jeudi 26 novembre 2009

NDIAGANIAO-POUR LA RéHABILITATION DU POSTE DE SANTé : Le Conseil rural met 25 millions sur la table

Agé de 63 ans, le poste de santé de la Communauté rurale de Ndiaganiao se trouve actuellement dans un état de délabrement très avancé. Une situation qui inquiète les populations mais aussi les autorités médicales de cette contrée de la Petite-Côte. Un constat fait également par les conseillers ruraux de cette Collectivité locale qui polarise 38 villages, avec une population estimée à 50 mille habitants. «Nous sommes d’accord pour dire que le Poste de santé est assez obsolète, assez vieux, puisqu’il date de 1946. Je dois dire, d’ailleurs, qu’un des anciens présidents de l’Assemblée nationale du Sénégal, feu Amadou Cissé Dia a servi au niveau de cette structure. Jusqu’à présent, ce poste de santé a la même taille, la même dimension, alors que la population a été multipliée par 200, 300 voire 400. Donc, il y a là un véritable problème», reconnaît l’ancien député Amadou Niadiar Sène, actuel président du Conseil rural de Ndiaganiao. «Nous avons à tout moment insisté pour que Ndiaganiao puisse avoir un centre de santé qui répondrait mieux aux besoins des populations qui sont devenues extrêmement nombreuses», lance Amadou Niadiar Sène, qui rappelle que c’est consciente de la vétusté des locaux qui abritent le poste de santé que, dès son installation, la nouvelle équipe du Conseil rural, lorsqu’elle a bénéficié du premier concours du Pndl (Ndlr : Programme national de développement local), par le truchement de l’Ard (Ndlr : Agence régionale de développement), d’un montant de 53 millions de francs Cfa, un programme annuel d’investissement (Pai) a été élaboré. «Après délibération, le Conseil rural a accordé la plus importante priorité à ce poste de santé où 25 millions de francs Cfa ont été affectés pour sa réhabilitation. Peut-être que ça ne va pas suffire mais c’est quand même l’essentiel des ressources dont nous disposons», déclare le Pcr de Ndiaganiao.
Certainement qu’avec la réunion qui va avoir lieu, vendredi prochain, entre la délégation de la commune de Saint-Herblain et les présidents des différentes commissions du Conseil rural sur les perspectives de leur partenariat, des solutions vont être trouvées pour ce poste de santé qui a besoin beaucoup plus d’être rasé pour l’érection à la place d’autres bâtiments que d’être réhabilité, vu le piteux état dans lequel il se trouve.

Par Assane DEME

Maison d'arrêt et de correction de Mbour - Une dame aux commandes de l'établissement mixte

Le Directeur d'Administration pénitentiaire a installé hier le lieutenant Dieynaba Samba à la tête de la Maison d'Arrêt et de Correction (Mac), un poste occupé jusque-là par des hommes. C'était en présence du procureur Seydi, du major Seck de la Compagnie de Mbour, des inspecteurs, contrôleurs et agents administratif.

« A compétence égale chance égale », a-t-on l'habitude de dire. Traduisant concrètement ces propos, Cheikh Tidiane Diallo, directeur de l'Administration pénitentiaire a installé Dieynaba Samba à la tête de la Mac de Mbour. A l'occasion, M. Diallo a félicité Dieynaba Samba, première dame à occuper la tête de l'établissement. Une nomination qui n'a pas été usurpée, dira Cheikh Tidiane Diallo, puisque, a-t-il indiqué, partout où elle est passée, Mme Samba a donné entière satisfaction à ses supérieurs. Dans un département stratégique et compte tenu de sa situation géographique et son importance économique, le lieutenant Dieynaba Samba va continuer la modernisation de l'établissement et l'amélioration de la qualité de vie des détenus.
Parlant justement de ces derniers, le Directeur de l'Administration pénitentiaire a souligné qu'il attend du nouveau Directeur de l'établissement qu'elle renforce le dispositif de réinsertion des détenus par le biais de la Goana, le maraîchage, l'aviculture, entre autres. Aussi, Cheikh Tidiane Diallo demande-t-il à Mme Samba de penser à alphabétiser les détenus tout en veillant à leur éducation. Il a évoqué le nouveau programme de formation initié par l'administration pénitentiaire et souhaité que Mbour figure en bonne place dans ce dispositif. Il a félicité le commandant Ibrahima Mbaye, affecté à Tamba, lui qui a occupé le poste depuis un an. Mme Samba a promis de tout mettre en oeuvre pour mériter la confiance de ses chefs. Elle a souhaité avoir la collaboration de tout le personnel de la Mac de Mbour pour relever tous les défis qui l'interpellent.

dimanche 25 octobre 2009

Afrique : la longue marche des Libanais



Pas franchement africaine et plus vraiment libanaise, cette diaspora invente, pas à pas, sa propre identité. Au-delà d’une réussite économique incontestable, les dernières frontières sont la politique et la société civile.

Claire a 23 ans et deux amours. Dans l’ordre des rencontres, il y a d’abord la Côte d’Ivoire, le pays de sa mère et des tout premiers souvenirs, car c’est là qu’elle est née et a passé sa petite enfance. Puis vient le Liban, le fief de son père, un musulman chiite du Sud où, entre 7 ans et 15 ans, elle a vécu des années de « princesse chouchoutée » par ses grands-parents. Voix douce et manières élégantes, Claire est aujourd’hui le joli fruit de ces deux terres. Dans son identité, elles occupent une place égale. Binationale, Claire maîtrise aussi bien l’arabe que le français et le dioula. Elle connaît ses deux familles et leurs maisonnées d’oncles, de tantes, de cousins plus ou moins proches. Et relève avec la même sévérité les travers – souvent identiques – des deux peuples qui se retrouvent en elle : les Libanais, « racistes sur les bords », qui ont mal digéré que son père épouse une Ivoirienne ; sa famille ivoirienne, « devenue méfiante » avec sa mère. Mais, à 23 ans, l’étudiante en finance de HEC Abidjan a fait son choix : « Mon avenir, il est en Côte d’Ivoire. »

Plus d’un siècle après l’arrivée de leurs ancêtres en Afrique subsaharienne – le premier serait Elias Khouri Younes, un chrétien maronite originaire du nord du Liban, qui a débarqué au Nigeria dans les années 1880–, la plupart des dizaines de milliers de Libanais du continent sont désormais comme Claire : pour eux, il n’est pas question d’un retour au pays du Cèdre. Contrairement à leurs arrières-grands-parents, qui se préparaient pendant une parenthèse africaine des jours meilleurs sur leur terre natale, ils n’y vont que pour des vacances. Certains envoient bien de l’argent à la famille, mais leur vie, c’est en Afrique qu’ils l’envisagent.

« Je vais parfois au Liban, mais seulement pour deux ou trois jours », témoigne Hassan, 36 ans. De père et mère libanais, ce négociant en diamants, musulman chiite, vit à Conakry depuis 1992. C’est là qu’il a fait ses études, à l’école française. Auparavant, il a passé dix ans en Sierra Leone, avec ses parents. Eux sont repartis au pays, mais lui a décidé de rester. « Si je me sens guinéen ? Mais bien sûr », lance-t-il. Peu importe la fragilité politique de la Guinée et les tracas quotidiens (fluctuation du taux de change, coupures de courant) : son centre de gravité est à Conakry.

Une communauté de 200 000 à 300 000 personnes

Jusqu’à la fin de la guerre civile qui a embrasé le pays de 1975 à 1990, les Libanais qui débarquent en Afrique fuient quelque chose. D’abord, le joug ottoman. Ce sont les premières vagues d’émigration, qui s’étalent de la fin du XIXe siècle au début des années 1920. Chrétiens maronites pour la plupart, ces aventuriers ne sont guère nombreux en Afrique de l’Ouest : en 1913, on compte 1 000 Libanais en Afrique-Occidentale française (AOF). Puis viennent le mandat français (1920-1943) et le mythe de l’eldorado : le sol sec et rocailleux des régions méridionales du Liban paraissant bien avare à côté des terres africaines colonisées par la puissance mandataire, des paysans du Sud s’embarquent sur des paquebots pour Dakar, Abidjan et, dans une moindre mesure, l’Afrique centrale. D’autres prennent le chemin des colonies britanniques : le Nigeria, la Gambie, la Sierra Leone. Ils sont encouragés par des colonisateurs ravis de peupler leurs empires d’immigrés réputés travailleurs et adaptables. La présence des Libanais dans les « colonies » prend de l’ampleur : en 1936, ils seraient 4 500 en AOF. Si les arrivées continuent (en 1960, ils seraient 17 000 en AOF), la troisième vague proprement dite est provoquée par la guerre du Liban. Fuyant la conscription et l’occupation israélienne, des habitants du Sud, musulmans chiites pour la plupart, vont rejoindre en masse leurs cousins d’Afrique dont le poids économique s’est progressivement alourdi.

Au final, les estimations sont de 200 000 à 300 000 Libanais aujourd’hui sur le continent (sur une diaspora à travers le monde de 4 millions de personnes). Le plus gros contingent serait en Côte d’Ivoire, avec 60 000 personnes. Puis 25 000 au Sénégal, 6 000 en RD Congo, 5 000 au Gabon… Mais ces chiffres sont sujets à caution. Intègrent-ils les binationaux ? Quid des Libanais qui se sentent davantage africains et ne sont pas enregistrés ? Autre problème : consulats et ambassades se montrent incapables – ou réticents – de livrer des données sur le nombre des ressortissants ainsi que des départs et des arrivées. La preuve que les Libanais en Afrique ne sont plus aujourd’hui des étrangers de passage…

Médecine, commerce, ingénierie, immobilier, informatique, industrie agroalimentaire, restauration, banque : avec les années, l’éventail de leurs activités économiques couvre maintenant tout le spectre des métiers possibles. L’image d’Épinal du Libanais-petit-commerçant debout dans son échoppe, entre un comptoir et un mur tapissé de rouleaux d’étoffes ou de médicaments, a jauni. Aujourd’hui, c’est un cliché réducteur oubliant qu’au Sénégal une famille libanaise a bâti un fleuron de l’industrie, la Biscuiterie Wehbe, créée en 1946 ; que les Libanais en Angola sont en grande partie des ingénieurs ; qu’en Côte d’Ivoire ils sont crédités de 60 % du parc immobilier, 80 % des activités de distribution, 50 % de l’industrie, 70 % du conditionnement et de l’imprimerie ; qu’en Guinée ils ont créé la plupart des entreprises informatiques… Et que certains partagent la misère de leurs frères africains, vivant dans des faubourgs de Dakar ou d’Abidjan.

Bref, les nouvelles arrivées étant désormais rares, les Libanais d’aujourd’hui, et surtout les jeunes générations, font partie du paysage au même titre que leurs « compatriotes de souche ». Alors, pourquoi partir quand on ne se sent pas étranger ? Quand, en 2004, l’animosité envers les Français est à son comble à Abidjan, Claire est souvent prise pour l’une d’entre eux. « Des patriotes, me croyant française, prenaient notre maison pour cible. » Se sentant pourtant chez elle en Côte d’Ivoire, elle reste.

Des entrées au palais

C’est le paradoxe : si la plupart des Libanais se disent sénégalais, guinéens, nigérians, les Africains ne les voient pas comme des compatriotes. Ils continuent à les isoler dans des clichés qui font d’eux des étrangers. « Leur comportement avec les ouvriers, mais c’est incroyable, ils les maltraitent, c’est le mot ! » s’énerve Peter, journaliste à Lagos. Bas salaires, conditions de travail inhumaines, insultes : les patrons libanais seraient des monstres… La rareté des mariages mixtes n’arrange rien : « Les Libanais fréquentent des Africaines mais, même s’ils ont des enfants avec elles, elles resteront toujours leurs maîtresses », estime Claire, dont les parents, mariés, sont selon elle une « exception ».

En fait, les Libanais se disent « africains » tout en cultivant une identité propre. Un mélange qui en fait des citoyens à part. À défaut d’une présence physique, les liens affectifs avec le Levant sont vivaces. Pendant les attaques israéliennes, en juillet-août 2006, le choc des bombes est ressenti jusqu’à Brazzaville et Dakar. On pleure et on crie devant le poste de télévision. Même solidarité viscérale dans toute la diaspora d’Afrique quand, le 25 décembre 2003, 130 Libanais qui rentrent à Beyrouth pour la fin de l’année meurent dans le crash d’un Boeing 727, abîmé en mer au large de Cotonou. Se sentir africain ne signifie pas oublier qu’on est libanais. Et n’interdit pas, au contraire, de fréquenter – et de tenir – des restaurants où l’on sert la cuisine du pays. Comme de construire ses propres mosquées – la plupart des Libanais musulmans en Afrique sont chiites quand les Africains musulmans sont sunnites –, dotées de centres de soins, qui traitent en priorité les frères libanais…

Et puis, il y a leur place en politique, qui alimente les fantasmes. Les Libanais ne courent pas après les postes en vue. Monie Captan, un natif de Tripoli devenu ministre des Affaires étrangères du Liberia (de 1996 à 2003), fut l’un des seuls ministres d’origine libanaise en Afrique. Ses frères du Levant préfèrent en général jouer les conseillers discrets : autrefois Kazem Sharara auprès d’Abdou Diouf, Hassan Hejeij auprès d’Omar Bongo, aujourd’hui Hajal Massad au Cameroun ou Roland Dagher en Côte d’Ivoire ont leurs entrées au Palais. Mais avec un penchant nettement légitimiste, toujours du côté du pouvoir, n’hésitant pas à participer généreusement aux campagnes électorales. On l’a vu lors de la présidentielle au Congo-Brazzaville en juillet et au Gabon en août. Un cas à part, toutefois : le sulfureux homme d’affaires Elie Khalil. Proche du dictateur nigérian Sani Abacha (au pouvoir de 1993 à 1998), il a été désigné par le mercenaire Simon Mann comme l’un des architectes de la tentative de putsch contre le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, en 2004. Une exception qui confirme que la présence libanaise en Afrique couvre tout le spectre des métiers possibles…

mercredi 7 octobre 2009

Senegal: Les Temps Sont Durs pour le Tourisme

Étant donné que la récession mondiale réduit encore le flux des voyageurs vers les destinations de vacances, l'année 2009 risque de ne pas être très lucrative pour l'industrie du tourisme sénégalaise.

Le tourisme est une des pierres angulaires de l'économie sénégalaise. Il s'agit, en effet, du secteur qui ramène le plus de devises après l'industrie de la pêche, dépassant même les exportations agricoles et les minéraux.

Selon le Conseil mondial du tourisme et du voyage (WTTC), le secteur devrait apporter cette année une contribution de 1 milliard de dollars au produit intérieur brut (PIB), soit une part d'environ 7%. Ce chiffre devrait passer, en 2019, à 1.9 milliard de dollars, soit 7.6% d'un PIB général beaucoup plus important.

Le secteur du tourisme et du voyage joue un rôle important dans la réduction du taux de chômage au Sénégal. Il fournit, en effet, un emploi à 155 000 Sénégalais, c'est-à-dire 5.8% de la population active; un chiffre qui, selon le WTTC, devrait s'élever à 6.2% dans une dizaine d'années.

Parmi ceux dont les moyens de subsistance proviennent de l'industrie du tourisme et du voyage, le WTTC compte 58 000 personnes directement employées par le secteur. Les 97 000 emplois restants se trouvent dans différentes branches qui doivent leur existence au tourisme, comme les métiers d'arts, et qui sont à l'origine d'une grande partie des 440 millions de dollars de recettes d'exportations prévues pour le Sénégal cette année.

L'année dernière, le Sénégal a attiré presque 1 million de visiteurs d'outre-mer, un chiffre qui, selon les prévisions du président Abdoulaye Wade, devrait passer à 1.5 million en 2010. Cet objectif ambitieux risque d'être difficile à atteindre compte tenu de la conjoncture économique actuelle, à la fois au niveau local et mondial. En effet, nombreux des principaux marchés de tourisme du Sénégal sont en récession et l'économie du pays lui-même connaît un ralentissement.

Le 20 juillet dernier, le ministère des Finances a annoncé qu'il avait revu à la baisse les prévisions relatives à la croissance économique pour 2009 : pour le PIB, il prévoit désormais une croissance de 1.5% au lieu de 3.1%. Parmi les raisons évoquées pour justifier cette baisse, on compte la chute de l'investissement étranger direct et des exportations liées au tourisme.

Au début du mois d'août, Dubaï World, un des piliers de l'investissement et du commerce de Dubaï, a annoncé qu'elle mettait en veilleuse quelques projets en Afrique; il s'agit-là d'un bon indicateur de la réduction des flux de capital étranger vers le secteur du tourisme africain. La société n'a pas précisé lesquels de ses nombreux projets étaient concernés, mais notons qu'un hôtel cinq étoiles, un centre de villégiature sur l'Île de Gorée, qui se trouve au large du port principal de Dakar, ainsi que deux autres réserves de chasse près de la capitale sénégalaise comptaient parmi les futures réalisations de l'entreprise en Afrique.

On a beau être optimiste au sujet des perspectives à long terme du secteur, WTTC a également prévu que l'année 2009 serait plus difficile pour le secteur du tourisme sénégalais, en prévoyant une chute de 0.5% de l'emploi et une croissance de seulement 2.6%, soit bien en deçà de la moyenne de 5.4% sur dix ans.

Bien que le Sénégal dispose plus ou moins des mêmes attractions que ses voisins, le pays n'a pas encore mesuré le potentiel de ses richesses naturelles et culturelles.

L'importance de la taxe imposée par l'Etat pour chaque touriste pénétrant le pays, établie à environ 500 dollars, représente près de la moitié du billet d'avion d'un voyageur provenant d'Europe. Elle est par ailleurs beaucoup plus élevée que les taxes d'entrée pratiquées par les pays compétiteurs comme le Maroc ou la Côte d'Ivoire.

On a demandé à ce que la taxe d'entrée, ainsi que les 18.5% de taxe sur la valeur ajoutée actuellement imposée aux hôtels soient réduites de façon à stimuler la croissance et à redorer le blason du Sénégal en tant que destination peu chère.

De même, d'aucuns critiquent le manque d'activités promotionnelles visant à soutenir l'industrie du tourisme, notamment dans le monde non francophone. Si le Sénégal a trop compté dans le passé sur la France et, à un moindre degré, sur la Belgique, d'où provenaient la plupart des touristes d'outre-mer, le pays a maintenant réalisé qu'il était nécessaire d'étendre son marché. Cependant, les autorités travaillent toujours à rassembler les ressources nécessaires pour promouvoir leur pays dans le monde anglophone et sur le marché asiatique grandissant.

Bien qu'il soit nécessaire d'en faire davantage pour attirer les visiteurs d'outre-mer, l'Etat s'efforce d'améliorer l'infrastructure touristique, notamment en construisant un nouvel aéroport principal, un projet d'une valeur de 470 millions de dollars, qui offrira un port d'entrée moderne aux touristes. L'aéroport international Blaise Diagne, qui devrait être fonctionnel en 2011, sera équipé pour recevoir 5 millions de passagers par année et il sera possible, dans l'avenir, d'en augmenter les capacités pour qu'il puisse en recevoir le double.

Le gouvernement voudrait que cet aéroport soit non seulement utile pour l'industrie du tourisme local, mais qu'il devienne également un aéroport de transit pour la région. Si ce dernier objectif est atteint, les voyageurs en transit seraient davantage tentés d'étendre leur séjour, augmentant ainsi le nombre de touristes et les recettes du secteur.

L'ouverture de cet aéroport se fait au moment opportun dans la mesure où l'on prévoit pour l'année prochaine une reprise de l'économie mondiale, et, par conséquent, de l'industrie du tourisme, et, pour 2011, une amélioration encore plus marquée. D'ici là toutefois, les hôtels sénégalais risquent de connaître un ralentissement de leurs activités.

mercredi 30 septembre 2009

Senegal: Affaires de Médias

Sachant que faire des affaires dans le secteur encombré des médias sénégalais est déjà une entreprise ambitieuse à cause de l'étroitesse du marché, la mauvaise conjoncture économique actuelle ne fait que compliquer la situation : les flux de rentrées s'assèchent, la concurrence est de plus en plus rude et la réglementation devient plus strict.

La concurrence dans ce domaine est féroce, notamment dans le secteur de la presse écrite qui comprend, uniquement à Dakar, quelque 20 quotidiens. Bien que ces journaux s'adressent à une population d'environ deux millions de personnes, certaines estimations évaluent le lectorat à plus ou moins 150 000 personnes, soit un faible taux de pénétration. De plus, étant donné que la publicité bat de l'aile, ces journaux doivent compter sur les ventes directes pour survivre, ce qui les pousse à baisser leur prix pour gagner la faveur des lecteurs.

Cependant, selon certains experts, la croissance rapide de la presse écrite s'est faite au détriment de sa qualité, dans la mesure où on a assisté à l'arrivée massive d'un personnel non qualifié, qui a baissé le niveau des exigences.

« Beaucoup de gens ici se disent journalistes, mais en réalité ce ne sont pas de vrais journalistes. Ils n'ont aucune formation dans le domaine. Ils ne travaillent pas avec de vrais éditeurs », a affirmé Abdou Latif Coulibaly, directeur de publication de La Gazette et directeur de l'Institut supérieur des sciences de l'information et de la communication (ISSIC).

C'est pour cette raison que le Syndicat des professionnels de l'information et de la communication sociale du Sénégal (SYNPICS), qui représente les travailleurs du milieu, fait pression pour que les personnes bénéficiant d'une carte de presse émise par le gouvernement répondent à des exigences minimales en matière de formation. En effet, il demande que les journalistes détiennent des diplômes d'études secondaires et qu'ils suivent une formation spécialisée dans des écoles de journalisme reconnues.

Certains ont critiqué ces propositions en affirmant que la mise en place de ces critères serait une démarche élitiste et ne tiendrait pas compte de l'évolution des médias modernes, caractérisée par la multiplication des organes de presse et la hausse de la demande de presse écrite découlant de l'usage croissant d'Internet et d'autres médias.

Le SYNPICS demande également une application plus stricte de la réglementation selon laquelle les organes de presse doivent consacrer à la formation une somme équivalant à au moins 2% de la masse salariale. Cet objectif peut sembler difficile à atteindre, compte tenu, notamment, de la conjoncture actuelle.

En effet, dernièrement, certaines entreprises accusaient un retard dans le paiement des salaires et, en juillet dernier, les employés du Le Soleil, le quotidien national, ont fait appel aux services de médiateur du SYNPICS lors de négociations entreprises avec la direction du journal. Ainsi, lorsque les temps sont difficiles, la survie et la réduction des coûts ont priorité sur la formation.

De plus, la situation risque d'empirer. En effet, sachant que le marché sénégalais de la publicité est déjà très étroit, le ralentissement économique découlant de la crise mondiale risque de le réduire encore davantage. Dernièrement, le gouvernement a revu ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) à la baisse : il prévoit maintenant une croissance de 1.5% au lieu des 3.1% prévus initialement. Ainsi, à cause de cette baisse, qui est en partie provoquée par la chute de l'investissement étranger direct et la réduction des revenus provenant du tourisme, les entreprises privées auront sans doute tendance à consacrer moins d'argent à la publicité, ce qui aura certainement un effet sur les médias du pays.

Les médias de diffusion subissent un autre type de pression, qui se résume encore une fois à une question d'argent. Les diffuseurs, qui sont depuis longtemps accusés de ne pas payer les droits d'auteur aux artistes dont les œuvres sont diffusées à la radio et à la télévision, se trouvent maintenant devant l'alternative suivante : payer les sommes dues ou fermer leurs portes.

À la fin du mois d'août, après que la Cour de Dakar a émis une injonction exigeant de la société de s'acquitter des droits d'auteur pour la musique et les vidéos qu'elle avait diffusées, le plus grand conglomérat de médias sénégalais, Walfadjri, a assisté à une descente de la police dans ses bureaux qui a eu pour conséquence son retrait des ondes radio et de télévision. La somme due jumelée aux frais juridiques est estimée à 110 000 dollars.

Abdulaziz Dieng, un haut responsable de l'Association des métiers de la musique (AMS), a expliqué que la décision était tout simplement fondée sur le respect des droits d'auteur et sur la reconnaissance des droits des artistes à être payés pour leur travail.

« Conformément à nos lois, les médias devraient payer pour la musique qu'ils diffusent », a déclaré M. Dieng, également président du Bureau sénégalais du droit d'auteur, qui a déposé la plainte contre Walfadjri.

Walfadjri a nié avoir violé la loi et prétend être victime d'une injustice. En effet, certains affirment que le retrait des ondes de la société est le résultat d'une décision politique.

Étant donné la baisse des recettes et, pour les médias de diffusion du moins, une hausse éventuelle des coûts, la concurrence dans l'industrie des médias risque de devenir encore plus féroce dans les mois à venir.

vendredi 25 septembre 2009

DANS L'ANTRE DE YANDE CODOU SENE : Une diva dans les "délices" de la vieillesse


Elle est entrée dans l’histoire du Sénégal, à 15 ans, alors que la République était encore… « mineure ». Depuis, elle s’est forgée un nom dans l’histoire de la «musique Sénégal» grâce au timbre unique de sa voix et au soutien sans failles d’un Président. Celui qu’elle a tant aimé et magnifié les louanges, «Léo Kor Dior», Léopold Sédar Senghor. Malgré les affres du temps, Yandé Codou Sène, fait toujours divaguer les esprits… De l’Amérique à l’Europe en passant par son Afrique natale, la voix de la cantatrice Sérère résonne encore au rythme du son polyphonique. D’une mélodie à une mélopée, elle nous mène droit à son terroir d’accueil, Gandiaye, une bourgade située sur la route nationale N° 1 qui relie Dakar à Kaolack. L’Obs est allé à son chevet pour vous, juste le temps d’une balade…




La fraîcheur matinale a vite fait de céder sa place à un soleil accablant par ce dernier vendredi du mois de Ramadan où les nuages semblaient avoir fui le ciel. Le sol encore trempé de la pluie de l’avant-veille, laisse apparaître des flaques d’eau dans la capitale et ses environs. A bord d’une 4X4, nous faisons cap sur la route de Fatick. Les quelques reliefs affichés par le peu de maisons cassent la monotonie du paysage tantôt verdoyant, tantôt sablonneux. Au fur et à mesure que nous traversons des villages, le climat devient de plus en plus frais. Une petite brise, puis brusquement un vent frappe le sol et soulève des nuages de poussière. En l’espace de quelques secondes, une grosse pluie s’est abattue, plus nous roulions, plus elle gagnait en intensité. Comme par enchantement, dans certaines localités, pas la moindre trace d’un vent encore moins d’une goutte d’eau. Le soleil pointe haut et darde impitoyablement ses rayons sur les rares passants à pied. C’est le cas à Fatick à près d’une vingtaine de kilomètres de Gandiaye, la terre d’accueil de Yandé Codou Sène. Là, également, pas de pluies.

Maison délabrée et populeuse

A l’entrée du village, des étals proposent du pain, des fruits et quelques petites babioles. Sur une minuscule route sablonneuse bordée de maisons, des charrettes se disputent le passage. La faim et la fatigue se lisent sur presque tous les visages des habitants, le jeûne est sans doute passé par là. Quelques mètres après, dans le quartier de Ngoulang, nous sommes devant une grande maison en briques. Par une porte en fer rouillée, nous accédons à une cour où trône majestueusement un énorme arbre. Des chaises et des bancs traînent au milieu des bassines, des marmites et des linges étendus sur le fil. Comme pour coller au décor désordre, des canards… et des poules caquettent. Trois bâtisses aux peintures des murs défraîchies qui servent apparemment de chambres à toute la marmaille et à leurs parents trouvés sur les lieux, s’élèvent tels des tours dans une citadelle. Dans l’une d’elles, celle qui se trouve au milieu, l’antre de la cantatrice Sérère. Tout de suite après avoir franchi le seuil de la porte, c’est une photo de Yandé Codou en compagnie du défunt Président Léopold Sédar Senghor qui vous accueille. Des décorations sont accrochées sur les murs délabrés. Deux lits se font face. Sur le plus grand recouvert d’une épaisse couette rouge, une vieille silhouette est assise, dans l’ombre de la pièce mal éclairée, à ses côtés, une canne. C’est le fidèle lieutenant du Président poète Senghor, cassé par les affres de la vieillesse…

La lueur d’espoir

Malgré son âge avancé (77 ans), Yandé Codou Sène reste le seul soutien de sa famille. Surprenant autant qu’étrange, sans elle, la marmite ne bouillirait pas.

Ce qui frappe d’emblée dans la demeure de la cantatrice attitrée de Léopold Sédar Senghor, c’est le nombre impressionnant de ses petits enfants et arrière petits- enfants. On se serait cru dans la cour de récréation d’un jardin d’enfants. Toutes ses bouches, sans compter ses enfants à elle, leurs épouses et parfois époux sont à la charge d’une seule et même personne Yandé Codou Sène. Une vieille dame qui n’a plus la force de travailler, mais fort heureusement, elle compte encore des amis et des alliés dans ce monde. N’eussent été, ceux-là et les droits d’auteurs qu’elle continue à percevoir, c’est à se demander ce que cela aurait été. Sa famille n’ose même pas y penser, quoi que leur préoccupation est grande quant à leur destin, après la disparition de la bonne-dame. Aussi, ils implorent les autorités du pays, de les insérer dans le milieu professionnel. «Elle a travaillé toute sa vie durant pour le Gouvernement. Aujourd’hui, elle n’en est plus capable, donc il ne faut pas l’abandonner à son propre sort avec toute une famille derrière elle, qui ne compte aucun salarié. La saga de Yandé Codou, c’est maintenant qu’il faut l’entretenir et non pas attendre qu’elle disparaisse pour réagir. Ses œuvres sont écoutés partout dans le monde et c’est une fierté pour le Sénégal. On doit l’aider à faire vivre sa famille et toute aide sera la bienvenue que ce soit de la part de l’Etat ou que ce soit du citoyen lamda», déplore Pape Diop, son petit fils.

Aïda Mbaye, la relève…

Comme son fils Pape Diop, Aïda Mbaye, la fille aînée de Yandé Codou, bien que mariée, est aussi soutenue par sa mère avec ses 8 bouts de bois de Dieu. Née en 1954, elle a vécu depuis lors sous l’aile protectrice d’une mère poule, pas étonnant qu’elle aussi, choppe le virus de la musique. L’accompagnant partout dans les cérémonies et autres, elle finit par intégrer son groupe. Un beau jour, alors que Yandé Codou avait engagé deux programmes le même jour, elle a donc prié sa fille d’assurer l’un des spectacles. Au fil des années, elle a commencé à voler de ses propres ailes. Toutefois, elle tarde à apercevoir le bout du tunnel, cherchant désespérément un producteur. Sa plus grande ambition serait de devenir une tout aussi remarquable chanteuse que sa maman, ne serait ce que pour perpétuer son souvenir des années durant…

Gâteuse, à bien des égards

Seul soutien face à une famille nombreuse, il suffit de la voir entourée de ses petits enfants et arrières petits enfants, pour se rendre compte à quel point, la septuagénaire, est une grand-mère gâteuse. Et selon les propres mots de son fils cadet Commissaire Mbaye, marié et père de trois enfants, «daf ño yar, yaxx ñù» (elle nous a éduqué dans le droit chemin, tout en cédant aux moindres de nos caprices). Et ce n’est pas demain la veille, que cette attitude va changer, «c’est grâce à elle si nous vivons. Nous allons de temps en temps à Dakar, récupérer de l’argent pour elle et c’est avec cela que nous réussissons à tirer notre épingle du jeu, même si cela s’avère parfois dur», précise t-il avant de solliciter également de l’aide. «La maison que Senghor lui a offerte et qui se trouve dans son village natal est tombée en ruine, à cause de la pluie. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de l’arranger» déclare-t-il.

Quand Mère Yandé «perd ses gammes»

La vieillesse est la pire des maladies, serait-on tenté de dire, lorsque l’on croise le visage couvert de rides, de celle qui fut une belle jeune femme, pleine de vie. Aujourd’hui, elle ne peut plus rien faire d’elle-même… Yandé Codou Sène, «perd ses gammes» au fur et à mesure que les «notes» s’accélèrent. Mais derrière ce corps qui refuse de suivre, la ferme volonté d’une combattante qui refuse de flancher.

Vêtue d’un interminable boubou orange et d’un mouchoir de tête, Yandé Codou laisse apparaître un visage plissé par des rides, un corps menu et flasque. Ses éternelles lunettes de vue qui semblent devenues trop grandes pour elles, dévoilent des yeux pétillants d’intelligence. Des yeux témoins de bien des souvenirs. Des souvenirs de Senghor, de la belle époque, celle où elle se servait encore de ses bras. Aujourd’hui, ces yeux cherchent un appui sur lequel prendre des forces pour faire sa toilette, manger ou enfiler ses boubous en «wax» qu’elle adore tant et ses vieilles sandales en cuir. Sa peau travaillée par le poids de l’âge donne l’impression de s’arracher de son corps. Ses petites épaules frêles ont du mal à supporter toutes les charges qui pèsent sur elles. En effet, enfants, petits enfants, arrières petits enfants belles filles, beaux-fils… etc, sont à sa charge.

Toujours polémiste

D’ailleurs à Gandiaye, la diva Sérère est réputée pour être un soutien de famille. «C’est une bonne dame qui aime par dessus- tout s’occuper de sa famille» affirme Bakham Sène, un voisin. Waly Mbaye, un des ses neveux gendarme confirme, «elle a tout fait pour nous». Respectueuse des traditions, modeste et bonne voisine, elle vit en parfaite harmonie avec la population de Ngoulang qui lui voue un profond respect. Poussée par on ne sait quelle énergie, elle parvient tout de même à s’exprimer avec la même intonation polémiste et le chaud tempérament qu’on lui connaît. Par moments, le son de sa voix se fait haletant et tantôt, avant de répondre à une question, le regard visiblement ailleurs, elle affiche un large sourire qui laisse entrevoir les quelques dents abîmées qui lui restent encore dans la bouche. Cette bouche qui a lâché depuis longtemps de chaudes notes du terroir.

INTERVIEW : SA RELEVE, SA VIE A 77 ANS, SES RELATIONS AVEC LA FAMILLE DE SENGHOR, LES AUTRES ARTISTES, LE PRESIDENT WADE…

Yandé Codou grandeur nature

Elle a marqué d’une manière indélébile la musique Sénégalaise, à 77 ans, la retraite est inévitable pour elle, même si elle assure toujours maîtriser son art. Qui par ailleurs, lui fait toujours gagner son pain. Dans cet entretien, elle se projette dans le futur, en même temps que dans le passé pour évoquer la relève, ses relations avec la famille du défunt Président Senghor, que des politiques et certains de ces collègues artistes. Non sans évoquer sa nouvelle vie.

Que devient Yandé Codou Sène ?

Rien, comme vous pouvez le constater, je suis toujours là.

Mais on ne vous voit plus, on ne vous entend plus ?

C’est parce que tout simplement, je suis vieille maintenant, je ne peux plus embarquer dans les voitures pour venir à Dakar. Il n’y a que dans les situations exceptionnelles que je fais l’effort de me déplacer.

On peut donc dire que vous avez pris votre retraite ?

Oui, on peut dire cela comme ça. Maintenant, ce sont mes enfants qui m’ont remplacée. Aïda Mbaye ma fille aînée a pris le flambeau. Dieu merci dans ma famille, même le plus petit, celui qui vient de naître, sait chanter. De ce côté, il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

Parvenez-vous à toujours vivre de votre art ?

Ah oui, oui ! (elle insiste).

Et comment ?

Je continue à percevoir mes droits d’auteurs. En plus c’est grâce à ma musique que les gens me font vivre.

Qui sont ces gens ?

Mes bienfaiteurs sont assez nombreux, aussi bien dans le monde de la politique que de la culture. Parmi eux, je peux citer le 1er Ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, que je considère comme un fils, aussi Ousmane Tanor Dieng, Pape Massène, Mame Birame Diouf qui m’aide beaucoup. Par contre, celui qui l’a remplacé, je ne le connais pas encore et j’aimerais bien le voir.

Il y a beaucoup de jeunes talents qui rêvent de devenir comme vous. Quel conseil leur prodiguez-vous ?

Je suis toujours prête à donner des conseils aux jeunes chanteurs, ils n’ont qu’à me trouver chez moi, ils verront (d’un ton sec).

Si c’est le cas, que leur diriez-vous ?

C’est très simple, il suffit tout juste d’aimer ce que l’on fait, le reste va de soi. Une bonne éducation, de la persévérance et du courage et cela ira, il n’y a pas d’autres secrets.

Peut-on avoir une idée précise de votre répertoire musical ?

Ce n’est pas possible, (elle coupe court).

Vous comptez combien de cassettes ?

Il m’est impossible de le compter. J’ai beaucoup travaillé dans ma vie et je ne sais pas à combien s’élève exactement le volume de mes œuvres. Déjà, lorsque j’étais jeune, je composais des chants sans les instruments, à l’époque, il n’y avait pas de cassettes ? Donc, vous voyez un peu, ce que cela fait. Vraiment, je ne peux pas dénombrer mes chansons.

Justement, pensez-vous que la musique traditionnelle, celle que vous faisiez avant, a un avenir au Sénégal ?

L’avenir de la musique traditionnelle est toujours entre nos mains, car tout ce que nous savons, nous l’avons transmis à nos enfants. Donc, ce sera à eux d’assurer la relève et plus tard ce sera leurs enfants.

Comment appréciez-vous la musique en général ?

C’est toujours un plaisir pour moi d’écouter de la musique, car j’ai été éduqué là-dedans, c’est dans mon sang.

Tout le monde n’est pas sans savoir les rapports privilégiés que vous entreteniez avec le défunt Président Senghor. Aujourd’hui qu’il n’est plus de ce monde, quelles relations avez-vous avec sa famille ?

Depuis la disparition de Senghor, plus aucune.

Et quelle en est la raison ?

La relation, c’était entre Senghor et moi. Je ne vois plus Colette, ni ses enfants. Avant la mort de Senghor, je les voyais, mais ce n’est plus le cas. C’est Léna que j’ai vue en dernier. C’est une bonne fille. Adrien est aussi très gentil, j’aurais bien aimé être amie avec lui, comme je l’ai été avec son père.

Après toutes ces années, quel souvenir gardez-vous de Senghor ?

J’ai énormément de souvenirs de Senghor. A chaque fois que je pense à lui, je suis aux anges. Il a tout fait pour moi. Il m’a acheté une maison, une voiture et beaucoup d’autres cadeaux. C’est grâce à lui, si je suis devenue ce que je suis et je ne le remercierai jamais assez.

Etes-vous proche de l’actuel Président, Abdoulaye Wade ?

Pas vraiment ! J’ai écrit des demandes d’audience, mais jusqu’à présent rien. Lors d’une tournée, il est passé par Gandiaye et il a demandé que l’on m’emmène vers lui. Quand il m’a vu, il m’a promis de me recevoir et depuis nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir.

Toutefois à la mort de Senghor, j’ai beaucoup apprécié la manière dont il a compati à ma douleur. Nous avons passé toute une journée ensemble. Je sais qu’il m’aime et me respecte beaucoup.

Vous avez également fais beaucoup de duos avec des chanteurs tels que Youssou Ndour et Wasis Diop. Avez-vous toujours des contacts avec eux ?

Il n’y a que Youssou Ndour qui se préoccupe toujours de moi. De temps à autre, il envoie des gens s’enquérir de mon état de santé. Pour ce qui est des autres, je ne sais plus ce qu’ils deviennent.

De toute votre carrière, qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

Senghor «rek» (seulement). Il n’y a pas autre chose. Senghor moy sama way (c’est lui mon ami), je vous l’assure, ci barké borom Touba (par la grâce de Serigne Touba). Il a tout fait pour moi (elle entonne un chant de louange à Senghor).

Le 03 Octobre prochain, vous allez être honorées. Quel sentiment vous anime ?

C’est une très grande fierté pour moi et je suis très reconnaissante envers ceux qui m’ont choisi parmi tous les acteurs culturels Sénégalais.

Vous avez 77 ans, comment vous portez-vous ?

Dieu merci, ça va. Je me soigne quand même, je vais souvent en consultation chez le cardiologue, Professeur Bâ à l’hôpital Aristide le Dantec. Je respecte mes rendez-vous. A part cela, c’est tout juste la vieillesse.

Comment occupez vous vos journées ?

Je ne fais pas grand-chose. Soit je suis dans la cour avec mes petits enfants ou seule dans ma chambre. Je ne bouge pas de la maison. D’ailleurs cela n’a jamais été de mes habitudes, mis à part les prestations que je donnais un peu partout.

Le dernier mot ?

Je suis très heureuse de votre démarche. Vous êtes venus vous enquérir de ma situation et surtout, de celle de ma famille et je souhaiterais que cela continue pour de bon.

REPORTAGE : GANDIAYE : Au rythme des trois génies tutélaires

Chef-lieu d’arrondissement du département de Kaolack, Gandiaye est un village traditionnel, crée en 1714. Toutefois, il ne se trouvait pas sur la route nationale N°1 qui relie Dakar à Kaolack, ce n’est qu’en 1920 qu’il y a été transféré. Il est peuplé par 25 000 habitants environ et à forte densité musulmane. Il compte également une population chrétienne et animiste. Les localités voisines sont Belongui, Mbelbouk, Ganboul Moctar, Keur Mari, Sassara, Tioupane et Ganboul Escale. Côté infrastructures, la bourgade est dotée de trois grandes mosquées et d’une Eglise de la mission catholique. Elle a également un poste de santé et une mosquée en construction. L’économie est essentiellement entretenue par l’élevage et l’agriculture. Il y existe une administration locale. Le village est donc dirigé par un roi nommé Bour Gandiaye. Cependant, il est sans reconnaissance officielle, tout comme le Djaraf, le Farba, le Djaligué et le Saltigué. Ils ont chacun un rôle à jouer et les populations ne se font pas prier pour les consulter et respecter leurs consignes.

Comme la plupart des villages, Gandiaye a aussi ses mystères. En effet, plusieurs totems font partie des croyances du peuple. Parmi les plus connus, il y en a trois, Thioro Ndem Sène, Ngouyebane et Niakhabane. Ce sont tous des arbres. Le premier c’est le tamarin. C’est là-bas où l’on emmène les circoncis, pendant trois mois, ils sont initiés aux étapes de la vie. Ngouyebane est lui un baobab qui est tombé et qui s’est séparé en deux. Il se trouve à la sortie de Kaolack et à chaque fois qu’un fils de Kaolack doit voyager, s’il emporte avec lui comme talisman, le fruit de cet arbre, il peut être assuré de ne pas mourir en chemin. On peut dire que c’est le totem-type du village, car il garantit la sécurité des habitants. Pour ce qui est de Niakhabane, toute femme qui vient se marier à Gandiaye ou qui quitte ses parents pour aller se marier ailleurs, devrait faire le tour de l’arbre et laver son linge autour du puits qui se trouve près de l’arbre. Histoire d’avoir une sorte de protection. D’après la légende, lorsqu’on faisait la route nationale N°1, Niakhabane s’était mis en colère et avait bloqué les machines parce que les travaux de terrassements constituaient un danger pour ses enfants.

Cela a conduit au déplacement du tracé initial de la route. Actuellement le baobab est tombé, mais il reste toujours le puits utilisé par les populations.

A noter que le nom du village vient de l’histoire de deux frères en voyage. A l’époque, puisqu’il n’existait pas de moyens de transport, ils ont donc marché. Arrivés à la limite entre le Sine et le Saloum, le plus âgé d’entre eux avait décidé de se replier. Ceci étant, il est retourné sur ses pas et son jeune frère est resté là où ils se sont séparés. A chaque fois que les gens le dépassaient là-bas avec leurs bagages, ils lui demandaient ce qu’il y faisait. Et à lui de répondre, «gan ndiaye la». Depuis lors, le surnom lui est resté et est devenu le nom du village où il s’était installé en fin de compte.



TROIS QUESTIONS AU BOUR GANDIAYE : «Yandé Codou est pour nous une bibliothèque»

Plus haute autorité du village, c’est à lui que revient la lourde tâche de diriger Gandiaye, la terre d’accueil de la cantatrice Sérère. Babacar Mbodj, plus connu sous le nom de Bour Gandiaye, livre ici ses sentiments quant à la saga Yandé Codou Sène.

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je m’appelle Babacar Mbodj, plus connu sous le nom de Bour Gandiaye. J’ai été intronisé le 1er Septembre 1991, suite au décès de mon père. Officiellement, je suis le 9ème Bour Gandiaye. Je suis la personne morale du village, en même temps je m’occupe de tout ce qui est coutume.

Vous avez donc sous votre tutelle, une très grande dame qui a élu domicile dans votre fief, en la personne de Yandé Codou ? Comment cohabitez-vous avec elle?

Tout d’abord, je dirais que Yandé Codou Sène est pour nous habitants de Gandiaye une très grande dame, respectueuse des us et coutumes du village, mais aussi, elle représente une fierté pour le peuple. Elle a toujours vécu avec mes parents dans la plus parfaite harmonie, maintenant que j’ai été intronisé roi, elle me considère davantage comme un fils. Ici à Gandiaye, on peut dire qu’elle est une bibliothèque pour nous aussi bien sur le plan de la tradition Sérère que de la culture.

Elle est vieille maintenant, on ne l’entend presque plus, pensez-vous qu’il y ait une chance pour que le mythe Yandé Codou survive ?

Pour cela, il va falloir que les autorités fassent quelque chose pour elle et sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Ces enfants sont là, elle leur a transmis tout son savoir et il leur appartient de perpétuer ses œuvres. Seulement, les moyens font défaut, il faudra leur apporter un coup de pouce sinon, il vont s’enfoncer et à ce moment le nom de Yandé Codou Sène avec eux.

Le coup de gueule contre Maxy Crazy
«S’il ne vient pas nous voir, ça ne va pas aller pour lui», dixit Commissaire Mbaye, le fils cadet de Yandé Codou Sène. Cet ultimatum est adressé au rappeur Maxy Crazy qui a commis l’erreur de poser dans l’une de ses chansons la voix de Yandé Codou Sène, cela sans la prévenir elle ou un des membres de sa famille. Ses enfants ont en tout cas du mal à faire passer la pilule. Selon eux, leur mère n’a pas du tout apprécié le geste du chanteur qu’elle ne connaît ni d’Adam, ni d’Eve. Par conséquent, ils auraient souhaité avoir beaucoup plus de considération de sa part et c’est pour cette raison qu’ils n’ont pas hésité à le déclarer au bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda).

Le rappeur reconnaît son tort

Joint au téléphone, Maxy Crazy soutient qu’il ne savait pas que cela allait déranger la famille de Yandé Codou Sène. Et puisque c’est le cas, il allait présenter ses excuses. S’il le faut, il va se déplacer jusqu’à Gandiaye. «La chanson en question s’appelle «Namena Galsen». C’est tout juste un petit extrait d’un de ses morceaux» ajoute le rappeur.

En ce qui concerne la plainte au BSDA, l’artiste reste convaincu qu’elle n’a pas lieu d’être car il y a un certain timing à atteindre pour payer les droits d’auteur.

jeudi 10 septembre 2009

Existe t'il un réel tourisme de l'amour au Sénégal

Dans l'un de ces derniers reportages, l'émission 66 minutes de la chaine M6 faisait état d'un sujet tabou pour beaucoup: ‘le tourisme de l’amour’ dans les sations balnéaires du Sénégal notammant à Saly.
S’agit-il de ‘tourisme de l’amour’ ou plutôt de ‘prostitution à outrance’ ?



S’agit-il de ‘tourisme de l’amour’ ou plutôt de ‘prostitution à outrance’ ?
Existe t'il un réel tourisme de l'amour au Sénégal
Dans l'un de ces derniers reportages, l'émission 66 minutes de la chaine M6 faisait état d'un sujet tabou pour beaucoup: ‘le tourisme de l’amour’ dans les sations balnéaires du Sénégal notammant à Saly.
S’agit-il de ‘tourisme de l’amour’ ou plutôt de ‘prostitution à outrance’ ?
Dans ce reportage, les sénégalais, vivant de la prostitution sont diabolisés, alors que les françaises qui la financent apparaissent comme des victimes.
Le spectateur est perdu dans une émission où entre prostitution et amour, les chers reporters de m6 ont laissé planer le doute.
Oui, la prostitution masculine existe au Sénégal !
Oui, des hommes, des femmes aussi en vivent !
Dans une société occidentale où la sexualité est devenue un loisir de vacances pour les touristes, au même titre que les balades dans le parc de la langue de barbarie, à qui jeter la pierre ?
Il est vrai que cet état de fait méritait d’être dénoncé mais la manière dont 66 minutes l’a fait a choqué plus d'un.

66 minutes a voulu nous faire croire que ces choses la n’arrivaient que chez les noirs. Encore un reportage sur une afrique meurtrie, misérable où on nous présente des noirs indignes et où on entache notre image déjà crasseuse en Occident.
N’oublions pas que
La prostitution, le plus vieux métier du monde parait il, existe dans tous les pays du monde : le Sénégal ne fait donc pas exception,
Nul besoin d’aller au Sénégal pour le constater :
Il s’agit d’une prostitution, comme à Pigalle ou Rue Saint Denis, à paris ; à Bali, en Indonésie, à New York où des politiciens font recours à des réseaux de prostitutions ! ça aussi c’est la honte !!! seulement les médias gnoune le gnou yépp.

La différence au Sénégal : En plus de l’argent, l’obtention d’un visa et de papiers français poussent les jeunes sénégalais à se prostituer.
De jeunes africains et africaines se prostituent pour un tampon sur un passeport. A qui jeter la pierre ?
Parlons un peu d’histoire….
Tout d’abord, il y a eu la traite des noirs, puis la colonisation. Le pillage des ressources de l’Afrique qui depuis les indépendances est la scène de théâtre de pays aux économies en banqueroute quémandant l’aide internationale.
N’oublions pas que des millions de noirs ont été déportés et ont de loin contribué à la croissance des pays développés. . .Mais bon, nous ne referons pas l’histoire !
Aujourd’hui, les pays européens, mettent en place des politiques de plus en plus restrictives face à l’immigration.
Alors 66 minutes ? à quand le reportage sur les touristes pédophiles en Afrique ?
Sur les jeunes étudiants restés au pays au mérite et au courage démesurés,
Sur la limitation des exportations africaines vers le nord ?
Sur la politique de fixation des prix des matières premières qui maintiennent nos pays dans un état économique végétatif ?
Sur les petits obèses en Afrique ?
Sur les africains, self-made-men, self-made-women?
Pour parler franchement, parlons du pire mais aussi du meilleur. .

Par une jeune sénègalaise enthousiaste.

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...