mais, à 23 ans, l’étudiante en finance de HEC Abidjan a fait son choix : « Mon avenir, il est en Côte d’Ivoire. »

Plus d’un siècle après l’arrivée de leurs ancêtres en Afrique subsaharienne – le premier serait Elias Khouri Younes, un chrétien maronite originaire du nord du Liban, qui a débarqué au Nigeria dans les années 1880–, la plupart des dizaines de milliers de Libanais du continent sont désormais comme Claire : pour eux, il n’est pas question d’un retour au pays du Cèdre. Contrairement à leurs arrières-grands-parents, qui se préparaient pendant une parenthèse africaine des jours meilleurs sur leur terre natale, ils n’y vont que pour des vacances. Certains envoient bien de l’argent à la famille, mais leur vie, c’est en Afrique qu’ils l’envisagent.

« Je vais parfois au Liban, mais seulement pour deux ou trois jours », témoigne Hassan, 36 ans. De père et mère libanais, ce négociant en diamants, musulman chiite, vit à Conakry depuis 1992. C’est là qu’il a fait ses études, à l’école française. Auparavant, il a passé dix ans en Sierra Leone, avec ses parents. Eux sont repartis au pays, mais lui a décidé de rester. « Si je me sens guinéen ? Mais bien sûr », lance-t-il. Peu importe la fragilité politique de la Guinée et les tracas quotidiens (fluctuation du taux de change, coupures de courant) : son centre de gravité est à Conakry.

Une communauté de 200 000 à 300 000 personnes

Jusqu’à la fin de la guerre civile qui a embrasé le pays de 1975 à 1990, les Libanais qui débarquent en Afrique fuient quelque chose. D’abord, le joug ottoman. Ce sont les premières vagues d’émigration, qui s’étalent de la fin du XIXe siècle au début des années 1920. Chrétiens maronites pour la plupart, ces aventuriers ne sont guère nombreux en Afrique de l’Ouest : en 1913, on compte 1 000 Libanais en Afrique-Occidentale française (AOF). Puis viennent le mandat français (1920-1943) et le mythe de l’eldorado : le sol sec et rocailleux des régions méridionales du Liban paraissant bien avare à côté des terres africaines colonisées par la puissance mandataire, des paysans du Sud s’embarquent sur des paquebots pour Dakar, Abidjan et, dans une moindre mesure, l’Afrique centrale. D’autres prennent le chemin des colonies britanniques : le Nigeria, la Gambie, la Sierra Leone. Ils sont encouragés par des colonisateurs ravis de peupler leurs empires d’immigrés réputés travailleurs et adaptables. La présence des Libanais dans les « colonies » prend de l’ampleur : en 1936, ils seraient 4 500 en AOF. Si les arrivées continuent (en 1960, ils seraient 17 000 en AOF), la troisième vague proprement dite est provoquée par la guerre du Liban. Fuyant la conscription et l’occupation israélienne, des habitants du Sud, musulmans chiites pour la plupart, vont rejoindre en masse leurs cousins d’Afrique dont le poids économique s’est progressivement alourdi.

Au final, les estimations sont de 200 000 à 300 000 Libanais aujourd’hui sur le continent (sur une diaspora à travers le monde de 4 millions de personnes). Le plus gros contingent serait en Côte d’Ivoire, avec 60 000 personnes. Puis 25 000 au Sénégal, 6 000 en RD Congo, 5 000 au Gabon… Mais ces chiffres sont sujets à caution. Intègrent-ils les binationaux ? Quid des Libanais qui se sentent davantage africains et ne sont pas enregistrés ? Autre problème : consulats et ambassades se montrent incapables – ou réticents – de livrer des données sur le nombre des ressortissants ainsi que des départs et des arrivées. La preuve que les Libanais en Afrique ne sont plus aujourd’hui des étrangers de passage…

Médecine, commerce, ingénierie, immobilier, informatique, industrie agroalimentaire, restauration, banque : avec les années, l’éventail de leurs activités économiques couvre maintenant tout le spectre des métiers possibles. L’image d’Épinal du Libanais-petit-commerçant debout dans son échoppe, entre un comptoir et un mur tapissé de rouleaux d’étoffes ou de médicaments, a jauni. Aujourd’hui, c’est un cliché réducteur oubliant qu’au Sénégal une famille libanaise a bâti un fleuron de l’industrie, la Biscuiterie Wehbe, créée en 1946 ; que les Libanais en Angola sont en grande partie des ingénieurs ; qu’en Côte d’Ivoire ils sont crédités de 60 % du parc immobilier, 80 % des activités de distribution, 50 % de l’industrie, 70 % du conditionnement et de l’imprimerie ; qu’en Guinée ils ont créé la plupart des entreprises informatiques… Et que certains partagent la misère de leurs frères africains, vivant dans des faubourgs de Dakar ou d’Abidjan.

Bref, les nouvelles arrivées étant désormais rares, les Libanais d’aujourd’hui, et surtout les jeunes générations, font partie du paysage au même titre que leurs « compatriotes de souche ». Alors, pourquoi partir quand on ne se sent pas étranger ? Quand, en 2004, l’animosité envers les Français est à son comble à Abidjan, Claire est souvent prise pour l’une d’entre eux. « Des patriotes, me croyant française, prenaient notre maison pour cible. » Se sentant pourtant chez elle en Côte d’Ivoire, elle reste.

Des entrées au palais

C’est le paradoxe : si la plupart des Libanais se disent sénégalais, guinéens, nigérians, les Africains ne les voient pas comme des compatriotes. Ils continuent à les isoler dans des clichés qui font d’eux des étrangers. « Leur comportement avec les ouvriers, mais c’est incroyable, ils les maltraitent, c’est le mot ! » s’énerve Peter, journaliste à Lagos. Bas salaires, conditions de travail inhumaines, insultes : les patrons libanais seraient des monstres… La rareté des mariages mixtes n’arrange rien : « Les Libanais fréquentent des Africaines mais, même s’ils ont des enfants avec elles, elles resteront toujours leurs maîtresses », estime Claire, dont les parents, mariés, sont selon elle une « exception ».

En fait, les Libanais se disent « africains » tout en cultivant une identité propre. Un mélange qui en fait des citoyens à part. À défaut d’une présence physique, les liens affectifs avec le Levant sont vivaces. Pendant les attaques israéliennes, en juillet-août 2006, le choc des bombes est ressenti jusqu’à Brazzaville et Dakar. On pleure et on crie devant le poste de télévision. Même solidarité viscérale dans toute la diaspora d’Afrique quand, le 25 décembre 2003, 130 Libanais qui rentrent à Beyrouth pour la fin de l’année meurent dans le crash d’un Boeing 727, abîmé en mer au large de Cotonou. Se sentir africain ne signifie pas oublier qu’on est libanais. Et n’interdit pas, au contraire, de fréquenter – et de tenir – des restaurants où l’on sert la cuisine du pays. Comme de construire ses propres mosquées – la plupart des Libanais musulmans en Afrique sont chiites quand les Africains musulmans sont sunnites –, dotées de centres de soins, qui traitent en priorité les frères libanais…

Et puis, il y a leur place en politique, qui alimente les fantasmes. Les Libanais ne courent pas après les postes en vue. Monie Captan, un natif de Tripoli devenu ministre des Affaires étrangères du Liberia (de 1996 à 2003), fut l’un des seuls ministres d’origine libanaise en Afrique. Ses frères du Levant préfèrent en général jouer les conseillers discrets : autrefois Kazem Sharara auprès d’Abdou Diouf, Hassan Hejeij auprès d’Omar Bongo, aujourd’hui Hajal Massad au Cameroun ou Roland Dagher en Côte d’Ivoire ont leurs entrées au Palais. Mais avec un penchant nettement légitimiste, toujours du côté du pouvoir, n’hésitant pas à participer généreusement aux campagnes électorales. On l’a vu lors de la présidentielle au Congo-Brazzaville en juillet et au Gabon en août. Un cas à part, toutefois : le sulfureux homme d’affaires Elie Khalil. Proche du dictateur nigérian Sani Abacha (au pouvoir de 1993 à 1998), il a été désigné par le mercenaire Simon Mann comme l’un des architectes de la tentative de putsch contre le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, en 2004. Une exception qui confirme que la présence libanaise en Afrique couvre tout le spectre des métiers possibles…

mercredi 7 octobre 2009

Senegal: Les Temps Sont Durs pour le Tourisme

Étant donné que la récession mondiale réduit encore le flux des voyageurs vers les destinations de vacances, l'année 2009 risque de ne pas être très lucrative pour l'industrie du tourisme sénégalaise.

Le tourisme est une des pierres angulaires de l'économie sénégalaise. Il s'agit, en effet, du secteur qui ramène le plus de devises après l'industrie de la pêche, dépassant même les exportations agricoles et les minéraux.

Selon le Conseil mondial du tourisme et du voyage (WTTC), le secteur devrait apporter cette année une contribution de 1 milliard de dollars au produit intérieur brut (PIB), soit une part d'environ 7%. Ce chiffre devrait passer, en 2019, à 1.9 milliard de dollars, soit 7.6% d'un PIB général beaucoup plus important.

Le secteur du tourisme et du voyage joue un rôle important dans la réduction du taux de chômage au Sénégal. Il fournit, en effet, un emploi à 155 000 Sénégalais, c'est-à-dire 5.8% de la population active; un chiffre qui, selon le WTTC, devrait s'élever à 6.2% dans une dizaine d'années.

Parmi ceux dont les moyens de subsistance proviennent de l'industrie du tourisme et du voyage, le WTTC compte 58 000 personnes directement employées par le secteur. Les 97 000 emplois restants se trouvent dans différentes branches qui doivent leur existence au tourisme, comme les métiers d'arts, et qui sont à l'origine d'une grande partie des 440 millions de dollars de recettes d'exportations prévues pour le Sénégal cette année.

L'année dernière, le Sénégal a attiré presque 1 million de visiteurs d'outre-mer, un chiffre qui, selon les prévisions du président Abdoulaye Wade, devrait passer à 1.5 million en 2010. Cet objectif ambitieux risque d'être difficile à atteindre compte tenu de la conjoncture économique actuelle, à la fois au niveau local et mondial. En effet, nombreux des principaux marchés de tourisme du Sénégal sont en récession et l'économie du pays lui-même connaît un ralentissement.

Le 20 juillet dernier, le ministère des Finances a annoncé qu'il avait revu à la baisse les prévisions relatives à la croissance économique pour 2009 : pour le PIB, il prévoit désormais une croissance de 1.5% au lieu de 3.1%. Parmi les raisons évoquées pour justifier cette baisse, on compte la chute de l'investissement étranger direct et des exportations liées au tourisme.

Au début du mois d'août, Dubaï World, un des piliers de l'investissement et du commerce de Dubaï, a annoncé qu'elle mettait en veilleuse quelques projets en Afrique; il s'agit-là d'un bon indicateur de la réduction des flux de capital étranger vers le secteur du tourisme africain. La société n'a pas précisé lesquels de ses nombreux projets étaient concernés, mais notons qu'un hôtel cinq étoiles, un centre de villégiature sur l'Île de Gorée, qui se trouve au large du port principal de Dakar, ainsi que deux autres réserves de chasse près de la capitale sénégalaise comptaient parmi les futures réalisations de l'entreprise en Afrique.

On a beau être optimiste au sujet des perspectives à long terme du secteur, WTTC a également prévu que l'année 2009 serait plus difficile pour le secteur du tourisme sénégalais, en prévoyant une chute de 0.5% de l'emploi et une croissance de seulement 2.6%, soit bien en deçà de la moyenne de 5.4% sur dix ans.

Bien que le Sénégal dispose plus ou moins des mêmes attractions que ses voisins, le pays n'a pas encore mesuré le potentiel de ses richesses naturelles et culturelles.

L'importance de la taxe imposée par l'Etat pour chaque touriste pénétrant le pays, établie à environ 500 dollars, représente près de la moitié du billet d'avion d'un voyageur provenant d'Europe. Elle est par ailleurs beaucoup plus élevée que les taxes d'entrée pratiquées par les pays compétiteurs comme le Maroc ou la Côte d'Ivoire.

On a demandé à ce que la taxe d'entrée, ainsi que les 18.5% de taxe sur la valeur ajoutée actuellement imposée aux hôtels soient réduites de façon à stimuler la croissance et à redorer le blason du Sénégal en tant que destination peu chère.

De même, d'aucuns critiquent le manque d'activités promotionnelles visant à soutenir l'industrie du tourisme, notamment dans le monde non francophone. Si le Sénégal a trop compté dans le passé sur la France et, à un moindre degré, sur la Belgique, d'où provenaient la plupart des touristes d'outre-mer, le pays a maintenant réalisé qu'il était nécessaire d'étendre son marché. Cependant, les autorités travaillent toujours à rassembler les ressources nécessaires pour promouvoir leur pays dans le monde anglophone et sur le marché asiatique grandissant.

Bien qu'il soit nécessaire d'en faire davantage pour attirer les visiteurs d'outre-mer, l'Etat s'efforce d'améliorer l'infrastructure touristique, notamment en construisant un nouvel aéroport principal, un projet d'une valeur de 470 millions de dollars, qui offrira un port d'entrée moderne aux touristes. L'aéroport international Blaise Diagne, qui devrait être fonctionnel en 2011, sera équipé pour recevoir 5 millions de passagers par année et il sera possible, dans l'avenir, d'en augmenter les capacités pour qu'il puisse en recevoir le double.

Le gouvernement voudrait que cet aéroport soit non seulement utile pour l'industrie du tourisme local, mais qu'il devienne également un aéroport de transit pour la région. Si ce dernier objectif est atteint, les voyageurs en transit seraient davantage tentés d'étendre leur séjour, augmentant ainsi le nombre de touristes et les recettes du secteur.

L'ouverture de cet aéroport se fait au moment opportun dans la mesure où l'on prévoit pour l'année prochaine une reprise de l'économie mondiale, et, par conséquent, de l'industrie du tourisme, et, pour 2011, une amélioration encore plus marquée. D'ici là toutefois, les hôtels sénégalais risquent de connaître un ralentissement de leurs activités.

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...