vendredi 27 février 2009

MBOUR- A quelques semaines des Locales : Des votes sanctions planent dans les rangs des libéraux

La Coalition Sopi 2009 risque de perdre les prochaines élections locales prévues le 22 mars prochain. C’est, du moins, ce que suggère la sortie des partisans du député libéral Khadim Tabet. Ces derniers qui faisaient face à la presse ont décidé tout simplement de quitter le parti de Me Wade pour rejoindre le Parti socialiste, leur parti d’origine et de voter pour la liste Bennoo Siggil Senegaal.
Militants très actifs du Parti démocratique sénégalais (Pds), les néo-«frères» de Me Wade avaient quitté le Parti socialiste (Ps), convaincus par le député libéral Khadim Tabet. Depuis 2002, ce dernier anime une tendance au sein du Pds. Mais, ceux qui étaient venus au Pds dans l’espoir de voir un jour M. Tabet occuper le fauteuil du maire de Mbour, après sa débâcle lors des dernières joutes municipales, ont été surpris, après la publication des listes électorales de la Coalition Sopi 2009, de constater que beaucoup d’entre eux ne figurent pas sur ces listes. Même l’un des plus proches lieutenants de Khadim Tabet, Cheikh Thierno Sène, occupe la trentième position sur la liste majoritaire. Des membres du Collectif national des mareyeurs du Sénégal, section locale, qui avaient massivement rallié le camp libéral n’ont aucun représentant qui figure sur ces listes. Suffisant pour que tout ce monde menace de voter contre la Coalition Sopi 2009.«L’ancienne équipe municipale avait été sanctionnée par le Président de la République, Me Abdoulaye Wade, de surcroît secrétaire général national du Pds, du fait d’une gestion nébuleuse. On ne peut pas comprendre qu’on nous propose une liste dont la plupart des investis faisait partie de cette équipe», peste Aldiouma Gaye, responsable des jeunes libéraux de la tendance de Khadim Tabet. «Nous avons maintenant pris la décision de tout faire pour que cette liste du Pds perde les élections locales. Nous allons au Parti socialiste ; par conséquent, nous allons voter pour la liste Bennoo Siggil Senegaal.» Il soutient ne pas pouvoir voter pour «une liste où il n’y a que des courtiers politiques qui trompent Me Wade, rien que pour pouvoir gérer la mairie et bouffer l’argent de notre ville. Nous ne l’acceptons pas. Ce sont ces mêmes investis qui ont géré, d’une façon nébuleuse». A la question de savoir s’ils ont eu l’aval de leur leader avant de prendre cette décision, les protestataires déclarent n’avoir nullement besoin de le consulter. «Khadim Tabet, en tant que libéral, peut rester au Pds, s’il le souhaite, mais nous avons pris notre décision», déclarent-ils. Et d’ajouter : «La capacité de mobilisation de Khadim Tabet n’est plus à prouver ; donc, il ne faudrait même pas choisir quelqu’un d’autre à sa place pour diriger cette liste», pense Aldiouma Gaye et ses «frères».Même son de cloche du côté de certains responsables du Collectif des mareyeurs. «C’est Khadim Tabet qui nous avait convaincus de quitter le Ps pour travailler à ses côtés, au profit de Me Wade. Mais maintenant que les listes sont publiées, aucun de nos membres n’y figurent, même pas en tant que suppléants, alors que rien qu’au niveau du département de Mbour nous sommes dix mille mareyeurs», déclare Ablaye Guèye, président du Collectif des mareyeurs du département de Mbour. «Nous avons quitté le Pds, même si Khadim Tabet décide le contraire, et nous retournons au Ps. Nous ne demandons rien aux socialistes, mais nous allons voter pour la liste Bennoo Siggil Senegaal. Et rien ne pourra nous faire changer d’avis», martèlent les mareyeurs néo-démissionnaires.A signaler que pour officialiser leur retour, les partisans de Khadim Tabet, y compris les mareyeurs, vont organiser un meeting de ralliement, prévu aujourd’hui.
Par Assane DEME

jeudi 26 février 2009

NDIASS : TRAVAUX DE L’AEROPORT INTERNATIONAL Des ouvriers exigent un meilleur traitement.

Les ouvriers et manœuvres travaillant au niveau de l’aéroport international de Ndiass sont allés hier en grève pour exiger de meilleures conditions de traitement. Les brassards rouges au rendez-vous, ils se sont massés à l’entrée de l’aéroport en construction pour faire part de leur amertume. De l’avis des responsables de cette grève, les revendications tournent autour de quatre points. Il s’agit de l’augmentation de leurs salaires jugés trop bas ; de mettre un terme au retard apporté au paiement des salaires ; mettre à leur disposition un car de transport pour les acheminer de leur lieux de résidence au site de l’aéroport. Ils dénoncent les camions bennes qui les transportent n’offrant pas toutes les garanties de sécurité. La quatrième est relative à la signature de contrats avec le groupe ayant en charge les travaux. Ils déplorent travailler du lundi au samedi et malgré tout, on les considère comme des journaliers.
par Samba Niébé BA SUD QUOTIDIEN , vendredi 20 février 2009

MBOUR : RESTRUCTURATION DE L’HABITAT SPONTANE « Baye Deuk » désormais loti

Le lotissement de « Baye Deuk », un quartier spontané au cœur de la ville de Mbour est devenu une réalité. L’information est livrée par le président de la délégation spéciale de Mbour en présence du préfet du département, accompagné des responsables des services techniques
La démarche entre dans le cadre de la restructuration de l’habitat spontané, en vue de donner à ses occupants, un meilleur cadre de vie. Les 1574 familles occupant le site vont être édifiées en début de semaine prochaine sur leur positionnement. Il se fait par rapport à deux sites, le premier, le quartier Baye Deuk et le second le cadre de Falokh. Les services techniques vont livrer aux habitants de ce quartier le fruit de leur travail.
D’ores et déjà, des concertations menées ont fini par obtenir l’adhésion de plusieurs occupants quant au « recasement » sur le site de Falokh. Des explications fournies leur ont fait comprendre qu’il faut dégager des routes, réserver des espaces pour des infrastructures socio-éducatives. Par conséquent, les gens qui vont s’y trouver sont appelés à être déguerpis. Des dispositions particulières sont prises pour leur recasement sur le site de Falokh qui fait 70 hectares.
Le lotissement du quartier Baye Deuk est à l’actif de la délégation spéciale. Il occupe un espace destiné dans un premier temps à un lycée technique et une partie du stade Caroline Faye derrière la gare routière au centre de Mbour. Les politiciens ont fini par transformer au bout de décennies le quartier en grenier électoral en sollicitant leur suffrage à la veille des consultations, en exploitant leurs conditions de vie précaires à tort ou à raison pour gagner. Les notables, les chefs de famille informés, de la nouvelle, ont salué la décision par des applaudissements nourris. Il faut signaler que ces derniers ont rappelé les incendies ravageurs, les morsures de serpent, le manque de sécurité, l’absence d’éclairage et d’assainissement qui vont devenir de vieux souvenirs de l’avis des autorités.
par Samba Niébé BA SUD QUOTIDIEN , vendredi 20 février 2009

lundi 23 février 2009

MBOUR : Une ville confrontee au transport et a la circulation.


La ville de Mbour connaît des scènes quotidiennes de blocage de la circulation. L’avenue Demba Diop, l’artère principale, porte d’entrée et de sortie de la capitale de la petite côte donne tout le long de la journée, la même image que sur Diogoye Basile Senghor, Sana Daffé ou Cheikh Ahmadou Bamba .Sur tous ces axes, les embouteillages sont devenus des faits banaux, car récurrents. De la tête de ponts de taxis clandos, des cars « Ndiaga Ndiaye »ont fini de transformer le centre ville en un lieu où la mobilité devient un casse tête.
19 heures au niveau de la bretelle qui voit la nationale 1 piquer vers Kaolack et une rue vers le centre de Mbour, une queue de véhicules interminable campe le décor et illustre de manière nette, les embouteillages quotidiens. Le diagnostic est fait depuis huit ans par un spécialiste des transports. La sonnette d’alarme tirée a laissé les précédentes équipes municipales sans réactions.
Il faut signaler les énormes déployées par la délégation spéciale qui gère la commune .Des opérations de désensablement ont été menées de même que l’élagage des caïlcédrats pour faciliter la circulation .Pour une première ,le goudron et l’asphalte de certaines rues sont de nouveau visibles depuis plus d’une vingtaine d’années.
Le centre ville, point de convergence de tout Mbour ,se singularise en abritant plus de 90 % des affaires économiques et administratives .Il compte en son sein ,la mairie , les grands magasins ,alimentations ,commerces ,banques ou centres des affaires ,et le marché central ainsi que la quasi-totalité des services administratifs .
Les difficultés de circulation et de mobilité ont attiré l’attention d’un spécialiste des transports routiers à la retraite .Pour ne pas le citer, Fodé Seyni Sagna a fait une étude exhaustive qui a circonscrit les source du mal. L’étroitesse des artères et routes, leur état de délabrement avancé, l’ensablement permanent de bon nombre d’entre elles sont en partie ciblés. A cela s’ajoutent les moyens de locomotion qui font corps avec l’environnement urbain et péri urbain. La prolifération des véhicules hippomobiles surtout les charrettes assure la desserte en direction des quartiers périphériques.
Elles partagent toutes, le manque de sécurité, pas de lampe de signalisation et dés la tombée de la nuit, elles deviennent des facteurs d’insécurité et causent beaucoup de préjudices aux usagers de la circulation. Une estimation faite par la défunte équipe municipale donne 800 charrettes et calèches. Il faut signaler la diminution drastique du nombre de calèches .Elles raréfient même. Le nœud gordien de l’organisation du transport et de la circulation reste l’équation des taxis clandos.
Il est dénombré selon l’étude que 900 taxis urbains et 68 autocars. L’expansion continue et progressive des lieux de stationnement autorisés ou non laisse voir l’insuffisance de la capacité de la voirie à contenir l’accroissement des parcs de voitures particulières, de charrettes, en plus d’une occupation constante et irrégulière de la chaussée dans le centre ville et aux abords des gares routières et marchés. Les faits cités ou énumérés sont soupçonnés de représenter le racines du mal .Les énormes problèmes de déplacement d’un lieu à un autre sont aussi liés à l’absence de fluidité due souvent aux gros porteurs mal intentionnés ou tombés en panne.
L’avenue Houphouët Boigny,sollicitée à toute heure par des camions frigorifiques illustre les faits. Le même scénario est fréquent au niveau de L’avenue Diogoye Basile Senghor. Les autorités municipales s’investissent pour assurer une réglementation de la circulation .Les bousculades,les queues de calèches,et de charrettes s’ajoutent aux stationnements défectueux en fin d’après midi pour constituer des blocages que seuls les agents de la force publique parviennent à dénouer.
L’agglomération mbouroise a une population estimée à plus de 500 000 habitants répartie dans un espace de 27 kilomètres carré. Elle compte de fortes concentrations humaines. Aux heures de pointe des usagers de la route ont d’énormes difficultés pour accéder aux moyens de transports ou pour circuler d’un lieu à un autre de la ville. Les 27 quartiers de la ville en grande partie des lieux de résidences, en quelque sorte des cités dortoirs souffrent du manque de voies de desserte .Les sorties vers Saly ,la station touristique et balnéaire et le centre de santé de Grand Mbour relèvent de parcours du combat aux heures de pointe ,au lever comme au coucher du jour.
Avec Sud

mercredi 18 février 2009

Moustapha Diagne, chargé des compétitions nationales au Cnf : Le challenger

PORTRAIT
Il a la sacrée réputation de triompher partout où il passe. A l’école, dans le mouvement sportif, à l’Ena ou encore aux Douanes, Moustapha Diagne a toujours convaincu et souvent vaincu. Le responsable des compétitions nationales au sein du Comité de normalisation qu’il est, a un nouveau défi : contribuer à mettre le football sénégalais sur les bons rails.
Beaucoup de gens se souviennent sans doute de la grande époque de l’équipe de football de la Douane, entre la fin des années 90 et le début 2000. Cette formation qui venait d’échapper de justesse à la relégation allait régner pendant deIl a la sacrée réputation de triompher partout où il passe. A l’école, dans le mouvement sportif, à l’Ena ou encore aux Douanes, Moustapha Diagne a toujours convaincu et souvent vaincu. Le responsable des compétitions nationales au sein du Comité de normalisation qu’il est, a un nouveau défi : contribuer à mettre le football sénégalais sur les bons rails.s années successives sur toutes les compétitions nationales. Toutes catégories confondues. Probablement, autant ont entendu parler de Moustapha Diagne, mais ne le connaissent pas si bien, ni ne savent qu’il était le président délégué puis le manager général de cette machine à gagner. A ce jour, il est le seul à avoir occuper ce dernier poste. Le principal artisan de cette prouesse. Mbaye Diouf Dia, son ancien collaborateur à la Douane et, acutellement, au Comité de normalisation du football (Cnf) confirme : ‘Le rayonnement de la Douane est à 90 % son oeuvre’.
Si Moustapha Diagne a attéri chez les gabelous, c’est grâce à l’actuel président de Tourékounda de Mbour. A l’époque, le dirigeant mbourois est approché pour piloter le club. Il insiste pour que Diagne l’accompagne dans cette mission. Une semaine après, les deux hommes déclinent la ‘Feuille de route de Saly’ sur la Petite côte. ‘On leur (leurs supérieurs) a dit que si c’est appliqué (la feuille de route) nous allons occuper dans deux voire trois ans la première place de la première division. La suite, on a signé un long bail avec la coupe du Sénégal. Pendant quatre ans de suite, nous avons gagné toutes les coupes du Sénégal, toutes catégories confondues’, se souvient encore cet homme au ton mesuré, entré à la Douane en 1989.
Soldat de l’économie, Moustapha Diagne était contrôleur économique avant de devenir inspecteur des Douanes. Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre ses études pour étoffer son C.v. Durant son cursus, il était toujours ‘au pire des cas deuxième de la classe’. A l’Ecole nationale d’administration (Ena), il est ’sorti major de toutes les promotions’. Dans sa vie professionnelle, il a été d’abord agent de la section contrôle économique où ‘personne ne voulait venir’. Avec beaucoup d’abnégation, il contribue à donner à ce service ses lettres de noblesse. Il s’en souvient : ‘J’étais chargé de réaliser des enquêtes documentaires qui nous ont permis de faire des résultats énormes. C’est quelque chose qui m’a vraiment marqué.’
Un ‘Mbaye Ndoye bis’
Tout marchait comme sur des roulettes jusqu’à l’éclatement de l’affaire des ‘Bons à enlever’, qui a éclaboussé la hiérarchie douanière. ‘J’ai tout de suite rendu le tablier (à la tête de l’équipe de football) pour ne pas accepter le traitement qu’on voulait nous faire accepter. J’ai toujours insisté pour que le traitement professionnel et celui sportif soient différenciés (dans cette affaire). On a voulu mélanger les deux’, regrette l’ancien sociétaire de l’Etics qui n’a jamais joué à la Douane comme on le prétend très souvent. Le poste de manager général de la Douane était taillé sur mesure pour Moustapha Diagne, chargé spécialement de jouer le rôle du patron du club Mbaye Ndoye, qui était en même temps vice-président puis président de la Fédération sénégalaise de football. Ce dernier était ‘à 90 % de son temps pris par l’équipe nationale’. C’était la belle époque. ‘Les résultats étaient très positifs. On pensait même à moderniser le club, confie-t-il. Les combats de lutte qu’on a organisés pendant cette période rentraient dans ce cadre.’ Le projet de ‘House club’, qui ‘ne s’est jamais réalisé’ aussi. ‘Je crois qu’on était bien parti parce qu’au moment où nous quittions (le club), la sélection nationale espoirs était pratiquement constituée d’éléments de la Douane’, souligne le natif de Mékhé.
C’est dans cette petite ville aux confins du Cayor où l’artisanat occupe une place de choix et la chaleur humaine règne, que le jeune Diagne a fait ses classes ‘jusqu’en Cm2′ avant de changer d’air. Une partie de sa famille réside toujours à Ngaye. Raison pour laquelle, Moustapha Diagne s’y rend ‘régulièrement, tous les quinze voire vingt jours’. C’est là-bas qu’il a appris à taper dans le cuir et joué aux navétanes, en championnat régional ainsi qu’en deuxième division. ‘Quant j’étais étudiant, j’y venais en vacance pour accompagner l’équipe du coin. On a gagné beaucoup de trophées. J’ai joué à l’Asc Manko de Mékhé, à l’Asc Guney Ngaye en division régionale’, se souvient ce quinquagénaire à la noirceur d’ébène, qui garde dans un coin de la mémoire pas mal de souvenirs de sa ville natale comme ses nombreux surnoms de footballeurs de légende qu’inspiraient ses talents de buteur. ‘Je marquais beaucoup de buts au point que les gens me surnommaient Van Basten ou Altobelli’, confie-t-il avec de la nostalgie mêlée de fierté.
‘Quand on reconstruit, on fait fi de certaines appréciations’
C’est ce buteur adroit qui s’occupe des compétitions nationales au sein du Cnf. Il devait permettre aux équipes de renouer avec la compétition, c’est chose faite depuis jeudi dernier, date d’ouverture de la D1. Ce n’était pas gagné. Ça ne l’est d’ailleurs pas totalement encore. C’est pourquoi il tend la main à ses pairs du Cnf en signe d’ouverture pour la parachévement de l’oeuvre commune : ‘C’est un véritable challenge qu’on est en train de faire. J’aimerais que tous ceux qui sont autour de moi dans ce comité adhèrent à la tâche qui m’est confié. Qu’on travaille ensemble pour aboutir à ce qu’on attend de nous en terme de résultats. En terme de relance du football.’
C’est une période charnière où il s’agit de bien gérer un championnat dans une période relativement courte et de finaliser le projet de professionnalisation du foot sénégalais. Dans un tel contexte, admet-il, une approche collégiale est plus indiquée dans l’accomplissement de la mission qu’une gestion solitaire aux perspectives parfois fumeuses. Moustapha Diagne le sait et s’emploie à s’ouvrir à toutes les compétences. Ass Mamoune Sèye, un autre membre du Cnf, témoigne : ‘L’homme en lui-même a des qualités incontestées en management. Il a l’ambition de réussir la mission qui lui est confiée. Depuis qu’on a commencé à travailler, on sent qu’il a une claire vision de sa mission. Il travaille de façon collégiale, il prend toutes les informations utiles en matière de pratique du sport.’ Il résume : ‘Les compétitions nationales sont entre de bonnes mains.’ Mbaye Diouf Dia, chargé de la petite catégorie au Cnf, dans la même veine d’ajouter : ‘Il (Moustapha Diagne) connaît parfaitement le championnat national. Le football local a quelqu’un qui pourra le sortir de la situation dans laquelle il se trouve.’
Mais Moustapha Diagne n’a pas que des amis. Plutôt, ce n’est pas tout le monde qui croit à son projet. Le championnat qu’il vient de lancer est qualifié de ‘bâtard’. Le chantier du professionnalisme qu’il devra forcément pioché est assimilé à un rêve chimérique. Lui botte en touche : ‘Quand on reconstruit, on fait fi de certaines appréciations. Quand la Nation appelle, on ne peut pas dire non’. Pour le passage au non amateurisme, ‘il y a une politique de communication et d’explication à mener. Il faut y aller étape par étape’.
Le chargé des compétitions nationales au Cnf est quelqu’un qui entre en toute activité comme on entre en religion. Avec en bandoulière ‘le sens de l’écoute, la disponibilité et l’abnégation’. Rien ne le prédisposait à une carrière dans les Douanes. Son Bac scientifique en poche, il boude une inscription au certificat préparatoire aux études vétérinaires pour s’inscrire plus tard en droit. ‘Je suis têtu quand je suis convaincu d’être sur la bonne voie’, confie-t-il, sûr de son étoile. Comme le berger au milieu de son troupeau qu’il promène dans les pâturages verdoyants.
Aly DIOUF

Auguste Mbagnick SENE, ancien capitaine des ’Lions’ : La force tranquille

Profil
Doublement champion d’Afrique et de la Cedeao en lutte traditionnelle, Auguste Mbagnick Sène n’a plus rien à prouver sur le plan continental. Cet admirateur de Manga II et de Yékini ne rêve pas tout simplement d’être ‘roi des arènes’. Il veut aussi être champion du monde. Même s’il tarde à s’imposer sur le plan national.

Au téléphone, c’est une voix innocente qui débute mollement des propos pesés et mesurés. L’on est, même, tenté de se demander qui est ce gamin au bout du fil qui se fait passer pour Auguste Mbagnick Sène, le double champion d’Afrique de lutte africaine. Il faut le voir pour savoir que c’est un véritable mastodonte. Son 1,92 mètre porte bien ses 110 kilos. A 28 ans, le natif de Gandiol - à une dizaine de kilomètres de Mbour - est un lutteur accompli sans histoire. Une force tranquille. C’est ce garçon au visage angélique qui fut, de 2005 à 2007, le capitaine de l’équipe nationale de lutte. Une discipline dont il considère la pratique comme un sacerdoce. ‘Chez nous, la lutte est une affaire de famille’, souligne-t-il calmement. Amin, le grand frère, est connu sur la Petite Côte. Le père, aussi, l’était.
C’est sur cette Petite Côte, mais aussi à Diohine où il a fait une partie de sa scolarité, qu’il va développer son goût pour la lutte et affiner en même temps ses techniques. En pays sérère, la lutte est pour les jeunes le passe-temps favori. Là-bas, elle se fait sans frappe. Le jeune Auguste était techniquement doué. Ses idoles avaient pour noms Latyr de ‘Croisement’ et Manga II. Comme l’ancien ‘roi des arènes’, il sera champion.
C’est à l’âge de 16 ans qu’il gagne son premier drapeau. C’était en 1997. Il avait reçu ‘douze yards et dix mille Francs Cfa’, comme tout prix. Pas une fortune, certes, mais certainement un dopant. Et le placide poupon de poursuivre son parcours. Avec un point d’orgue : ‘Mon drapeau Ndef Leng m’a vraiment marqué. Il y avait 126 lutteurs et beaucoup de poids lourds’. La gloire lui sourit. Les portes de la renommée s’ouvrent à son honneur. Jusqu’au-delà des frontières nationales. Ainsi, il est invité en Gambie, où il rafle la mise d’un tournoi. ‘Un taureau’, renseigne-t-il. En 2005, il étrenne sa première sélection en équipe nationale de lutte et en est désigné capitaine. Une belle occasion pour confirmer tout le bien qu’on pense de lui. Une occasion à ne point vendanger. Cette année-là, à Niamey lors du tournoi de la Cedeao, il gagne deux médailles d’or et le trophée du meilleur lutteur. En Guinée, l’année suivante, il gagne deux médailles d’or et le titre de champion d’Afrique. L’année 2007 sera doublement une réussite. A Niamey, Auguste remporte une médaille d’or et une autre en argent au tournoi de la Cedeao. En Egypte, il sera, à nouveau, champion d’Afrique. Un éloquent palmarès en équipe nationale qu’il pouvait orner davantage cette année avec le titre de champion de la Cedeao, remporté par les ‘Lions’ samedi à Iba Mar Diop (voir par ailleurs). Mais le ‘Lion’ n’était pas de la partie pour des raisons qu’il refuse d’évoquer. En tout cas, il affirme n’avoir pas fait défection, comme prétendu.
Au plan national, Auguste Mbagnick Séne connaît un parcours relativement similaire à celui qu’il a fait en sélection. Et pourtant… ‘Les gens font souvent des erreurs sur mon palmarès national’, précise l’ancien sociétaire de l’écurie Mbour. Il souligne : ‘J’ai fait neuf combats et j’ai eu huit victoires et une défaite’. Ce discret garçon est d’avis qu’il y a ‘parfois de l’injustice’ dans l’arène. Toutefois, il a pris conscience des reproches qu’on lui fait en lutte avec frappe. Et, ‘sur conseil parental’, il a, au mois de décembre dernier, rejoint l’école de lutte Manga II. Ce cœur à prendre : ‘J’apprends beaucoup de choses et les Sénégalais vont le découvrir l’année prochaine’.
Si Manga II, son maître, est en même temps son idole, sa référence c’est Yékini. A ces deux pontes de l’arène, il rêve un jour de succéder. Mieux, le double champion d’Afrique rêve d’être champion du monde. Pour cela, il se dit prêt à affronter tous les lutteurs qui se dresseront sur son passage. Sauf, bien sûr, les pensionnaires de l’Ecole de lutte Manga II et de l’écurie Mbour de Bombardier, mais surtout Issa Pouye. C’est qu’entre Auguste et le pensionnaire de l’écurie Thiaroye, en plus d’une amitié sans fard, il y a une ressemblance étonnante. A la seule différence, le colosse à la voix de chérubin est d’une timidité légendaire, due en grande partie à ‘son éducation’.

Aly DIOUF

Moustapha Fall, SG de APL/DOG BUUMU GACCE ; Une vie de « Che »


La vie de Moustapha Fall est loin d’être un long fleuve tranquille. L’homme s’identifie à un révolutionnaire, critique la Droite et digère mal la fin du bipolarisme. Le « Che » de Kaolack débute, haut et fort, ses quatre vérités en parlant de la crise financière mondiale, des assises nationales, des élections locales, etc.
A quoi tient un destin ? À beaucoup de choses certes, mais à peu de choses sans doute. Celui de Moustapha Fall « Che » tient à un bout de papier. Petit garçon, il était chargé, par le pater, d’aller au kiosque du coin chercher des journaux dont la revue Africa Asia. À la deuxième page, on présentait d’habitudes de nouvelles publications. C’est celle d’Ernesto « Che » Guevara qui va le marquer le plus. « On y montrait un homme avec un béret », dit ce quinquagénaire qui a pendant longtemps mal prononcé ce nom et qui ignorait aussi tout de cet homme. En vacance à Dakar, il acquit par hasard Guerre de guérilla grâce à l’argent que “ mon tuteur m’avait donné avant mon retour à Kaolack ”. Dans cette ville au centre du Sénégal, Moustapha Fall fera de ce livre le principal centre de ses intérêts.
“ Je l’ai montré à tout le monde ”, dit-il avec un sourire aux coins des lèvres, trahissant ainsi sa fierté digne d’un jeune premier. Il précise : “ Je disais voilà le « Cheu » ! Voilà le « Cheu » ! Et mon grand-frère me dit : « On ne dit pas le “Cheu”, on dit le “Thié” ». Il m’a longuement parlé de lui et ça m’a intéressé ”. Il ajoute : “ J’avais tellement embêté les gens avec le livre de « Che » qu’ils ont fini par me surnommer Che ”. Un surnom qu’une mère trop conservatrice ne voulait pas “ au début ”. “ Maintenant, non seulement elle m’appelle Che, mais mes enfants ne savent même pas que je m’appelle Moustapha ”, dit ce père de famille monogame dont la vie n’a pas été sans histoire.
“ C’est une tête brûlée. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas ”, dit un ami de celui qui fut pourtant “ adepte de la non-violence ”.
L’ancien pensionnaire du collège Victor Schœlcher avait gagné un livre de Martin Luther King comme prix. Pendant les grandes vacances, le père l’invitait le plus souvent à s’occuper intellectuellement au lieu de traînasser. Ainsi, il épousa la philosophie qui veut que la non-violence soit “ une arme qui tranche sans blesser ”. La réalité va finir par transformer cet homme au physique respectable, trahissant à la limite son âge. En témoignent ses cheveux qui refusent de s’abîmer. Noirs comme son teint d’ébène. De l’histoire politique des Fall, on apprend que le père était un dirigeant de la Section française de l’Internationale ouvrière (Sfio) de Lamine Guèye. “ Ils étaient opposés à Senghor. À l’époque, après chaque élection, je voyais des éléments du Bloc démocratique sénégalais (Bds) jeter des pierres sur notre maison. Cela m’a beaucoup marqué ”. Se développe alors une haine et puis une révolte.

“ Spartacus ” ou la révolte du « Che »
“ Pour être un Che sur le plan des idées, de la conviction et de la lutte révolutionnaire, je me suis efforcé de faire le meilleur de moi-même ”, avoue-t-il. Mai 68 a été le premier cas d’école de cet ex-syndicaliste. On a vainement cherché à le prendre. Ce sera finalement le “ jeune frère mineur ” traduit par la suite au tribunal. “ Çà m’a beaucoup marqué ”, lâche-t-il. En 1969, il crée alors “ Spartacus ”, un mouvement tout ce qu`il y a de plus révolutionnaire. “ J`ai pris et distribué le bien d`autrui à des personnes dans le besoin ”, admet-il, à présent. Il se souvient : “ c’est comme ça que les éléments du Pai clandestin m’ont repéré et recruté ”.
Président de trois cents jeunes environ du Foyer de Kasnack, il était “ pisté ” par les politiques. C’est finalement le Parti africain pour l’indépendance (Pai), en clandestinité, qu’il va intégrer en 1970. Allah Kane, son sergent recruteur -qu’il a longtemps confondu avec un agent de la Police- affirme : “ C’est un jeune engagé, prêt à faire des sacrifices pour son pays. On ne s’était pas trompé en le recrutant ”.
Le jeune « Che » s’est vite fait un nom, au Pai. En Guinée, Sékou Touré aimait souvent le citer “ pour mon engagement ”. C’est la mort d’Amilcar Cabral qui a empêché la tenue de la conférence que le frère Louis devait animer au foyer Kasnack, sous son initiative. Parmi ses “ relations ”, il y avait aussi un certain Abou Amar, alias Yasser Arafat. Mais, de cette clandestinité, il a surtout retenu “ une nuit passée en brousse jusqu’à l’aube ”. Le nouveau recru glissait nuitamment les “ trop précieux tracts du parti ” par les fenêtres donnant dans les rues. Les jeunes de Bongré l’ont, un jour, pris pour un voleur et s’en est suivi une course-poursuite jusqu’à la sortie de la ville. Il n’a dû son salut qu’aux ténèbres. Pour autant, cet épisode n’a pas refroidi ses ardeurs militantes de ce parti ancêtre de beaucoup formations se réclamant de la Gauche.
En 1981, il fera partie des membres fondateurs du Parti de l’indépendance et du travail (Pit) de Dansokho, avec qui il entretient des relations exceptionnelles. “ Amath, c’est un grand-frère. Je ne cesserais jamais de le remercier ”, soutient-il. Puis, il explique : “ lorsque je baptisais ma fille, en 1992, il a abandonné son ministère de l’Urbanisme et est venu rester avec moi à Kaolack pendant trois jours ”.
L’intéressé réplique : “ Che, c’est mon ami. C’est un homme très chaleureux, plein de vivacité, parfois d’exubérance ”. Le patron du Parti de l’indépendance et du travail (Pit) estime qu’il fait la “ politique de façon trop enflammée, pour ne pas dire exaltée ”. Amath Dansokho de préciser : “ Il croit à l’action populaire ”.

Briser toutes les barrières parce que tous les hommes sont frères
En vérité, c’est grâce au Pit qu’il a pratiqué le socialisme et les pays de l’Est. “ C’était Prague d’abord ”, puis Moscou et Berlin vont suivre. Dans la capitale tchécoslovaque, le « Che » de Kaolack a étudié, en 1986, à l’Ecole des hautes études politiques (Vysoka Skola Politicka).
Ses promotionnaires étaient aux responsabilités étatiques dans leurs pays respectifs. Lui qui avait démissionné du secteur privé pour aller à l’Est a vu chuter le Mur de Berlin en 1989. Il était de la dernière promotion de l’Ecole supérieure Karl Marx (Parteihochschule Karl Marx). De cette ville historique où Barack Obama a prononcé un discours prédisant la chute de tous les murs, il a gardé plein de souvenirs.
“ Ce sont des images qui ne me quitteront jamais. On était scandalisé parce que les pays de l’Est c’est le paradis. C’était extraordinaire, surtout quand on venait du Tiers-Monde ”, dit-il. Puis, il ajoute : “ Il y avait, là-bas, des perspectives après les études. Si on se rend compte que tout est fini maintenant, on ne peut qu’avoir un sentiment de déception et de découragement ”.
Pour le « Che », le Mur avait, sur le plan économique, sa raison d’être. Même si, estime-t-il, du côté social beaucoup de murs doivent tomber. Il pense en particulier à celui “ racial ”. Dans les rues de Prague, les jeunes filles leur balançaient à la figure avant de courir le mot “ Chierno ” - qui “ veut dire noir ”. “ C’est comme si on était la peste ”, regrette encore cet homme dont la devise du parti est “ Tous les hommes sont frères ”. “ Il faut briser toutes les barrières ”, avise-t-il. La fin du bipolarisme, il l’a regrettée. Nonobstant, il demeure optimiste quant à son retour. “ Les idéologies ne meurent jamais ”, soutient celui qui croit que ce bipolarisme “ est bien pour l’équilibre du monde ”. Ce qui l’irrite le plus, c’est “ l’impérialisme occidental à roue libre (...) qui a donné naissance à l’actuelle crise mondiale ”. Et, ses actes font souvent penser aux Brigades internationales.
Lors de la première guerre en Irak, il a mobilisé une centaine de volontaires pour aller “ combattre l’injustice ” dans ce pays pétrolier. En vain ! Pour lui, le socialisme séparé de son caractère bolchevik est, sans doute, le meilleur des systèmes politiques.
Le 21 mai 2000, il créa Action patriotique de libération (Apl/Dog Buumu Gacce). “ Un parti qui se réclame du socialisme humaniste et qui accepte la différence ”, avance-t-il, non sans faire remarquer “ ça devrait être le résultat de la Perestroïka (restauration) et de la Glasnost (transparence) ”.
Pour le fondateur du Mouvement guevariste sénégalais (Mgs), ce système “ s’apparente au communalisme des Africains ”. Il propose alors la création d’une Coalition de Gauche patriotique et démocratique.
“ Au Sénégal, ce sont des partis de Droite qui ont jusqu’ici dirigé le pays. Ils ont tous échoué ”, argumente-t-il. La Gauche, pense-t-il, doit maintenant venir proposer un projet de société et prouver qu’il y a mieux que ce qui s’est passé jusqu’ici.

“ J’ai aidé à l’implantation du Pds dans le Sine-Saloum ”
La scène politique nationale, il la regarde aussi autrement. Wade, il l’aime “ pour son itinéraire et non pour ce qu’il est ”, même s’il a “ aidé à l’implantation de son parti ” dans le Sine-Saloum. Les assises nationales, il dit ne pas y adhérer. C’est que le « Che » n’a “ pas vu un seul pays au monde où l’opposition se constitue en bureau d’étude pour le pouvoir ”.
Dans cette opposition, tout comme dans la Société civile, il compte “ beaucoup d’amis ”. À l’exception d’Idrissa Seck qui est “ un concurrent d’intérêts de Wade ”, “ tout le monde m’aime parce je ne suis ni menteur, ni ingrat, encore moins opportuniste ”. Mais le nom de son parti, Action patriotique de libération/Dog Buumu Gacce, ne manque pas de susciter des interrogations chez les plus taquins.
Il fait remarquer : “ Souvent les gens me disent mais qu’est-ce que vous libérez ? Le pays est déjà libre”. La réponse tombe comme un couperet : “ On libère les Sénégalais des maladies, des souffrances, de l’analphabétisme et de l’injustice. On les libère des fléaux”.
Il dit aussi : “ Il faut être de véritables patriotes pour entreprendre de telles œuvres”. C’est donc avec ce parti qu’il compte aller aux prochaines locales. Car, l’un de ses rêves, c’est d’être un des successeurs de son “ oncle maternel ”, Waldiodio Ndiaye, à la mairie de Kaolack.
En ce vendredi, il est quatorze heures et quart. La grande aiguille de la pendule a déjà fait un tour. Le cellulaire sonne. Il décroche : “ Allo, Che à l’appareil... ” Inégalable !


1969 Création de “ Spartacus ”, un mouvement révolutionnaire
1970 Il intègre le Parti africain pour l’indépendance (Pai) dans la clandestinité
21 mai2000 Création de l’Action patriotique de libération (Apl/Dog Buumu Gacce).

Aly DIOUF

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