jeudi 13 août 2009

YOUSSOU NDOUR INTRONISE YEKINI « Tu es le roi»

Entre Youssou Ndour et Yékini, c’est une affaire de rois. Le premier excelle dans la musique, l’autre dans le sport, la lutte en particulier. Hier, ces deux têtes couronnées se sont retrouvées au domicile du chanteur, aux Almadies, pour faire les choses royalement. . Occasion saisie par le lead-vocal du Super Etoile pour «chanter», dans la cour des grands, les mérites de Yakhya Diop.
Pour camper le débat, Youssou Ndour ne s’est pas fait prier pour revisiter le passé. Rappelant à son hôte qu’il est témoin de plusieurs chocs, «dont la revanche Mbaye Guèye-Boy Bambara». Le roi du Mbalax a soutenu s’être «toujours intéressé à la lutte». Pour avoir grandi à la Médina, plus précisément à la Rue 22 x 31, You avait un penchant pour l’écurie Fass et son Tigre Mbaye Guèye. «Après lui, il y a eu Moustapha Guèye. Mais, la lutte a tellement évolué que je n’ai plus de préférence. Maintenant, j’apprécie. Cela dit, du point de vue comportement, de la technique et de la performance, Yékini est bien le roi des arènes. Il a fait ses preuves. Et il se comporte comme un roi. Si j’avais le pouvoir de décision, je choisirais une distinction plus forte que roi. Yékini est un sportif de très haut niveau. Pas seulement par ses performances, mais sur tous les plans. Avant, pendant et après un combat, il se comporte en leader. La majorité des amateurs reconnaissent en lui le titre de roi», dira le lead-vocal du Super Etoile. Un témoignage apprécié à sa juste valeur par un Yékini «comblé» et attentif aux conseils. «Quand nous nous sommes rencontrés l’an dernier, Youssou Ndour m’avait exhorté à redoubler d’efforts pour ne pas décevoir. Il m’avait dit ceci : «Un leader doit savoir se comporter comme tel. Leader, c’est un comportement pas seulement le plus fort», se remémore l’enfant de Joal.
Pour sa part, Gaston Mbengue a «reconnu la grandeur, l’esprit d’ouverture et la générosité» du chanteur. «Un grand homme qui ne se contente pas de sa musique», soutient le promoteur de lutte. Lequel était aux côtés du manager du chanteur, Mady Dramé. «C’est par son intermédiaire que j’ai connu Yékini, révèle You. Depuis, nous nous rencontrons souvent. Seulement, nous l’avons toujours fait dans la plus grande discrétion parce que ce qui nous lie est sincère.» Qui dit mieux
Obs

JOAL-FADHIOUTH/ DISPUTE ENTRE UN GENDARME ET UN PASSAGER Un mort par balle

Une dispute entre un gendarme et un passager à bord d’un véhicule a abouti à une altercation occasionnant le décès de ce dernier, suite à un coup de feu. Les faits remontent dans la nuit du 11 aout 2009 aux environs de 23 heures à Joal-Fadiouth. Des populations excitées et outrées par la tournure des événements ont cherché à investire la brigade de gendarmerie de Joal-Fadiouth et la maison du gendarme ciblé. Une présence très remarquée des pandores a tenu à distance les curieux et autres badauds.
Le nommé Sangoné Mbaye ,un chauffeur ,âgé de 34 ans est décédé des suites d’une altercation avec un gendarme au cours de la laquelle il a reçu une balle d’une arme à feu. Différentes versions sont servies à propos de cette affaire ,Du côté de la victime ,Sangoné Mbaye à bord d’un véhicule devant se rendre à un Gamou a été interpellé par des gendarmes. Ces derniers ont exigé le certificat phytosanitaire du poisson trouvé à bord du taxi. Le sésame doit être délivré par les agents des pêches maritimes de la localité basés au niveau du poste de contrôle, à un jet de pierre du quai de pêche. Une fois dans ces locaux pour une mise en règle ,les choses se gâtent et finissent par un coup de feu d’un gendarme occasionnant le décès.
La direction de la communication de la gendarmerie dégage en touche. Pour elle, les gendarmes contrôlant la circulation ont interpellé un véhicule pour s’enquérir de son état ,de ses passagers et de son chargement. Ils découvrent à bord du poisson. Il se trouve que le poisson en question n’a pas reçu le quitus du service des pêches maritimes de Joal-Fadiouth ,un certificat de salubrité pouvant permettre son convoiement vers une autre localité.
La voiture et le poisson sont acheminés au niveau du poste de contrôle des pêches par les pandores pour une mise en règle. Une vive altercation se produit suite à des échanges de propos. Les choses se terminent par un coup de feu. Sangoné Mbaye est atteint ,Les gendarmes l’acheminent au niveau du centre de santé de Joal-fadiouth ,Son transfert se poursuit sur Thiès puis à Dakar où il décède. Son corps y demeure encore à des fins d’ enquête confiée à la compagnie de gendarmerie de Thiès pour situer les responsabilités.
De l’avis du commandant Daouda Diop, le directeur de la communication de la gendarmerie si les résultats mettent en cause le gendarme ciblé dans cette affaire, ce dernier va être mis à la disposition de la justice.
par Samba Niébé BA SUD QUOTIDIEN , jeudi 13 août 2009

vendredi 7 août 2009

GESTION NON SATISFAISANTE DES DOMAINES, NON RESPECT DES REGLES RELATIVES AUX MARCHES PUBLICS, DEPENSES NON JUSTIFIEES...

lundi 3 août 2009 - GESTION NON SATISFAISANTE DES DOMAINES, NON RESPECT DES REGLES RELATIVES AUX MARCHES PUBLICS, DEPENSES NON JUSTIFIEES...
La Cour des comptes épingle la commune de Mbour

NETTALI.NET - La Cour des comptes que préside Abdou Bame Guèye a publié son rapport annuel 2007. Sept organismes qui ont reçu des missions de contrôle de la Cour des comptes sont cités dans le rapport Il s’agit de la commune de Mbour, de l’Ecole nationale de développement sanitaire et social, du Centre national d’appareillage orthopédique, du Fonds de garantie automobile, du Fonds de solidarité nationale, de la Radiodiffusion télévision sénégalaise et de l’Office national de formation professionnelle.

Les résultat du contrôle de la gestion de la commune de Mbour qui va de 1999 à 2003 et qui concerne les maires Moussa Ndoye (1999 à 2001), Tafsir Demba Diouf (du 24 février 2001 au 26 décembre 2001), Mbaye Diagne (maire en fonction au moment du contrôle), la délégation spéciale dirigée par Serigne Sougou Guèye (du 26 décembre 2001 au 31 mai 2002), ont permis à la Cour des comptes de noter un certain nombre d’irrégularités. Ces irrégularités ont trait à une gestion non satisfaisante des domaines et des matières, à la perception de recettes non autorisées, aux documents budgétaires mal renseignés, au défaut de respect des règles relatives aux marchés publics et au règlement de dépenses non justifiées.

Autant d’irrégularités qui ont poussé la Cour des comptes à recommander aux responsables de la commune de Mbour, particulièrement la gestion des ressources foncières, l’élaboration de documents budgétaires fiables et le respect de la réglementation relative aux marchés publics.

Un agent de l’Etat est en même temps agent voyer de la commune

C’est le chef du service départemental de l’Urbanisme de Mbour, M. Mady Diop qui assure en même temps la fonction d’agent voyer, chef des services techniques de la commune. A ce titre, il lui est versé une indemnité mensuelle de 25 000 Fcfa. Pour la Cour des comptes, le fonctionnement des services techniques pourrait souffrir de cette situation. M. Diop n’est pas dans une position, ni de détachement, ni de disponibilité. S’y ajoute, qu’il n’agit pas non plus dans le cadre aménagé par la réglementation sur le transfert de compétences de l’État aux collectivités locales. ’’C’est donc indûment que la commune a versé à M. Diop la somme de 1 975 000 Fcfa au titre d’indemnités reçues en qualité d’agent voyer de la commune de Mbour de juillet 1997 jusqu’à la fin de la gestion 2003, soit environ 79 mois.’’, constate la Cour des comptes.

L’ancien maire socialiste de Mbour, Moussa Ndoye n’a trouvé lui mieux que de louer un immeuble au prix de 100 000 Fcfa par mois pour y loger le service départemental des Impôts et Domaines de Mbour qui est un service déconcentré de l’État Ainsi, ’’durant la période sous revue, le montant des frais de location supportés par la Commune s’est élevé à six millions (6 000 000) de Fcfa’’.

Absence de comptes administratifs

Concernant la tenue des documents financiers, la Cour des comptes note que le budget de la commune ne prend pas en compte les renseignements statistiques et les résultats des trois années financières antérieures conformément à la réglementation. Les autorisations spéciales de reports ne sont pas annexées aux budgets, et la commune n’établit pas ses comptes administratifs. Le seul compte administratif disponible est celui de la gestion 2002. Ce qui est une violation des dispositions de l’article 350 du code des collectivités locales.

Au chapitre des marchés publics de la commune de Mbour, la Cour des comptes dénonce le fractionnement des dépenses d’acquisition des tickets de perception. Ces fractionnements permettent à la commune de faire plusieurs bons de commande avec des montants inférieurs aux seuils de passation des marchés auprès du même fournisseur. Ainsi, pour des crédits prévisionnels de 19 millions de Fcfa, la commune a acheté des tickets de perception à l’entreprise Général Service pour un montant global de 18 919 660. Le défaut d’appels d’offres est apparu encore lors de l’acquisition par la commune d’une ambulance. Selon la Cour des comptes : ’’L’acquisition des véhicules automobiles quel qu’en soit le prix, lorsque leur cylindre excède 125cm3, doit faire l’objet d’un appel d’offres. Or, la commune a acheté une ambulance sans passer par cette procédure. La réception du véhicule est intervenue le 23 octobre 2001. L’autorisation de la Cnca (Commission nationale des contrats de l’administration – NDLR) présentée par la commune est postérieure à la réception puisqu’elle est datée du 25 novembre 2001. Cela signifie que la commune a acquis l’ambulance sans procéder à un appel d’offres et sans l’autorisation de la Cnca, en violation des dispositions de l’article 5 du décret n° 82-690 portant réglementation des marchés publics, modifié.’’.

Des marchés octroyés à des entrepreneurs en toute illégalité

C’est par entente directe que la commune de Mbour a confié les travaux de réhabilitation de la clôture et des vestiaires du stade municipal qui sont d’un montant de 19 989 200 Fcfa à l’entreprise Serigne Saliou Mbacké qui n’a pas fait la preuve de ses capacités juridique, technique et financière à les réaliser. Dans cette affaire, la commune de Mbour a bénéficié d’une autorisation de commande directe de la part de la Cnca. Seulement, notent les services dirigés par Abdou Bame Guèye, ’’les pièces justificatives requises pour autoriser une commande directe ne sont pas versées au dossier : rapport spécial de justification du recours, accompagné selon le cas d’un certificat d’exclusivité ou d’un certificat de carence en plus de moyens de publicité’’. La Cour des comptes constate l’exécution d’un marché pour des travaux d’aménagement et de réhabilitation de l’hôtel de ville, sans approbation du représentant de l’État Or, le montant du marché dépasse la somme de 50 millions de Fcfa. Le marché avait été confié à la société Egcd.

Cette société Egcd semble être bien être servie par la commune de Mbour. La commune de Mbour avait entrepris des dépenses de réparation de chaussées, d’aménagement du réseau électrique, de réparation d’équipements scolaires, de construction de salles de spectacles, de créations de terrains multisports, d’aménagements des stades et de travaux de balayage pour respectivement 9 254 168, 18 168 047, 5 501 160, 4 999 660, 17 493 500 et 8 968 000 Fcfa. Toutes ces dépenses devaient être soumises à la procédure de demande de renseignements et de prix. Ce qui frappe la Cour des comptes, c’est que les demandes ont les mêmes dates d’émission (le 10 septembre 2003 et de délai (le 25 septembre 2003), alors qu’il s’agit de dépenses de nature différente.

L’ensemble des marchés, à l’exception d’un seul, est octroyé à l’entreprise Egcd. Pire, il y a le marché pour la gestion des ordures ménagères confié à l’entreprise Transports Mamadou BA et qui est d’un montant de 109 200 000 Fcfa. Le marché a été octroyé à cette entreprise à la suite d’un appel d’offres auquel ont soumissionné deux autres sociétés Ereco et Senthras. L’entreprise Transports Mamadou BA qui gagne ce marché est la seule parmi les soumissionnaires à n’avoir pas présenté des documents attestant sa capacité technique.

Le secrétaire municipal se tape une indemnité kilométrique

La Cour des comptes reproche à la commune de Mbour d’encaisser des recettes à l’occasion de la délivrance des autorisations de construire, ce qui ne figure pas à la nomenclature budgétaire des collectivités locales, le maintien en activité d’agents ayant atteint l’âge de la retraite, d’avoir indûment alloué de 1999 à 2003, un montant global de 2 700 000 Fcfa, à titre d’indemnité kilométrique à son secrétaire municipal, sans les pièces justificatives, d’avoir alloué des primes de motivation sans autorisation budgétaire d’un montant global de 800 000 Fcfa à des agents chargés du recouvrement de la patente et des impôts. Elle dénonce également des dysfonctionnements dans le billetage, l’inexistence d’une commission de paiement et la non tenue d’un registre de paiement, l’absence des pièces justificatives des opérations de paiement et non tenue d’une comptabilité de caisse.

Sur décision du maire qui les a nommés, deux comptables des matières se sont succédé durant la période 2000. Des actes de nomination qui ne respectent pas les dispositions de l’article 10.c de l’instruction n°4 du ministère de l’Economie et des Finances relative à la comptabilité des matières aux termes desquelles ’’les comptables des matières sont nommés par le ministre chargé des Finances, sur proposition du ministre de tutelle. Il en est de même s’il s’agit d’une commune ou d’un établissement public’’. Du fait de l’absence de documents comptables, la Cour des comptes considère que la comptabilité des matières est inexistante de 1999 à 2003 dans la commune de Mbour. Et, note la Cour des comptes ; ’’A cause de cette situation, des sorties définitives de véhicules non justifiées ont été constatées. Il s’agit d’une Renault Laguna immatriculée TH 6012 A, d’une Mitsubishi TREDIA immatriculée TH 5000 A, d’un tracteur MF 360, d’un porte-bac et de deux bennes basculables’’. Elle constate qu’en violation de l’instruction n° 19/PR/SG/IGE du 16 juillet 1984, les véhicules de la commune ne sont pas dotés de carnets de bord mentionnant les motifs des déplacements, les heures des mouvements, les destinations, « le kilométrage » et les quantités de carburant servies.

Gestion irrégulière des domaines

La Cour des comptes a examiné la gestion des domaines par la commune de Mbour. C’est ainsi que la commune a eu à effectuer les lotissements suivants : Liberté II, Golf, Zone Sonatel, Thiocé Est Oncad et Darou Salam Gouye Mouride. Plusieurs irrégularités ont été relevées dans la gestion de ces opérations, par la Cour des comptes. Elle dénonce des irrégularités dans la quasi-totalité des lotissements. Des lotissements qui ne sont pas autorisés par l’autorité compétente en la matière, en l’occurrence le ministre chargé de l’Urbanisme et qui sont gérés par des particuliers.

Les mis en cause nient

Les autorités communales de Mbour mises en cause dans le rapport nient toutes les accusations portées contre elles dans le rapport. C’est ainsi que M. Tafsir Demba Diouf qui a été maire de Mbour du 24 février 2001 au 26 décembre 2001. Sur le défaut d’établissement des comptes administratifs, M. Tafsir Demba Diouf soutient qu’il ne pouvait le faire en 2001 pour la gestion écoulée celle de 2000, d’autant que le maire d’alors, M. Moussa Ndoye avait été révoqué et la loi ne lui fait pas obligation de se soumettre à cette exigence. Concernant l’acquisition de l’ambulance sans appel d’offres, il soutient que son acquisition ’’obéissait au souci de la commune de Mbour de répondre aux préoccupations des populations et des autorités sanitaires quant à la nécessité de faire face, aux évacuations sanitaires car le Centre de santé de Mbour ne disposait pas d’ambulance. Le Conseil municipal avait alors inscrit dans le budget 2001, une enveloppe pour doter Mbour d’une ambulance. C’est ainsi que nous avons adressé une lettre à la Cnca (lettre n° 436 du 18 octobre 2001) pour une autorisation de passer un marché par entente directe avec M. Mamadou Diop.’’. Tafisr Demba Diouf soutient avoir reçu par lettre en date du 25 octobre, l’autorisation de la Cnca.

Pour ce qui est des irrégularités notées dans la gestion du carburant, il martèle que Mbour étant une ville carrefour, tout maire qui y est élu, est confronté à des sollicitations de carburant. Il précise, concernant la gestion des lotissements par des particuliers, que c’est son magistère qu’une telle pratique a été arrêtée et aucun parmi eux n’a eu à lui remettre de l’argent pour des opérations de ce genre.

M.Djibril Sy qui est mis en cause dans le rapport pour avoir bénéficié illégalement d’indemnité kilométrique en sa qualité de secrétaire municipal sans pièces justificatives, rejette en bloc. A l’en croire : ’’le premier mandat relatif à l’indemnité kilométrique est antérieur à la période concernée par le contrôle de la Cour des comptes 1999 –2003, et ce mandat avant d’être visé pour paiement par le percepteur du Trésor, Receveur municipal est contrôlé et l’ensemble des pièces obligatoires...sont exigées.’’.

Quant à l’ancien maire Mbaye Diagne, il s’est borné d’indiquer dans sa lettre qu’il confirme les éléments de réponse qu’il a déjà fournis dans le cadre de la suite à donner au pré-rapport.

- Par Mayaram -

mardi 4 août 2009

Sénégal: Restauration de la Mangrove - Joal Fadiouth reçoit 160 millions fcfa

Pour un montant de 160 millions de FCfa sur une durée totale de 5 ans, 20 ha vont être reboisés à Fadiouth pour régénérer la mangrove. La cérémonie de lancement a eu lieu samedi dernier, dans l'île aux Coquillages.
Ce projet va permettre une meilleure exploitation de la mangrove et un renforcement des capacités d'exploitation de la population de Joal Fadiouth. Il a été réalisé en partenariat avec le haut conseil des lignées maternelles de Fadiouth. Le rôle socioéconomique et écologique de la mangrove, a souligné Pierre Dioh, adjoint au maire, est une réalité. En effet, elle contribue directement aux moyens d'existence ruraux en fournissant des produits ligneux et non ligneux. Le conseiller n° 1 du ministère de l'Environnement, Ndiawar Dieng, a souligné que les mangroves constituent un écosystème particulier qui procure des ressources importantes (forestières et halieutiques) pour les populations de la côte. De l'avis de Ndiawar Dieng, restaurer la mangrove dans les zones dégradées sur un total de 20 ha revient à protéger le littoral, assainir le cadre de vie des populations, appuyer les activités de transformation des produits halieutiques.
Ce programme porteur de développement au bénéfice des populations vient conforter l'engagement de l'entreprise Total Sénégal. Son Directeur général, Bruno Vincent, a affirmé, lors de la cérémonie de lancement, que le projet a été rendu possible grâce à un financement tripartite : 79 millions de la Fondation Total, 47 millions du Comité de parrainage Afrique Moyen-Orient de Total et 34 millions de Total Sénégal.
Amath Sigui Ndiaye

vendredi 3 juillet 2009

L’Aéroport international Blaise Diagne en piste en septembre 2010


« Dans moins de deux ans, le Sénégal sera doté d’un aéroport aux normes internationales ». L’annonce a été faite par Modou Khaya, le directeur général de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD).
Modou Khaya, le Directeur général de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) en construction annonce pour septembre 2010, la fin des travaux de l’aéroport international situé à 45 km de Dakar, dans la communauté rurale de Diass (département de Thiès), vers Saly Portudal. A ce jour, affirme le directeur de l’AIBD, « 1600 agents composés de Sénégalais (en grande partie), d’Egyptiens, de Marocains, de Philippins, de Saoudiens et de Tunisiens sont à pied d’œuvre dans la construction du deuxième aéroport international du Sénégal. Les chantiers sont dirigés par Saudi Ben Laden Group (SBG).
Selon Modou Khaya, l’AIBD, est construit sur une superficie de 4 000 hectares et pourrait accueillir, à terme, les plus gros porteurs de dernière génération. Ajoute t-il, 9 bâtiments seront érigés sur une partie de cette superficie dont l’aérogare pour les passagers d’une capacité de 3 millions de voyageurs par an.
La capacité en fret du futur AIBD est estimée à 50000 tonnes par an. L’AIBD sera doté, annonce M Khaya, d’une tour de contrôle de 50 mètres et d’une piste d’atterrissage et de décollage longue de 3,5 km et large de 60 mètres. Le projet va couter au total 237 milliards, a notamment informé le directeur de l’AIBD.

jeudi 25 juin 2009

Leur matériel électroménager endommagé par les délestages : Des populations mécontentes exigent de la Senelec réparation

Le quartier Mbour Toucouleur s’est fait entendre auprès de la Senelec pour exprimer leur ras-le-bol face aux nombreux délestages qui ont endommagé leur matériel électroménager.
Vendredi dernier, les populations du célèbre quartier Mbour Toucouleur sont sorties en masse pour se rassembler au niveau de la grande mosquée. Elles protestaient contre les dégâts causés par la Senelec qui, selon elles, portant sur beaucoup de pertes. En effet, du fait des nombreuses coupures intempestives, des centaines de familles ont perdu leur matériel électroménager. Des téléviseurs, des frigos, des congélateurs, des ordinateurs, des téléphones portables, entre autres, ont été endommagés. Pour protester et demander à la Senelec de réparer les préjudices causés, les populations de tous âges et de tous sexes se sont données rendez-vous, tôt le matin, pour crier leur amertume face à ce qu’elles appellent un manque de respect de la part de la société d’électricité.Selon Ndiogou Hane, un des initiateurs de ce rassemblement, «tout ce que nous avons comme matériel électronique ou électroménager a été gâté. Chez moi, une vingtaine de matériels a été endommagée. Nous sommes allés à la Senelec pour faire la déclaration, mais ils n’ont pas jugé utile de venir constater les dégâts qu’ils ont causés. Nous allons faire venir un huissier pour constater les dégâts», signale Ndiogou Hane. Son frère qui dit être «outré par les agissements délictuels» de la Senelec explique que c’est suite à une décharge après le retour de l’électricité que ces problèmes ont eu lieu. «A partir de la semaine prochaine, nous allons déposer une demande de marche pour protester contre la Senelec», annonce M. Hane. La dame Marième Diallo, une septuagénaire qui a perdu un téléviseur et un lecteur Dvd, déclare en avoir marre. «La Senelec ne nous pardonne rien, même pas le retard du paiement de la facture, malgré les nombreux délestages et elle se permet d’endommager nos appareils sans pour autant avoir du respect pour nous sans qui la société ne peut fonctionner. D’ailleurs, nous sommes allés voir le chargé des contentieux de la Senelec, mais nous ne sommes pas rassurés parce qu’il ne nous a rien dit de rassurant. Nous voulons tout simplement que nos droits soient respectés», réclame-t-elle. Penda Bâ et Dieynaba Sow, toutes deux élèves en classe de 3e s’inquiètent, elles, des coupures incessantes. «Nous nous acheminons vers les examens, mais nous sommes inquiètes parce que nous ne pouvons plus réviser la nuit», lancent-elles. Informaticien, Ibrahima Manafa déclare qu’«on peut rester toute une journée sans travailler, alors que nous sommes des pères de famille qui devons subvenir aux besoins des membres de nos familles. Seulement, avec ces nombreuses coupures injustifiées parce que nous payons régulièrement nos factures d’électricité qui, de plus en plus, grimpent. Les autorités doivent savoir que c’est avec le fruit de notre travail que nous arrivons à payer ces factures. Par conséquent, nous méritons respect et égard de la part de la Senelec, qui ne se soucie que de notre argent et non pas d’une distribution de l’électricité». «J’ai perdu ma minichaîne et mon lecteur Cd. Comment quelqu’un qui n’a même pas les moyens de subvenir à ses besoins les plus élémentaires peut-il se payer un poste radio ? Que la Senelec nous rembourse jusqu’au dernier centime», réclame Khady Mbaye, une habitante du quartier Mbour Toucouleur. «Les populations sont martyrisées et ont perdu tout espoir. La situation calamiteuse vécue à cause de la Senelec est indigne pour un peuple souverain», se plaint Mouhamadou Barro qui se demande : «Pourquoi les consommateurs continuent-ils de subir les conséquences de la gestion désastreuse des libéraux qui peinent, depuis 2000, à fournir du courant aux familles déjà mises Ko à cause des conséquences de la politique de nos gouvernants incompétents», peste-t-il. «Ce qui s’est passé à Mbour et avec les populations de Guédiawaye, il y a quelques temps, doit être organisé constamment pour arrêter ces dérives. C’est la passivité des citoyens qui a provoqué l’arrogance de nos dirigeants», relève Mouhamadou Barro.A signaler que 250 téléviseurs, compte non tenu des autres appareils, ont été endommagés. Nous avons fait des pieds et des mains pour avoir la réaction des autorités de la Senelec, mais ces dernières n’ont pas voulu réagir.
Source: Quotidien

Yakhya Diop «Yékini», lutteur : «Il n’y a que des hypocrites dans le milieu de la lutte»

Il a toujours cette banane qui illumine sa bouche. Yakhya Diop, «Yékini», s’extirpe de sa rutilante et imposante Esculade noire pour s’offrir les portes du Groupe Avenir Communication au cœur de la cité Adama Diop, balayée par un vent chaud.
Pouvez-vous nous parler de votre enfance ?
Je suis né à Joal, où j’ai grandi. Mais, mes deux parents viennent des îles du Saloum. Plus exactement de Bassoul. Je peux, dès lors, dire que je suis de Bassoul, tout comme, je peux me réclamer de Joal. Je suis passé par l’école coranique, l’école franco-arabe. Lorsque j’ai atteint un certain âge, j’ai quitté Joal pour me rendre à Kaolack, toujours pour les études avant de venir à Dakar, en 1991. Malheureusement, je n’ai pas pu continuer. Simplement parce que je n’avais pas les moyens de payer mes études. Financièrement, ce n’était plus possible. Je suis quand même allé jusqu’au niveau Bac en arabe. Je pense que c’est l’équivalent de la classe de Cm2 de l’école française (rires). Je n’aimais pas l’école française. Lorsque j’ai commencé la lutte, je suis quand même retourné à l’école pour connaître un peu la pédagogie. J’ai payé beaucoup d’argent pour cela. Parfois, j’étais obligé de payer 90 000 francs Cfa par mois juste pour que les choses aillent vite. Je n’avais que deux jours de cours dans la semaine à raison de deux heures par cours. Je me suis mis à la gestion, c’est la meilleure manière pour ne pas se faire arnaquer. En plus de cela, c’est pour mieux m’exprimer en français. Signer des contrats aussi ? C’est facile de signer un contrat. Par contre, le plus difficile, c’est de pouvoir le lire et de comprendre ce qu’il y a là dedans. Quel a été le contrat que vous avez signé et qui a été d’une importance capitale dans votre carrière ? C’est lors de mon deuxième combat avec Bombardier. On nous avait proposé 21 millions de francs Cfa chacun Quel est le souvenir le plus douloureux et le plus heureux qui vous a marqué dans votre enfance ? C’est le fait d’avoir perdu mon père très tôt. Je dois dire que je ne le connais même pas. Je ne pense pas que j’avais deux ans lorsqu’il a quitté ce monde. Par contre, ce qui me rend heureux aujourd’hui, c’est le jour où j’ai réussi à construire une maison pour ma mère, l’amener à la Mecque et subvenir, au tant que possible, à ses besoins. J’ai pu le faire lorsque j’ai commencé à disputer les grands combats. Entre 2005-2006. Vous êtes un monument des mbapattes. Quel est le lutteur, parmi ceux qui ont marqué la lutte, que vous avez eu à croiser ? C’est seulement Tyson et Zale Lô. D’ailleurs, ce dernier m’a terrassé en mbappattes. C’était la finale du drapeau du chef de l’Etat. Il était plus mûr que moi. Surtout que c’est mon aîné. J’ai perdu le combat avant de m’y rendre (Rires). C’est l’expérience. Vous savez, lorsque je rencontrais Zale Lô et autres, je n’avais pas pris au sérieux la lutte. Ce n’était pas un métier pour moi. On était à Joal. On ne s’entraînait pas. Je pratiquais plus le football que la lutte. A chaque fois qu’il y avait un combat de lutte, on y allait simplement pour disputer les combats et c’est tout. C’est au moment où je me suis rendu compte que je gagnais un peu d’argent que la lutte a occupé une place importante dans ma vie. D’ailleurs, j’ai été sélectionné pour le drapeau du chef de l’Etat, alors que je ne l’avais pas préparé. On est venu nous sélectionner et je suis parti comme ça. J’y suis allé et Zale Lô a pris le dessus sur moi. C’est ce jour-là que j’ai connu Katy (Amadou, son entraîneur). Il avait accompagné Zale Lô. Ce jour-là, je me souviens, il m’a dit de croire en ce que je fais, à la lutte. Que j’étais prédestiné à devenir un vrai champion. Pour cela, il m’a demandé de venir à Dakar. C’est ce jour que j’ai compris que mon avenir était dans la lutte. Vous auriez pu défendre les couleurs sérères en faisant partie de cette écurie. Pourquoi n’avez-vous pas pris cette option ? Je n’ai jamais cru à ces histoires d’écurie. Ce n’est pas parce que je suis Sérère que je dois être dans une écurie sérère. Je ne crois pas en cela. Je ne connaissais que Katy. J’ai cru en lui et depuis lors, on chemine ensemble. C’est vrai que beaucoup de mes parents sérères n’étaient pas de cet avis. Mais, aujourd’hui, je crois que j’ai eu raison de croire en lui. Une fois, je leur ai dit que si je devais seulement aller là-bas parce que c’est une règle, je préfère abandonner. Et aujourd’hui, je constate que la règle n’est pas respectée. On voit des lutteurs Walo-Walo qui sont dans les autres écuries. Beaucoup de lutteurs sérères auraient pu devenir de grands champions, s’ils avaient pris le même chemin que moi. Il y a Ismaël Diamniadio, Alioune Diouf, Ibou Ndaffa… Il n’y avait que Manga 2. Je n’étais pas venu pour être derrière quelqu’un. J’étais venu pour diriger. A l’époque, on venait juste de créer l’écurie Ndakaru et Katy (Diop) venait juste de quitter l’écurie Fass. Cheikh Mbaba était seul là-bas et il avait pris de l’âge, à l’époque. J’ai pris l’initiative d’y aller.N’êtes-vous pas trop prétentieux ? Mon père n’a jamais été à mes côtés. Je n’ai pas eu ce privilège. Tout ce que j’ai eu dans ce monde, je l’ai cherché tout seul. J’ai toujours cru en moi. Si vous pensez que c’est de la prétention, tant mieux. Une chose est sûre, c’est que je n’étais pas venu jusqu’à Dakar pour rester derrière quelqu’un. Lors de votre dernier combat contre Balla Bèye 2, vous avez fait signe, donné à un moment, de votre désir d’aller vous coucher. C’était du show ou vous le pensiez réellement ? C’est la réalité. Je n’avais jamais connu un combat aussi tardif. Je suis un couche-tôt. Même s’il y avait un peu de provocation là-dedans. Je me souviens, lors des mbappattes pour faire le show, on fait la même chose. J’ai pensé à cela et je l’ai refait. Durant le combat, on vous a vu vous asseoir à plusieurs reprises. Ce que les lutteurs ne font jamais. A quoi cela est-il dû ? Tout se prépare. Ce combat, je l’ai préparé juste à côté de vos locaux, sur la plage de Cambérène. Je savais qu’il y aurait beaucoup de combats ce jour-là. Je vais vous faire une confidence sur la manière dont je prépare mes combats : le jour du combat, je fais trois kilomètres de footing, dans la matinée, pour un réveil musculaire. Ensuite, je dois quitter Joal le jour même. Il y a le voyage. Je calcule tout cela. C’est pour cela qu’il m’arrive, lorsque je suis au stade, de marcher et de prendre le temps de me reposer aussi. Il se raconte que lorsque vous regagnez Dakar, vous prenez la mer parce que tout simplement, il y a un djinn qui se trouve à hauteur de Bargny que votre protecteur vous interdit de croiser ? Non, ce n’est pas le cas. Je prends la route comme tout le monde. A moins d’avoir un jet privé qui m’amène directement sur Dakar (rires). Vous savez, c’est une tradition de passer par la route pour se rendre à Dakar lors de chaque combat. C’est ce qu’on fait depuis toujours. Je vais faire une autre confidence : lorsque vous sortez ou rentrez de Dakar, il y a une prière à faire à hauteur de Bargny. C’est exactement entre Bargny et Rufisque. Lorsque vous la faites, cela peut vous protéger. Mais, il faut passer par la route d’abord avant de faire cette prière. Je ne vais pas dévoiler un secret (éclats de rire), mais c’est une prière qu’il faut réciter à onze reprises. C’est tout ce que je peux vous dire. Vous avez dit avoir préparé pendant 4 mois votre combat contre Baboye, jusqu’à faire exprès de perdre du poids. Pourquoi toute cette préparation pour un adversaire que vous connaissiez déjà pour l’avoir battu à deux reprises ?Non ! Toute cette préparation n’était pas destinée à Baboye. Si, par hasard, on se retrouvait dans une salle fermée, on n’aurait pas eu besoin de nous entraîner. Je m’excuse au passage, mais il y a de grands hypocrites dans ce pays. Surtout au sein de la lutte. Pour notre premier combat, je l’ai bien corrigé avant de le terrasser. Pour le deuxième, j’ai gagné sans même avoir eu besoin de le saisir au corps. Malheureusement, à chaque fois que j’écoutais les reporters, c’est le même discours qui revenait : Baboye Mbarodi, Gaïndé, l’Ouragan, etc., c’est comme s’il avait remporté ce combat. A partir de là, je me suis posé la question : et s’il m’avait terrassé ? Tout ce que j’ai eu à faire avant dans la lutte allait être réduit à néant. Ce n’est pas normal. Après mûre réflexion, je me suis dit que pour ce combat, il fallait que je mène une préparation exceptionnelle, et que la chute soit très spectaculaire. C’est la raison pour laquelle, j’avais dit que cela allait être notre dernière confrontation. Ne pensez-vous pas que c’est de la jalousie envers votre ami, Baboye ? Aucunement ! Au contraire, je respecte le lutteur. C’est juste que je ne suis pas d’accord qu’on change les rôles. Il y a un numéro 1 et après, ce sont les autres. Je suis le numéro 1. Qu’on me donne ce qui m’appartient. C’est tout ce que je demande. Vu que certaines personnes du milieu n’avaient pas compris cela, j’ai décidé de prendre très au sérieux le combat, parce qu’il y a des hypocrites dans ce milieu. Baboye n’était pas la vraie cible. Ce que j’ai eu à faire dans la lutte, Baboye n’a pas fait la moitié, et pourtant, c’est mon aîné. C’est vrai que c’est un ami. Le seul avec qui je discute au téléphone. Mais, il n’a pas connu le même parcours que moi. S’il était là, j’allais répéter la même chose. Il a battu simplement deux poids lourds. Et de quelle manière ! C’est «Bombardier» et «Gris Bordeauxï. Et cette chute n’a pas été très claire. Le premier qu’il a eu à battre, je l’ai battu à deux reprises. Tyson, je me suis amusé avec lui. Les Mor Fadam, Mouhamed Ali… Vous savez, tout ce que les gens disent, ne m’effleure aucunement. Ce qui m’intéresse, c’est de gagner mes combats. Favori ou pas, ce n’est pas mon problème. J’ai été distingué Lion d’Or. Un prix qui n’a jamais été décerné à un lutteur.Oui, mais avant vous, des anciens ont quand même eu à imposer leurs marques dans l’arène ? Oui, mais ce sont eux qui disent qu’il n’y a pas meilleur que moi. Je ne dis pas que je suis le meilleur lutteur de tous les temps, c’est vous, les journalistes qui l’avaient écrit. Par contre, parmi les anciens lutteurs, il y en a qui disent que je suis le meilleur. Et s’ils le disent, ils savent pourquoi ils le disent. Tous ces commentaires qui vous sont défavorables, ne pensez-vous pas que c’est parce que vous êtes plus fort physiquement que Baboye ? Je suis d’accord, mais que cela se fasse dans les règles de l’art. Mais, comme je viens de ledire, les gens font exprès d’oublier ce que j’ai fait dans la lutte. Je ne suis pas à ma première victoire. Ce que j’ai fait, aucun lutteur n’a eu à le faire. Qu’on le reconnaisse tout simplement. Cette animosité dans l’arène, en avez-vous, après, discuté avec Baboye ? Bien sûr ! Après notre deuxième combat, on a voyagé ensemble. On a passé une semaine ensemble. On était tout le temps ensemble. On discutait à longueur de journée. Un jour, je lui ai dit : Gaïndé, tu sais pourquoi les choses se compliquent dans ce pays, c’est parce que tout simplement, il y a pleins d’hypocrites dans le milieu. Justement, on vous reproche d’avoir aidé mystiquement votre ami «Baboye» lors de son combat contre Gris Bordeaux. Est-ce le cas ? Je n’aide aucun lutteur qui n’est pas de mon écurie sur le plan mystique. Les gens racontent ce qu’ils veulent. Ce n’est pas vrai. Il se trouve simplement que lors de notre voyage sur Paris, un jour, «Baboye» m’a interpellé, à la suite de la victoire de «Gris Bordeaux» sur «Bombardier» : «Comment vois-tu la situation de la lutte avec cette victoire de «Gris Bordeaux» ?» Je lui ai répondu de la façon la plus honnête en ces termes : «Tu vas lutter contre «Gris Bordeaux». C’est la condition sine qua non avant que je ne lutte contre l’un d’entre vous.» Ensuite, il m’a demandé : «Qu’est-ce que tu m’aurais conseillé, si je dois lutter contre lui.» Je lui ai répondu : «Fais-moi part de ton opinion d’abord.» C’est ainsi qu’il a soutenu que «Gris» avec son surplus de poids, il faut le bousculer vu que ses jambes ne supportent pas son poids. C’est alors que je lui ai serré la main en lui disant que c’était une bonne tactique. Par contre, il faut beaucoup travailler l’endurance. La suite, on la connaît. Lors du combat, vous avez préféré reculer au lieu d’affronter votre adversaire. Pourquoi ? C’est une stratégie. Je ne suis pas fou. Accepter un échange de coups de poings avec «Baboye», c’est tomber dans son piège. Il ne vient pas pour la bagarre. Car il sait que j’ai plus d’arguments que lui. J’ai plus de rallonge que lui et je suis plus fort que lui en boxe. Si j’avais opté pour cette tactique, il faudrait reconnaître qu’il n’y aurait pas eu de lutte. Ce que je ne voulais pas. Maintenant, n’oubliez pas que c’est deux chutes et non une. Mais bon, l’arbitre avait déjà sifflé. Je savais qu’il allait se ruer sur moi. La suite a été facile pour moi. Avez-vous noté un changement dans le comportement de votre adversaire, au moment de l’échauffement ? Pas vraiment. J’étais plutôt concentré sur ma stratégie. Je voulais le provoquer avec un direct et attendre sa réaction. Les gens disent souvent que je suis nerveux. Il suffit que je sois touché pour que je m’énerve. Non, les gens se trompent. Je suis quelqu’un de très calme. Il m’arrive de m’énerver, c’est vrai ; mais je garde toujours mon calme lorsque je suis dans l’arène. Il n’y a rien qui puisse me déstabiliser. Mais contre Moustapha Guèye, cela n’a pas été le cas. Vous vous êtes quand même énervé.J’aurais bien aimé ne pas en parler, mais comme vous avez abordé le sujet. Ce que je peux dire, c’est que ce jour-là tout le monde souhaitait ma chute. Tout le monde était contre moi : le Cng, les griots, le promoteur, même la presse. Seul le défunt Jacques Diène m’a fait part d’un complot contre moi. Il m’a dit, ce jour-là, qu’il suffisait juste que je mette un doigt au sol pour que je perde le combat. Je n’en revenais pas. J’ai eu, ce jour là, onze avertissements. C’était la première fois que je voyais autant d’avertissements dans un sport de combat. Cela n’existe nulle part dans le monde. Il y avait une injustice. Moustapha Guèye a déjà fait son chemin. Je ne vois pas un lutteur qui sait lutter comme lui. C’est un champion. Il faut le reconnaître. Mais, il sait que j’ai autant de technique que lui. S’il avait accepté ce jour-là de lutter, il allait connaître une chute mémorable. Conscient de cela, avec son entourage, il a pris l’option de fuir durant tout le combat. Malgré tout, il est tombé à trois reprises. Ce que l’arbitre n’a jamais voulu admettre. Interpellé par rapport au jeu de Tapha qui fuyait le contact, l’arbitre m’a demandé tout simplement de gérer mon combat. Alors qu’il est là pour sanctionner les fautes, la passivité. Au contraire, j’ai eu droit à des sanctions. Donc, c’est à partir de cet instant que vous avez décidé de beaucoup travailler, car convaincu que vous êtes seul contre tous ? Justement. C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit que je devais m’entraîner beaucoup plus, réclamer plus d’argent pour mes combats et être plus regardant. Sans cela, peut-être que j’aurais déjà essuyé ma première défaite. La lutte, c’est le Cng, les promoteurs, le comité d’organisation et les supporters. Ces derniers ne décident de rien. Ils ne sont là que pour le spectacle. Maintenant, s’il y avait une certaine irrégularité, le promoteur ne manquerait pas d’interpeller l’arbitrage. Ou encore, le Cng. Ce qui est désolant, c’est que le jour de mon combat contre Tapha Guèye, comme par hasard, cela ne les regardait même pas. Personne n’est venu intervenir. C’est comme si j’étais un Burkinabè venu de l’autre bout de l’Afrique pour rencontrer un Sénégalais qui faisait tout ce qu’il voulait et qui avait décidé, par des simulations, de ne pas combattre. Et tout cela, sous les yeux de l’arbitre. C’est à cet instant que je me suis énervé. Disons que lors de mon combat contre Tapha, j’ai échappé à un complot.A la fin de votre combat contre «Baboye», vous avez interpellé Gaston Mbengue, le promoteur, en lui demandant ce qu’il avait encore à dire ? C’est vrai ! C’est que j’avais juste lu une de ses déclarations, dans un journal de la place, où j’ai senti qu’il contestait un peu mon titre de Roi des arènes. Contrairement à la plupart des gens. Alors, lorsque j’ai battu «Baboye», occasion ne pouvait être plus belle pour avoir à nouveau son opinion. Et lorsque je lui ai posé la question, il a aussitôt soutenu que j’étais le Roi des arènes. Donc, il y avait plus rien à dire. Et s’il avait maintenu sa position ? Je me contenterais de la réponse qu’il me donnerait et j’essayerais de trouver une autre alternative pour le faire changer d’avis. Ce qui amènerait un autre combat qui sera plus difficile que celui-là. Vous dites avoir une certaine affinité avec Balla Bèye 2. Est-ce la même chose avec Serigne Dia «Bombardier» ? Non ! Il n’y a pas la même affinité entre nous. C’est juste que cela me rend triste de voir un lutteur dans une mauvaise passe. Ce que je souhaite réellement, c’est de voir les autres lutteurs avoir de belles bagnoles et être admirés à chaque fois qu’on les croise. Ce n’est pas la même chose lorsque tu rencontres un lutteur dans la rue et que les gens ont pitié de sa situation. Cela me dérange. Justement, pour l’aider à se relancer, êtes-vous prêt à accorder une revanche à «Bombardier» qui vient de connaître une année blanche ? Il y a une certaine logique et une réalité dans l’arène. Les promoteurs choisissent les lutteurs qui font l’événement. C’est pour rentrer dans leurs fonds. Le sponsor est dans cette même dynamique. Ce n’est pas à moi de choisir «Bombardier». Si je dois l’accepter, ce sera avec beaucoup d’argent. Mais, je ne donnerai pas de chiffres. Car pour l’avoir battu deux fois, je n’ai aucun intérêt à lutter à nouveau contre lui. Et avec ce qui lui est arrivé, il a du chemin à faire, dans les normes, avant de m’affronter, pour avoir perdu devant «Gris Bordeaux» et Balla Bèye 2. Quelle est votre position sur les quatre appuis ? Le président du Cng, Alioune Sarr, serait favorable à sa suppression.Les quatre appuis, c’est une vraie chute. Je n’ai pas le même avis que le président Alioune Sarr sur cette question. Je suis pour le maintien de cette forme de chute. A la lutte avec frappe, quand un lutteur se retrouve avec les quatre appuis à terre, alors qu’il était debout, les poings fermés, il doit être déclaré battu. Si les gens en font tout un débat, c’est simplement parce que ce sont les arbitres qui dorment toujours. Ces derniers ne sont pas à 100 mètres ou à 1 km des lutteurs. Ils sont juste à côté. Ils peuvent voir facilement s’il y a chute ou pas. Les gens parlent même d’un quatrième arbitre pour mieux voir les chutes. Donc, le problème ne devrait pas se poser. Maintenant, à la vitesse à laquelle, vont les choses, je crois qu’on risque de se tourner vers la vidéo. Ce qui est une bonne chose. On le voit à travers la lutte olympique. Par ailleurs, il faut qu’on se dise la vérité. Pour être arbitre, il faut avoir une bonne vision. Ce n’est pas le premier venu qui doit l’être ou celui qui n’a plus de réflexes. Je ne parle pas seulement d’âge. Il y a des gens qui n’ont pas une bonne vision. Il y aussi le débat sur les protège-dents...Je l’utilise. Je partage donc cette idée du port du protège-dents. Je ne vois pas dans cette salle quelqu’un qui souhaite perdre ses dents (rires).Pourquoi vous portez une chaîne autour du cou avec le numéro 1 ? Parce que tout simplement, je suis le numéro 1 (rires). La chaîne que je porte est en argent. Elle n’est pas mystique. Je suis devenu numéro 1 depuis que j’ai terrassé tout le monde. Et je m’en suis rendu compte juste après le combat contre Tyson (Mouhamed Ndao).Est-ce d’ailleurs le combat qui vous a relancé ? Ce n’est pas le combat qui m’a relancé. Mais avant de le rencontrer, j’ai constaté que je n’avais plus d’adversaire autre que lui. Il fallait que je passe par lui pour poursuivre mon chemin. C’était incontournable. Qui dispose du meilleur profil pour être votre prochain adversaire ? Il y en a plusieurs. On parle surtout de Balla Gaye 2. Qu’est-ce que vous en dites ? Il est plus fort que moi. Il est en mesure de me terrasser (rires). C’est vous qui parlez de Balla Gaye 2, mais il y a «Bombardier» et autres. Prenons le cas de Balla Gaye 2. Il n’a pas fait ce que j’ai eu à faire dans la lutte. Il n’a pas terrassé un vrai champion. Il n’a pas lutté contre Balla Bèye 2, «Gris Bordeaux», «Bombardier». Malheureusement, dans ce pays, les gens spéculent trop, ils veulent faire des raccourcis. On veut prendre ce gosse et on veut le hisser au sommet. Il y a beaucoup de lutteurs de sa génération contre qui il peut lutter. Des gosses comme Modou Lô, Tapha Tine... Ils sont nombreux. Ecoutez, je sais que ce que je vais dire ne va pas lui plaire, c’est un jeune frère, mais il n’a encore rien fait dans la lutte. Je ne veux pas polémiquer. Pourquoi, il ne cherche pas à lutter d’abord contre ceux que j’ai terrassés avant de penser à moi, ni contre «Gris Bordeaux», Balla Bèye 2, «Bombardier». Il n’a lutté avec aucun de ces lutteurs que j’ai déjà terrassés. Ce n’est pas logique. J’ai de très bons rapports avec les lutteurs. Surtout les jeunes. Je ne veux pas lui faire de la peine. Mais, c’est la réalité. N’oubliez pas qu’il y a, également, Lac de Guiers 2. Il ne faut pas l’oublier. Maintenant, si on juge normal que Balla Gaye 2 doit lutter contre moi, je ne dirai pas non. La même chose est valable pour tous les jeunes qui veulent se frotter à moi. J’exigerai juste un cachet particulier. Sinon, ce serait trop facile. Gaston Mbengue a déclaré que vous avez signé un second contrat avec lui. Qu’en est-il exactement ? Non ! Non ! Il ne s’agit pas de cela. J’avais signé un contrat avec Gaston Mbengue. C’était pour mon combat contre Balla Bèye 2. C’est du passé maintenant. Il n’y a plus rien qui nous lie. C’est vrai qu’il y avait cette possibilité d’un second combat sur la base d’un projet de contrat. Seulement, après réflexion, on s’est rendu compte que cela ne pouvait pas se faire dans la mesure où cela n’allait pas nous arranger. Ni lui, ni moi. Je ne voulais pas signer avec lui un contrat et avoir une meilleure offre demain. Je n’ai plus rien à prouver dans la lutte. Je ne cherche que de l’argent. Je ne veux pas garder l’argent d’un promoteur, alors qu’on ne sait pas quand est-ce qu’on aura une date, un adversaire. Donc, pour être plus précis : il n’y a plus de contrat qui me lie à Gaston Mbengue. Quelles ont été les clauses de ce projet de contrat ? Il avait ciblé cinq lutteurs : Balla Gaye 2, «Bombardier», «Gris Bordeaux», «Tyson» et aussi Balla Bèye 2. A l’époque, Baboye n’avait pas encore lutté contre «Gris». J’étais d’accord sur le principe. Malheureusement, on s’est rendu compte que cela ne nous arrangeait pas tous les deux. On a tout annulé. Quel est votre regard sur l’absence de Mouhamed Ndao «Tyson» ? Je n’ai rien à dire sur l’absence de «Tyson». J’aimerai qu’on parle des lutteurs en activité. C’est vrai que je suis le Roi. Mais ce n’est pas parce que je ne serai plus là demain, que tout va s’arrêter. Les amateurs iront chaque dimanche au stade. La lutte est un sport qui n’a pas besoin de locomotive. Mon idole qui est dans la boxe, a décidé de mettre un terme à sa carrière, à l’âge de 31 ans. Ce qui n’empêche pas les gens de continuer à suivre la boxe. Mouhamed Ali, n’est plus là, mais la boxe continue. Zidane n’est plus là. Est-ce que la balle s’est arrêtée de rouler ? Elle roule toujours. Aujourd’hui, il n’y a plus Robert (Diouf), Mbaye Guèye, Fallang, Doudou Baka (Sarr) dans l’arène, mais la lutte continue. Vous avez réussi à gagner un peu d’argent dans la lutte. Dans quoi investissez-vous ? Je ne vais pas vous dire tout ce que je fais. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’investis dans le bâtiment. Je travaille également avec une entreprise de la place. Elle fait dans la publicité. Je fais partie, avec le directeur, des gens qui assurent le financement de la boîte. Je suis un pêcheur. J’investis beaucoup dans ce secteur. Ne vous imaginez pas que j’ai des bateaux de pêche. Je n’ai qu’une seule pirogue (rires). C’est mon grand frère qui s’en occupe. Ne vous attendez pas à ce que je vous dise combien je gagne par jour. C’est impossible à déterminer. C’est aléatoire. J’aimerais bien avoir beaucoup de maisons. Maintenant, on ne peut pas investir dans un seul créneau. Il faut savoir diversifier. Seriez-vous prêt à investir dans la lutte au niveau des infrastructures, avec tous les problèmes que cette discipline rencontre surtout concernant l’arène nationale ? Ce n’est pas aux lutteurs ou aux fédérations de construire des stades. La tâche incombe à l’Etat. Le football génère beaucoup plus d’argent que la lutte. Et vous n’avez jamais vu un footballeur construire un stade dans ce pays. On paye des impôts comme tout le monde. Cette tâche revient à l’Etat. Faites-vous de la politique ? Non ! Je n’aime pas la politique. La plupart des politiciens ne disent pas la vérité. Je n’aime pas le mensonge. Malheureusement, la politique rime avec mensonge. Je suis un citoyen sénégalais. Je vais voter comme tout le monde. Comment analysez-vous la tension entre la presse et le régime actuel ? Dans la vie, il faut savoir cohabiter. L’Etat a ses droits et ses devoirs. Les journalistes de même. C’est vrai qu’il arrive que l’Etat transgresse les règles. Mais, il arrive aussi que les journalistes en fassent de même. J’ai eu, à plusieurs reprises, des différends avec les journalistes. Aussi lorsque je vois ce qui ne me plaît pas dans la démarche de l’Etat, je ne me prive pas de le dire. Ce que j’ai aujourd’hui, j’ai sué pour l’avoir avec la grâce de Dieu. Maintenant, dans ce différend entre les journalistes et l’Etat, chacun pense qu’il est intouchable. Ce n’est pas comme ça que vous allez vous en sortir. J’ai entendu l’affaire des journalistes qui ont été agressés. Etant donné que je n’étais pas présent, je ne peux pas trop m’avancer là-dessus. Mais je ne suis pas d’accord sur ce qu’on a fait aux journalistes. On ne doit pas frapper de la sorte une personne. Même s’il n’est pas journaliste. Il arrive que les lutteurs prennent des coups de la part des policiers. Les politiciens subissent, des fois, le même sort. Il faut se retrouver autour d’une table et discuter. Comment analysez-vous les difficultés que rencontrent quotidiennement les Sénégalais ? Je vis cette situation comme tous les Sénégalais. J’ai des coupures d’eau, d’électricité, comme tout le monde. La vie est difficile. Il faut que l’Etat travaille davantage pour trouver des solutions aux problèmes que rencontrent quotidiennement les Sénégalais. Quelle est votre situation matrimoniale ? J’ai un enfant. Il est né de mon premier mariage. Il s’appelle El Hadji Malick Diop. Il a à peine 4 ans. C’est le seul que j’ai pour l’instant. Et je ne pense pas que j’en aurai plusieurs. Mais pour votre information, je me suis remarié. Souhaiteriez-vous que votre fils devienne, demain, un lutteur comme vous ? Non ! Pourquoi ? Pour l’instant, je ne le souhaite pas. Il a à peine 4 ans. Il va à l’école maternelle toute la semaine. Le week-end, il va au daara (école coranique). J’essaye de l’encadrer au maximum. Maintenant, si demain, il souhaite faire de la lutte, je ne m’y opposerai pas. Je lui dirai simplement, voilà ce que j’ai fait pour toi. Voilà ce que je te conseille de faire. Libre à toi de choisir le chemin que tu veux. Mais comme je l’ai dit, je ne souhaiterais pas qu’il devienne un lutteur. Qu’est-ce que vous souhaiteriez qu’il fasse demain ? J’aimerais qu’il fasse du sport. Soit de la boxe, du football ou du basket. Surtout la boxe. C’est le sport que j’aime le plus. Si j’avais à choisir, j’allais faire de la boxe. Surtout quand j’avais 17 ans. Malheureusement, je n’avais pas la possibilité de voyager. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Mais j’aime beaucoup la boxe. Et mon idole est un boxeur : il s’appelle Floyd Mayweather Junior. Mais vous auriez, dans ce cas, pu choisir un surnom de boxeur et non celui d’un footballeur ? Attention, j’étais un grand footballeur aussi (rires). C’est en décembre 1992 que j’ai commencé la lutte avec les mbappattes. Cela avait coïncidé avec la Can 92 qui se déroulait ici même dans notre pays. Je peux dire que j’avais la même morphologie que Yékini (Rachid, ancien international nigérian). Mais par contre je n’étais pas un grand attaquant. J’étais plutôt un bon libéro. Combien d’années vous reste-t-il encore dans l’arène ? Seul Dieu sait. J’avais dit l’année dernière que je souhaiterais encore passer cinq ans dans l’arène. Depuis, cela fait deux ans. Il me reste donc trois ans dans l’arène. Combien de combats je vais devoir disputer ? Je ne le sais pas. Par contre, je ne veux pas dépasser ces trois années. Le sport de haut niveau est très difficile. A un moment donné, on ne peut plus continuer. C’est énormément de sacrifices. Vous savez, j’étais à la plage de Cambérène, durant ces quatre derniers mois, à chaque fois à 4 h du matin. Je terminais à 5 h du matin pour retourner chez moi. A 10 h, j’étais en salle pour une séance de musculation. Et à 17 h, c’est de la boxe ou des contacts. On ne peut pas éternellement vivre le même rythme. Mentalement, on ne tient plus, à partir d’un certain moment. La motivation n’est plus là. Malheureusement, la relève pose problème au sein de votre écurie. Derrière vous, les jeunes éprouvent du mal à s’imposer. Pourquoi ? «Yékini Junior» est toujours là. Il a connu des difficultés, mais il est de retour. Le fils de Robert, Mame Mbagnick est là. Youssou Ndour, «Criss Cross». Il y a beaucoup de jeunes qui peuvent assurer la relève. Malheureusement, on ne les voit exceller que dans la lutte olympique. C’est vrai ! Au grand malheur de la lutte avec frappe. Vous savez, ces jeunes décrochent des médailles et des fois, ne voient même pas le ministre des Sports. C’est toujours le même constat. J’ai ramené sept médailles d’Or, deux médailles d’argent, j’ai été deux fois meilleur lutteur africain. Je n’ai pas été récompensé au retour. On avait que des per diem avec la journée à 3 000 francs Cfa. On dit qu’ils ont augmenté le montant. Vous savez à combien ? A seulement 5 000 francs. Les gosses se défoncent pour le pays et au finish, ils n’ont rien. Et pourquoi ne dénoncez-vous pas une telle pratique ? C’est ce qu’on fait depuis toujours. Mais, cela ne change pas. Ce n’est pas parce qu’on dénonce que les choses vont forcément évoluer. Prenez votre exemple. Vous revendiquez des droits tous les jours, est-ce que vous avez eu gain de cause ? (éclats de rire). Donc, ne nous demandez pas de dénoncer ces pratiques. Cela ne changera rien. Ne pensez-vous pas qu’il s’agit d’un problème d’organisation au sein des lutteurs ? Les anciens lutteurs ont une bonne association. Malheureusement, pour ce qui est de la génération actuelle, ce n’est pas possible. Tout simplement parce qu’on ne met pas en pratique ce qu’on se dit en réunion. J’ai assisté à deux réunions. Tout ce qu’on s’est dit, on ne l’a pas respecté. Alors que dans une association, on doit tous tendre vers la même direction. Ce qui n’est pas le cas. J’ai pris mes propres dispositions et responsabilités pour mener ma propre politique. Vous semblez être un solitaire ? Je ne le suis pas. Je respecte les lutteurs. Je respecte surtout les jeunes. Je n’arrête pas de leur prodiguer des conseils. Par contre, je refuse de perdre mon temps à des choses qui n’aboutissent à rien. Je n’ai plus le temps. Quels sont les conseils que vous prodiguez à celui qui devra vous succéder au trône ? Il doit apprendre à se coucher très tôt. On dit que la meilleure récupération se fait entre 21h et 3h du matin. C’est ce que j’essaie de respecter au maximum. Ensuite, il doit éviter la cigarette, l’alcool. Ce n’est pas bien pour la santé d’un sportif. Je ne dis pas qu’il ne doit pas faire la cour aux filles. Mais, il doit s’y prendre avec beaucoup de discipline. Par contre, vouloir courir derrière toutes les filles (rires), ce n’est pas possible. Quelles sont vos relations avec les filles ? Beaucoup de respect. Il m’arrive de croiser une fille et elle flippe facilement avec ces termes : (Ndégua thiofé). Il arrive aussi que je croise une fille et elle dit de manière directe, que t’es vilain (rires).
Que ferez-vous après la lutte ?
Je deviendrai journaliste comme vous (éclats de rire).

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...