vendredi 25 septembre 2009

DANS L'ANTRE DE YANDE CODOU SENE : Une diva dans les "délices" de la vieillesse


Elle est entrée dans l’histoire du Sénégal, à 15 ans, alors que la République était encore… « mineure ». Depuis, elle s’est forgée un nom dans l’histoire de la «musique Sénégal» grâce au timbre unique de sa voix et au soutien sans failles d’un Président. Celui qu’elle a tant aimé et magnifié les louanges, «Léo Kor Dior», Léopold Sédar Senghor. Malgré les affres du temps, Yandé Codou Sène, fait toujours divaguer les esprits… De l’Amérique à l’Europe en passant par son Afrique natale, la voix de la cantatrice Sérère résonne encore au rythme du son polyphonique. D’une mélodie à une mélopée, elle nous mène droit à son terroir d’accueil, Gandiaye, une bourgade située sur la route nationale N° 1 qui relie Dakar à Kaolack. L’Obs est allé à son chevet pour vous, juste le temps d’une balade…




La fraîcheur matinale a vite fait de céder sa place à un soleil accablant par ce dernier vendredi du mois de Ramadan où les nuages semblaient avoir fui le ciel. Le sol encore trempé de la pluie de l’avant-veille, laisse apparaître des flaques d’eau dans la capitale et ses environs. A bord d’une 4X4, nous faisons cap sur la route de Fatick. Les quelques reliefs affichés par le peu de maisons cassent la monotonie du paysage tantôt verdoyant, tantôt sablonneux. Au fur et à mesure que nous traversons des villages, le climat devient de plus en plus frais. Une petite brise, puis brusquement un vent frappe le sol et soulève des nuages de poussière. En l’espace de quelques secondes, une grosse pluie s’est abattue, plus nous roulions, plus elle gagnait en intensité. Comme par enchantement, dans certaines localités, pas la moindre trace d’un vent encore moins d’une goutte d’eau. Le soleil pointe haut et darde impitoyablement ses rayons sur les rares passants à pied. C’est le cas à Fatick à près d’une vingtaine de kilomètres de Gandiaye, la terre d’accueil de Yandé Codou Sène. Là, également, pas de pluies.

Maison délabrée et populeuse

A l’entrée du village, des étals proposent du pain, des fruits et quelques petites babioles. Sur une minuscule route sablonneuse bordée de maisons, des charrettes se disputent le passage. La faim et la fatigue se lisent sur presque tous les visages des habitants, le jeûne est sans doute passé par là. Quelques mètres après, dans le quartier de Ngoulang, nous sommes devant une grande maison en briques. Par une porte en fer rouillée, nous accédons à une cour où trône majestueusement un énorme arbre. Des chaises et des bancs traînent au milieu des bassines, des marmites et des linges étendus sur le fil. Comme pour coller au décor désordre, des canards… et des poules caquettent. Trois bâtisses aux peintures des murs défraîchies qui servent apparemment de chambres à toute la marmaille et à leurs parents trouvés sur les lieux, s’élèvent tels des tours dans une citadelle. Dans l’une d’elles, celle qui se trouve au milieu, l’antre de la cantatrice Sérère. Tout de suite après avoir franchi le seuil de la porte, c’est une photo de Yandé Codou en compagnie du défunt Président Léopold Sédar Senghor qui vous accueille. Des décorations sont accrochées sur les murs délabrés. Deux lits se font face. Sur le plus grand recouvert d’une épaisse couette rouge, une vieille silhouette est assise, dans l’ombre de la pièce mal éclairée, à ses côtés, une canne. C’est le fidèle lieutenant du Président poète Senghor, cassé par les affres de la vieillesse…

La lueur d’espoir

Malgré son âge avancé (77 ans), Yandé Codou Sène reste le seul soutien de sa famille. Surprenant autant qu’étrange, sans elle, la marmite ne bouillirait pas.

Ce qui frappe d’emblée dans la demeure de la cantatrice attitrée de Léopold Sédar Senghor, c’est le nombre impressionnant de ses petits enfants et arrière petits- enfants. On se serait cru dans la cour de récréation d’un jardin d’enfants. Toutes ses bouches, sans compter ses enfants à elle, leurs épouses et parfois époux sont à la charge d’une seule et même personne Yandé Codou Sène. Une vieille dame qui n’a plus la force de travailler, mais fort heureusement, elle compte encore des amis et des alliés dans ce monde. N’eussent été, ceux-là et les droits d’auteurs qu’elle continue à percevoir, c’est à se demander ce que cela aurait été. Sa famille n’ose même pas y penser, quoi que leur préoccupation est grande quant à leur destin, après la disparition de la bonne-dame. Aussi, ils implorent les autorités du pays, de les insérer dans le milieu professionnel. «Elle a travaillé toute sa vie durant pour le Gouvernement. Aujourd’hui, elle n’en est plus capable, donc il ne faut pas l’abandonner à son propre sort avec toute une famille derrière elle, qui ne compte aucun salarié. La saga de Yandé Codou, c’est maintenant qu’il faut l’entretenir et non pas attendre qu’elle disparaisse pour réagir. Ses œuvres sont écoutés partout dans le monde et c’est une fierté pour le Sénégal. On doit l’aider à faire vivre sa famille et toute aide sera la bienvenue que ce soit de la part de l’Etat ou que ce soit du citoyen lamda», déplore Pape Diop, son petit fils.

Aïda Mbaye, la relève…

Comme son fils Pape Diop, Aïda Mbaye, la fille aînée de Yandé Codou, bien que mariée, est aussi soutenue par sa mère avec ses 8 bouts de bois de Dieu. Née en 1954, elle a vécu depuis lors sous l’aile protectrice d’une mère poule, pas étonnant qu’elle aussi, choppe le virus de la musique. L’accompagnant partout dans les cérémonies et autres, elle finit par intégrer son groupe. Un beau jour, alors que Yandé Codou avait engagé deux programmes le même jour, elle a donc prié sa fille d’assurer l’un des spectacles. Au fil des années, elle a commencé à voler de ses propres ailes. Toutefois, elle tarde à apercevoir le bout du tunnel, cherchant désespérément un producteur. Sa plus grande ambition serait de devenir une tout aussi remarquable chanteuse que sa maman, ne serait ce que pour perpétuer son souvenir des années durant…

Gâteuse, à bien des égards

Seul soutien face à une famille nombreuse, il suffit de la voir entourée de ses petits enfants et arrières petits enfants, pour se rendre compte à quel point, la septuagénaire, est une grand-mère gâteuse. Et selon les propres mots de son fils cadet Commissaire Mbaye, marié et père de trois enfants, «daf ño yar, yaxx ñù» (elle nous a éduqué dans le droit chemin, tout en cédant aux moindres de nos caprices). Et ce n’est pas demain la veille, que cette attitude va changer, «c’est grâce à elle si nous vivons. Nous allons de temps en temps à Dakar, récupérer de l’argent pour elle et c’est avec cela que nous réussissons à tirer notre épingle du jeu, même si cela s’avère parfois dur», précise t-il avant de solliciter également de l’aide. «La maison que Senghor lui a offerte et qui se trouve dans son village natal est tombée en ruine, à cause de la pluie. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de l’arranger» déclare-t-il.

Quand Mère Yandé «perd ses gammes»

La vieillesse est la pire des maladies, serait-on tenté de dire, lorsque l’on croise le visage couvert de rides, de celle qui fut une belle jeune femme, pleine de vie. Aujourd’hui, elle ne peut plus rien faire d’elle-même… Yandé Codou Sène, «perd ses gammes» au fur et à mesure que les «notes» s’accélèrent. Mais derrière ce corps qui refuse de suivre, la ferme volonté d’une combattante qui refuse de flancher.

Vêtue d’un interminable boubou orange et d’un mouchoir de tête, Yandé Codou laisse apparaître un visage plissé par des rides, un corps menu et flasque. Ses éternelles lunettes de vue qui semblent devenues trop grandes pour elles, dévoilent des yeux pétillants d’intelligence. Des yeux témoins de bien des souvenirs. Des souvenirs de Senghor, de la belle époque, celle où elle se servait encore de ses bras. Aujourd’hui, ces yeux cherchent un appui sur lequel prendre des forces pour faire sa toilette, manger ou enfiler ses boubous en «wax» qu’elle adore tant et ses vieilles sandales en cuir. Sa peau travaillée par le poids de l’âge donne l’impression de s’arracher de son corps. Ses petites épaules frêles ont du mal à supporter toutes les charges qui pèsent sur elles. En effet, enfants, petits enfants, arrières petits enfants belles filles, beaux-fils… etc, sont à sa charge.

Toujours polémiste

D’ailleurs à Gandiaye, la diva Sérère est réputée pour être un soutien de famille. «C’est une bonne dame qui aime par dessus- tout s’occuper de sa famille» affirme Bakham Sène, un voisin. Waly Mbaye, un des ses neveux gendarme confirme, «elle a tout fait pour nous». Respectueuse des traditions, modeste et bonne voisine, elle vit en parfaite harmonie avec la population de Ngoulang qui lui voue un profond respect. Poussée par on ne sait quelle énergie, elle parvient tout de même à s’exprimer avec la même intonation polémiste et le chaud tempérament qu’on lui connaît. Par moments, le son de sa voix se fait haletant et tantôt, avant de répondre à une question, le regard visiblement ailleurs, elle affiche un large sourire qui laisse entrevoir les quelques dents abîmées qui lui restent encore dans la bouche. Cette bouche qui a lâché depuis longtemps de chaudes notes du terroir.

INTERVIEW : SA RELEVE, SA VIE A 77 ANS, SES RELATIONS AVEC LA FAMILLE DE SENGHOR, LES AUTRES ARTISTES, LE PRESIDENT WADE…

Yandé Codou grandeur nature

Elle a marqué d’une manière indélébile la musique Sénégalaise, à 77 ans, la retraite est inévitable pour elle, même si elle assure toujours maîtriser son art. Qui par ailleurs, lui fait toujours gagner son pain. Dans cet entretien, elle se projette dans le futur, en même temps que dans le passé pour évoquer la relève, ses relations avec la famille du défunt Président Senghor, que des politiques et certains de ces collègues artistes. Non sans évoquer sa nouvelle vie.

Que devient Yandé Codou Sène ?

Rien, comme vous pouvez le constater, je suis toujours là.

Mais on ne vous voit plus, on ne vous entend plus ?

C’est parce que tout simplement, je suis vieille maintenant, je ne peux plus embarquer dans les voitures pour venir à Dakar. Il n’y a que dans les situations exceptionnelles que je fais l’effort de me déplacer.

On peut donc dire que vous avez pris votre retraite ?

Oui, on peut dire cela comme ça. Maintenant, ce sont mes enfants qui m’ont remplacée. Aïda Mbaye ma fille aînée a pris le flambeau. Dieu merci dans ma famille, même le plus petit, celui qui vient de naître, sait chanter. De ce côté, il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

Parvenez-vous à toujours vivre de votre art ?

Ah oui, oui ! (elle insiste).

Et comment ?

Je continue à percevoir mes droits d’auteurs. En plus c’est grâce à ma musique que les gens me font vivre.

Qui sont ces gens ?

Mes bienfaiteurs sont assez nombreux, aussi bien dans le monde de la politique que de la culture. Parmi eux, je peux citer le 1er Ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, que je considère comme un fils, aussi Ousmane Tanor Dieng, Pape Massène, Mame Birame Diouf qui m’aide beaucoup. Par contre, celui qui l’a remplacé, je ne le connais pas encore et j’aimerais bien le voir.

Il y a beaucoup de jeunes talents qui rêvent de devenir comme vous. Quel conseil leur prodiguez-vous ?

Je suis toujours prête à donner des conseils aux jeunes chanteurs, ils n’ont qu’à me trouver chez moi, ils verront (d’un ton sec).

Si c’est le cas, que leur diriez-vous ?

C’est très simple, il suffit tout juste d’aimer ce que l’on fait, le reste va de soi. Une bonne éducation, de la persévérance et du courage et cela ira, il n’y a pas d’autres secrets.

Peut-on avoir une idée précise de votre répertoire musical ?

Ce n’est pas possible, (elle coupe court).

Vous comptez combien de cassettes ?

Il m’est impossible de le compter. J’ai beaucoup travaillé dans ma vie et je ne sais pas à combien s’élève exactement le volume de mes œuvres. Déjà, lorsque j’étais jeune, je composais des chants sans les instruments, à l’époque, il n’y avait pas de cassettes ? Donc, vous voyez un peu, ce que cela fait. Vraiment, je ne peux pas dénombrer mes chansons.

Justement, pensez-vous que la musique traditionnelle, celle que vous faisiez avant, a un avenir au Sénégal ?

L’avenir de la musique traditionnelle est toujours entre nos mains, car tout ce que nous savons, nous l’avons transmis à nos enfants. Donc, ce sera à eux d’assurer la relève et plus tard ce sera leurs enfants.

Comment appréciez-vous la musique en général ?

C’est toujours un plaisir pour moi d’écouter de la musique, car j’ai été éduqué là-dedans, c’est dans mon sang.

Tout le monde n’est pas sans savoir les rapports privilégiés que vous entreteniez avec le défunt Président Senghor. Aujourd’hui qu’il n’est plus de ce monde, quelles relations avez-vous avec sa famille ?

Depuis la disparition de Senghor, plus aucune.

Et quelle en est la raison ?

La relation, c’était entre Senghor et moi. Je ne vois plus Colette, ni ses enfants. Avant la mort de Senghor, je les voyais, mais ce n’est plus le cas. C’est Léna que j’ai vue en dernier. C’est une bonne fille. Adrien est aussi très gentil, j’aurais bien aimé être amie avec lui, comme je l’ai été avec son père.

Après toutes ces années, quel souvenir gardez-vous de Senghor ?

J’ai énormément de souvenirs de Senghor. A chaque fois que je pense à lui, je suis aux anges. Il a tout fait pour moi. Il m’a acheté une maison, une voiture et beaucoup d’autres cadeaux. C’est grâce à lui, si je suis devenue ce que je suis et je ne le remercierai jamais assez.

Etes-vous proche de l’actuel Président, Abdoulaye Wade ?

Pas vraiment ! J’ai écrit des demandes d’audience, mais jusqu’à présent rien. Lors d’une tournée, il est passé par Gandiaye et il a demandé que l’on m’emmène vers lui. Quand il m’a vu, il m’a promis de me recevoir et depuis nous n’avons pas eu l’occasion de nous voir.

Toutefois à la mort de Senghor, j’ai beaucoup apprécié la manière dont il a compati à ma douleur. Nous avons passé toute une journée ensemble. Je sais qu’il m’aime et me respecte beaucoup.

Vous avez également fais beaucoup de duos avec des chanteurs tels que Youssou Ndour et Wasis Diop. Avez-vous toujours des contacts avec eux ?

Il n’y a que Youssou Ndour qui se préoccupe toujours de moi. De temps à autre, il envoie des gens s’enquérir de mon état de santé. Pour ce qui est des autres, je ne sais plus ce qu’ils deviennent.

De toute votre carrière, qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

Senghor «rek» (seulement). Il n’y a pas autre chose. Senghor moy sama way (c’est lui mon ami), je vous l’assure, ci barké borom Touba (par la grâce de Serigne Touba). Il a tout fait pour moi (elle entonne un chant de louange à Senghor).

Le 03 Octobre prochain, vous allez être honorées. Quel sentiment vous anime ?

C’est une très grande fierté pour moi et je suis très reconnaissante envers ceux qui m’ont choisi parmi tous les acteurs culturels Sénégalais.

Vous avez 77 ans, comment vous portez-vous ?

Dieu merci, ça va. Je me soigne quand même, je vais souvent en consultation chez le cardiologue, Professeur Bâ à l’hôpital Aristide le Dantec. Je respecte mes rendez-vous. A part cela, c’est tout juste la vieillesse.

Comment occupez vous vos journées ?

Je ne fais pas grand-chose. Soit je suis dans la cour avec mes petits enfants ou seule dans ma chambre. Je ne bouge pas de la maison. D’ailleurs cela n’a jamais été de mes habitudes, mis à part les prestations que je donnais un peu partout.

Le dernier mot ?

Je suis très heureuse de votre démarche. Vous êtes venus vous enquérir de ma situation et surtout, de celle de ma famille et je souhaiterais que cela continue pour de bon.

REPORTAGE : GANDIAYE : Au rythme des trois génies tutélaires

Chef-lieu d’arrondissement du département de Kaolack, Gandiaye est un village traditionnel, crée en 1714. Toutefois, il ne se trouvait pas sur la route nationale N°1 qui relie Dakar à Kaolack, ce n’est qu’en 1920 qu’il y a été transféré. Il est peuplé par 25 000 habitants environ et à forte densité musulmane. Il compte également une population chrétienne et animiste. Les localités voisines sont Belongui, Mbelbouk, Ganboul Moctar, Keur Mari, Sassara, Tioupane et Ganboul Escale. Côté infrastructures, la bourgade est dotée de trois grandes mosquées et d’une Eglise de la mission catholique. Elle a également un poste de santé et une mosquée en construction. L’économie est essentiellement entretenue par l’élevage et l’agriculture. Il y existe une administration locale. Le village est donc dirigé par un roi nommé Bour Gandiaye. Cependant, il est sans reconnaissance officielle, tout comme le Djaraf, le Farba, le Djaligué et le Saltigué. Ils ont chacun un rôle à jouer et les populations ne se font pas prier pour les consulter et respecter leurs consignes.

Comme la plupart des villages, Gandiaye a aussi ses mystères. En effet, plusieurs totems font partie des croyances du peuple. Parmi les plus connus, il y en a trois, Thioro Ndem Sène, Ngouyebane et Niakhabane. Ce sont tous des arbres. Le premier c’est le tamarin. C’est là-bas où l’on emmène les circoncis, pendant trois mois, ils sont initiés aux étapes de la vie. Ngouyebane est lui un baobab qui est tombé et qui s’est séparé en deux. Il se trouve à la sortie de Kaolack et à chaque fois qu’un fils de Kaolack doit voyager, s’il emporte avec lui comme talisman, le fruit de cet arbre, il peut être assuré de ne pas mourir en chemin. On peut dire que c’est le totem-type du village, car il garantit la sécurité des habitants. Pour ce qui est de Niakhabane, toute femme qui vient se marier à Gandiaye ou qui quitte ses parents pour aller se marier ailleurs, devrait faire le tour de l’arbre et laver son linge autour du puits qui se trouve près de l’arbre. Histoire d’avoir une sorte de protection. D’après la légende, lorsqu’on faisait la route nationale N°1, Niakhabane s’était mis en colère et avait bloqué les machines parce que les travaux de terrassements constituaient un danger pour ses enfants.

Cela a conduit au déplacement du tracé initial de la route. Actuellement le baobab est tombé, mais il reste toujours le puits utilisé par les populations.

A noter que le nom du village vient de l’histoire de deux frères en voyage. A l’époque, puisqu’il n’existait pas de moyens de transport, ils ont donc marché. Arrivés à la limite entre le Sine et le Saloum, le plus âgé d’entre eux avait décidé de se replier. Ceci étant, il est retourné sur ses pas et son jeune frère est resté là où ils se sont séparés. A chaque fois que les gens le dépassaient là-bas avec leurs bagages, ils lui demandaient ce qu’il y faisait. Et à lui de répondre, «gan ndiaye la». Depuis lors, le surnom lui est resté et est devenu le nom du village où il s’était installé en fin de compte.



TROIS QUESTIONS AU BOUR GANDIAYE : «Yandé Codou est pour nous une bibliothèque»

Plus haute autorité du village, c’est à lui que revient la lourde tâche de diriger Gandiaye, la terre d’accueil de la cantatrice Sérère. Babacar Mbodj, plus connu sous le nom de Bour Gandiaye, livre ici ses sentiments quant à la saga Yandé Codou Sène.

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je m’appelle Babacar Mbodj, plus connu sous le nom de Bour Gandiaye. J’ai été intronisé le 1er Septembre 1991, suite au décès de mon père. Officiellement, je suis le 9ème Bour Gandiaye. Je suis la personne morale du village, en même temps je m’occupe de tout ce qui est coutume.

Vous avez donc sous votre tutelle, une très grande dame qui a élu domicile dans votre fief, en la personne de Yandé Codou ? Comment cohabitez-vous avec elle?

Tout d’abord, je dirais que Yandé Codou Sène est pour nous habitants de Gandiaye une très grande dame, respectueuse des us et coutumes du village, mais aussi, elle représente une fierté pour le peuple. Elle a toujours vécu avec mes parents dans la plus parfaite harmonie, maintenant que j’ai été intronisé roi, elle me considère davantage comme un fils. Ici à Gandiaye, on peut dire qu’elle est une bibliothèque pour nous aussi bien sur le plan de la tradition Sérère que de la culture.

Elle est vieille maintenant, on ne l’entend presque plus, pensez-vous qu’il y ait une chance pour que le mythe Yandé Codou survive ?

Pour cela, il va falloir que les autorités fassent quelque chose pour elle et sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Ces enfants sont là, elle leur a transmis tout son savoir et il leur appartient de perpétuer ses œuvres. Seulement, les moyens font défaut, il faudra leur apporter un coup de pouce sinon, il vont s’enfoncer et à ce moment le nom de Yandé Codou Sène avec eux.

Le coup de gueule contre Maxy Crazy
«S’il ne vient pas nous voir, ça ne va pas aller pour lui», dixit Commissaire Mbaye, le fils cadet de Yandé Codou Sène. Cet ultimatum est adressé au rappeur Maxy Crazy qui a commis l’erreur de poser dans l’une de ses chansons la voix de Yandé Codou Sène, cela sans la prévenir elle ou un des membres de sa famille. Ses enfants ont en tout cas du mal à faire passer la pilule. Selon eux, leur mère n’a pas du tout apprécié le geste du chanteur qu’elle ne connaît ni d’Adam, ni d’Eve. Par conséquent, ils auraient souhaité avoir beaucoup plus de considération de sa part et c’est pour cette raison qu’ils n’ont pas hésité à le déclarer au bureau sénégalais des droits d’auteurs (Bsda).

Le rappeur reconnaît son tort

Joint au téléphone, Maxy Crazy soutient qu’il ne savait pas que cela allait déranger la famille de Yandé Codou Sène. Et puisque c’est le cas, il allait présenter ses excuses. S’il le faut, il va se déplacer jusqu’à Gandiaye. «La chanson en question s’appelle «Namena Galsen». C’est tout juste un petit extrait d’un de ses morceaux» ajoute le rappeur.

En ce qui concerne la plainte au BSDA, l’artiste reste convaincu qu’elle n’a pas lieu d’être car il y a un certain timing à atteindre pour payer les droits d’auteur.

jeudi 10 septembre 2009

Existe t'il un réel tourisme de l'amour au Sénégal

Dans l'un de ces derniers reportages, l'émission 66 minutes de la chaine M6 faisait état d'un sujet tabou pour beaucoup: ‘le tourisme de l’amour’ dans les sations balnéaires du Sénégal notammant à Saly.
S’agit-il de ‘tourisme de l’amour’ ou plutôt de ‘prostitution à outrance’ ?



S’agit-il de ‘tourisme de l’amour’ ou plutôt de ‘prostitution à outrance’ ?
Existe t'il un réel tourisme de l'amour au Sénégal
Dans l'un de ces derniers reportages, l'émission 66 minutes de la chaine M6 faisait état d'un sujet tabou pour beaucoup: ‘le tourisme de l’amour’ dans les sations balnéaires du Sénégal notammant à Saly.
S’agit-il de ‘tourisme de l’amour’ ou plutôt de ‘prostitution à outrance’ ?
Dans ce reportage, les sénégalais, vivant de la prostitution sont diabolisés, alors que les françaises qui la financent apparaissent comme des victimes.
Le spectateur est perdu dans une émission où entre prostitution et amour, les chers reporters de m6 ont laissé planer le doute.
Oui, la prostitution masculine existe au Sénégal !
Oui, des hommes, des femmes aussi en vivent !
Dans une société occidentale où la sexualité est devenue un loisir de vacances pour les touristes, au même titre que les balades dans le parc de la langue de barbarie, à qui jeter la pierre ?
Il est vrai que cet état de fait méritait d’être dénoncé mais la manière dont 66 minutes l’a fait a choqué plus d'un.

66 minutes a voulu nous faire croire que ces choses la n’arrivaient que chez les noirs. Encore un reportage sur une afrique meurtrie, misérable où on nous présente des noirs indignes et où on entache notre image déjà crasseuse en Occident.
N’oublions pas que
La prostitution, le plus vieux métier du monde parait il, existe dans tous les pays du monde : le Sénégal ne fait donc pas exception,
Nul besoin d’aller au Sénégal pour le constater :
Il s’agit d’une prostitution, comme à Pigalle ou Rue Saint Denis, à paris ; à Bali, en Indonésie, à New York où des politiciens font recours à des réseaux de prostitutions ! ça aussi c’est la honte !!! seulement les médias gnoune le gnou yépp.

La différence au Sénégal : En plus de l’argent, l’obtention d’un visa et de papiers français poussent les jeunes sénégalais à se prostituer.
De jeunes africains et africaines se prostituent pour un tampon sur un passeport. A qui jeter la pierre ?
Parlons un peu d’histoire….
Tout d’abord, il y a eu la traite des noirs, puis la colonisation. Le pillage des ressources de l’Afrique qui depuis les indépendances est la scène de théâtre de pays aux économies en banqueroute quémandant l’aide internationale.
N’oublions pas que des millions de noirs ont été déportés et ont de loin contribué à la croissance des pays développés. . .Mais bon, nous ne referons pas l’histoire !
Aujourd’hui, les pays européens, mettent en place des politiques de plus en plus restrictives face à l’immigration.
Alors 66 minutes ? à quand le reportage sur les touristes pédophiles en Afrique ?
Sur les jeunes étudiants restés au pays au mérite et au courage démesurés,
Sur la limitation des exportations africaines vers le nord ?
Sur la politique de fixation des prix des matières premières qui maintiennent nos pays dans un état économique végétatif ?
Sur les petits obèses en Afrique ?
Sur les africains, self-made-men, self-made-women?
Pour parler franchement, parlons du pire mais aussi du meilleur. .

Par une jeune sénègalaise enthousiaste.

jeudi 3 septembre 2009

Le Sénégal résistera-t-il au démon de la monarchie ?

L’entrée en politique du fils d’Abdoulaye Wade soulève les interrogations

Il y a une particularité bien sénégalaise : le jour des élections les reporters des différents journaux transmettent en direct les résultats des bureaux de vote. Cette ingéniosité de la presse a dissuadé plus d’uns à violer la volonté des citoyens sénégalais lors des joutes électorales. Abdoulaye Wade qui a défait Abdou Diouf, doit ainsi une fière chandelle à la presse privée de son pays. Il reconnaîtra d’ailleurs cet apport énorme des journalistes dans la consolidation de l’Etat de Droit et l’avènement du Sopi (changement) au Sénégal intervenu après sa victoire à la présidentielle, le 19 mars 2000. Mais malgré les faveurs qu’Abdoulaye Wade accorde aux médias (augmentation de l’enveloppe de l’aide à la presse, voyage dans le Sangomar avec l’avion présidentiel, promesse de mettre fin au délit de presse et de construire une Maison de la Presse), la lune de miel entre le chef d’Etat sénégalais et le 4ème pouvoir ne durera pas longtemps.

Le Sopi, d’obédience libérale, est accusé parfois même de faire pire que le régime socialiste de Léopold Senghor et d’Abdou Diouf en matière de liberté d’expression. Malgré la floraison des médias (écrits comme audio-visuels), des livres contre Abdoulaye Wade, le Maître du Sopi, sont censurés. Une dizaine de livres sont ainsi interdits de vente au Sénégal, selon la presse sénégalaise.

Le malaise entre le pouvoir et la presse s’est accentué avec l’intention prêtée au chef d’Etat sénégalais de transmettre de manière monarchique le pouvoir à son fils Karim Wade. Les Sénégalais, il faut le dire, ne comprendraient d’ailleurs pas une telle posture de la part d’un homme qui a sacrifié sa vie pour que la démocratie demeure la pierre angulaire de la construction de la nation. Mais Wade, connu pour son art des nuances, ne dément que partiellement cette volonté qui lui est prêtée de se faire succéder par son fils.

La politique de cooptation de certaines élites que le président n’hésite pas à utiliser avant de les ridiculiser, l’impossibilité d’avoir autour de lui un numéro 2 avec l’écrasement politique de tous ses Premiers ministres depuis qu’il est au pouvoir, la récente nomination de son fils à un super poste de Ministre d’Etat en charge de l’équivalent de trois ministères, font que les doutes se précisent davantage.

Karim Wade, dont l’entrée en politique s’est soldée par un échec retentissant lors des élections locales du 22 mars 2009, est présenté par son père comme un financier hors pair. Aujourd’hui pourtant, la marche vers le trône d’Abdoulaye Wade semble compromise par une accusation de mauvaise gestion des deniers publics.

Le camp présidentiel est préoccupé par la sortie du livre Contes et mécomptes de l’ANOCI du journaliste Abdou Latif Coulibaly qui croit savoir que le fils du président est loin d’être un bon financier. En effet, le journaliste enfonce le clou en parlant de « scandale du siècle ». Le sommet de la Oummah islamique ou sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), dont l’organisation a été confiée à Karim Wade, aurait coûté à l’Etat sénégalais la bagatelle de plus de 400 milliards de FCFA. Latif Coulibaly note qu’une lampe trônant sur la tête du fils du Chef de l’Etat a été budgétisée à près de 9 millions de F CFA (soit 22.500 CH- Francs suisses). Et le peuple confronté à la cherté de la vie se pose des questions, non seulement sur l’opportunité de tels achats mais sur la décence même de telles opérations financières. La réponse du fils d’Abdoulaye Wade est attendue.

D’un autre côté, les Sénégalais sont souvent confrontés à l’obscurité. Et Wade avait dit un jour en pareille occasion qu’il n’était pas contre le retour des bougies !

Dans cette obscurité, la grogne monte quotidiennement. La vie est chère à Dakar, nourriture, logement, transport, tout est hors de prix. Et dans la chaleur tropicale de ce beau pays, entre les vicissitudes quotidiennes, les coupures intempestives du courant, le président Wade offre à l’Afrique un monument dit de la Renaissance qui aurait couté la belle somme de 16 milliards de FCFA. L’entreprise réalisatrice, d’origine coréenne, se frotte les mains. Et Wade qui laisse entendre qu’il est le concepteur de cette statue réclame pour sa part à l’Etat rien de moins que 35% des recettes que pourrait générer ce monument dont la gestion se fera par l’intermédiaire d’une Fondation qui sera dirigée par Karim Wade… son fils. Nombreux sont les Sénégalais qui crient alors au scandale. Comment, disent-ils, un chef d’Etat peut-il être en relation d’affaires avec l’Etat qu’il dirige ? « Le monument symbolise l’Afrique qui sort des entrailles de la terre quittant l’obscurantisme pour aller vers la lumière », prétend Maître Abdoulaye Wade. Le président-artiste martèle : « Le monument symbolise l’Afrique qui se libère de toutes les dominations. »

Pendant ce temps, la lumière qui est le premier signe de la modernité fait défaut au Sénégal et des journalistes à tort ou à raison décrient une grave situation de la liberté d’expression, socle même de la démocratie. Le Sénégal, avec son peuple fier et patient, longtemps considéré comme la vitrine démocratique de l’Afrique de l’Ouest résistera-t-il à l’appel du démon de la monarchie ?

El Hadji Gorgui Wade Ndoye

jeudi 13 août 2009

YOUSSOU NDOUR INTRONISE YEKINI « Tu es le roi»

Entre Youssou Ndour et Yékini, c’est une affaire de rois. Le premier excelle dans la musique, l’autre dans le sport, la lutte en particulier. Hier, ces deux têtes couronnées se sont retrouvées au domicile du chanteur, aux Almadies, pour faire les choses royalement. . Occasion saisie par le lead-vocal du Super Etoile pour «chanter», dans la cour des grands, les mérites de Yakhya Diop.
Pour camper le débat, Youssou Ndour ne s’est pas fait prier pour revisiter le passé. Rappelant à son hôte qu’il est témoin de plusieurs chocs, «dont la revanche Mbaye Guèye-Boy Bambara». Le roi du Mbalax a soutenu s’être «toujours intéressé à la lutte». Pour avoir grandi à la Médina, plus précisément à la Rue 22 x 31, You avait un penchant pour l’écurie Fass et son Tigre Mbaye Guèye. «Après lui, il y a eu Moustapha Guèye. Mais, la lutte a tellement évolué que je n’ai plus de préférence. Maintenant, j’apprécie. Cela dit, du point de vue comportement, de la technique et de la performance, Yékini est bien le roi des arènes. Il a fait ses preuves. Et il se comporte comme un roi. Si j’avais le pouvoir de décision, je choisirais une distinction plus forte que roi. Yékini est un sportif de très haut niveau. Pas seulement par ses performances, mais sur tous les plans. Avant, pendant et après un combat, il se comporte en leader. La majorité des amateurs reconnaissent en lui le titre de roi», dira le lead-vocal du Super Etoile. Un témoignage apprécié à sa juste valeur par un Yékini «comblé» et attentif aux conseils. «Quand nous nous sommes rencontrés l’an dernier, Youssou Ndour m’avait exhorté à redoubler d’efforts pour ne pas décevoir. Il m’avait dit ceci : «Un leader doit savoir se comporter comme tel. Leader, c’est un comportement pas seulement le plus fort», se remémore l’enfant de Joal.
Pour sa part, Gaston Mbengue a «reconnu la grandeur, l’esprit d’ouverture et la générosité» du chanteur. «Un grand homme qui ne se contente pas de sa musique», soutient le promoteur de lutte. Lequel était aux côtés du manager du chanteur, Mady Dramé. «C’est par son intermédiaire que j’ai connu Yékini, révèle You. Depuis, nous nous rencontrons souvent. Seulement, nous l’avons toujours fait dans la plus grande discrétion parce que ce qui nous lie est sincère.» Qui dit mieux
Obs

JOAL-FADHIOUTH/ DISPUTE ENTRE UN GENDARME ET UN PASSAGER Un mort par balle

Une dispute entre un gendarme et un passager à bord d’un véhicule a abouti à une altercation occasionnant le décès de ce dernier, suite à un coup de feu. Les faits remontent dans la nuit du 11 aout 2009 aux environs de 23 heures à Joal-Fadiouth. Des populations excitées et outrées par la tournure des événements ont cherché à investire la brigade de gendarmerie de Joal-Fadiouth et la maison du gendarme ciblé. Une présence très remarquée des pandores a tenu à distance les curieux et autres badauds.
Le nommé Sangoné Mbaye ,un chauffeur ,âgé de 34 ans est décédé des suites d’une altercation avec un gendarme au cours de la laquelle il a reçu une balle d’une arme à feu. Différentes versions sont servies à propos de cette affaire ,Du côté de la victime ,Sangoné Mbaye à bord d’un véhicule devant se rendre à un Gamou a été interpellé par des gendarmes. Ces derniers ont exigé le certificat phytosanitaire du poisson trouvé à bord du taxi. Le sésame doit être délivré par les agents des pêches maritimes de la localité basés au niveau du poste de contrôle, à un jet de pierre du quai de pêche. Une fois dans ces locaux pour une mise en règle ,les choses se gâtent et finissent par un coup de feu d’un gendarme occasionnant le décès.
La direction de la communication de la gendarmerie dégage en touche. Pour elle, les gendarmes contrôlant la circulation ont interpellé un véhicule pour s’enquérir de son état ,de ses passagers et de son chargement. Ils découvrent à bord du poisson. Il se trouve que le poisson en question n’a pas reçu le quitus du service des pêches maritimes de Joal-Fadiouth ,un certificat de salubrité pouvant permettre son convoiement vers une autre localité.
La voiture et le poisson sont acheminés au niveau du poste de contrôle des pêches par les pandores pour une mise en règle. Une vive altercation se produit suite à des échanges de propos. Les choses se terminent par un coup de feu. Sangoné Mbaye est atteint ,Les gendarmes l’acheminent au niveau du centre de santé de Joal-fadiouth ,Son transfert se poursuit sur Thiès puis à Dakar où il décède. Son corps y demeure encore à des fins d’ enquête confiée à la compagnie de gendarmerie de Thiès pour situer les responsabilités.
De l’avis du commandant Daouda Diop, le directeur de la communication de la gendarmerie si les résultats mettent en cause le gendarme ciblé dans cette affaire, ce dernier va être mis à la disposition de la justice.
par Samba Niébé BA SUD QUOTIDIEN , jeudi 13 août 2009

vendredi 7 août 2009

GESTION NON SATISFAISANTE DES DOMAINES, NON RESPECT DES REGLES RELATIVES AUX MARCHES PUBLICS, DEPENSES NON JUSTIFIEES...

lundi 3 août 2009 - GESTION NON SATISFAISANTE DES DOMAINES, NON RESPECT DES REGLES RELATIVES AUX MARCHES PUBLICS, DEPENSES NON JUSTIFIEES...
La Cour des comptes épingle la commune de Mbour

NETTALI.NET - La Cour des comptes que préside Abdou Bame Guèye a publié son rapport annuel 2007. Sept organismes qui ont reçu des missions de contrôle de la Cour des comptes sont cités dans le rapport Il s’agit de la commune de Mbour, de l’Ecole nationale de développement sanitaire et social, du Centre national d’appareillage orthopédique, du Fonds de garantie automobile, du Fonds de solidarité nationale, de la Radiodiffusion télévision sénégalaise et de l’Office national de formation professionnelle.

Les résultat du contrôle de la gestion de la commune de Mbour qui va de 1999 à 2003 et qui concerne les maires Moussa Ndoye (1999 à 2001), Tafsir Demba Diouf (du 24 février 2001 au 26 décembre 2001), Mbaye Diagne (maire en fonction au moment du contrôle), la délégation spéciale dirigée par Serigne Sougou Guèye (du 26 décembre 2001 au 31 mai 2002), ont permis à la Cour des comptes de noter un certain nombre d’irrégularités. Ces irrégularités ont trait à une gestion non satisfaisante des domaines et des matières, à la perception de recettes non autorisées, aux documents budgétaires mal renseignés, au défaut de respect des règles relatives aux marchés publics et au règlement de dépenses non justifiées.

Autant d’irrégularités qui ont poussé la Cour des comptes à recommander aux responsables de la commune de Mbour, particulièrement la gestion des ressources foncières, l’élaboration de documents budgétaires fiables et le respect de la réglementation relative aux marchés publics.

Un agent de l’Etat est en même temps agent voyer de la commune

C’est le chef du service départemental de l’Urbanisme de Mbour, M. Mady Diop qui assure en même temps la fonction d’agent voyer, chef des services techniques de la commune. A ce titre, il lui est versé une indemnité mensuelle de 25 000 Fcfa. Pour la Cour des comptes, le fonctionnement des services techniques pourrait souffrir de cette situation. M. Diop n’est pas dans une position, ni de détachement, ni de disponibilité. S’y ajoute, qu’il n’agit pas non plus dans le cadre aménagé par la réglementation sur le transfert de compétences de l’État aux collectivités locales. ’’C’est donc indûment que la commune a versé à M. Diop la somme de 1 975 000 Fcfa au titre d’indemnités reçues en qualité d’agent voyer de la commune de Mbour de juillet 1997 jusqu’à la fin de la gestion 2003, soit environ 79 mois.’’, constate la Cour des comptes.

L’ancien maire socialiste de Mbour, Moussa Ndoye n’a trouvé lui mieux que de louer un immeuble au prix de 100 000 Fcfa par mois pour y loger le service départemental des Impôts et Domaines de Mbour qui est un service déconcentré de l’État Ainsi, ’’durant la période sous revue, le montant des frais de location supportés par la Commune s’est élevé à six millions (6 000 000) de Fcfa’’.

Absence de comptes administratifs

Concernant la tenue des documents financiers, la Cour des comptes note que le budget de la commune ne prend pas en compte les renseignements statistiques et les résultats des trois années financières antérieures conformément à la réglementation. Les autorisations spéciales de reports ne sont pas annexées aux budgets, et la commune n’établit pas ses comptes administratifs. Le seul compte administratif disponible est celui de la gestion 2002. Ce qui est une violation des dispositions de l’article 350 du code des collectivités locales.

Au chapitre des marchés publics de la commune de Mbour, la Cour des comptes dénonce le fractionnement des dépenses d’acquisition des tickets de perception. Ces fractionnements permettent à la commune de faire plusieurs bons de commande avec des montants inférieurs aux seuils de passation des marchés auprès du même fournisseur. Ainsi, pour des crédits prévisionnels de 19 millions de Fcfa, la commune a acheté des tickets de perception à l’entreprise Général Service pour un montant global de 18 919 660. Le défaut d’appels d’offres est apparu encore lors de l’acquisition par la commune d’une ambulance. Selon la Cour des comptes : ’’L’acquisition des véhicules automobiles quel qu’en soit le prix, lorsque leur cylindre excède 125cm3, doit faire l’objet d’un appel d’offres. Or, la commune a acheté une ambulance sans passer par cette procédure. La réception du véhicule est intervenue le 23 octobre 2001. L’autorisation de la Cnca (Commission nationale des contrats de l’administration – NDLR) présentée par la commune est postérieure à la réception puisqu’elle est datée du 25 novembre 2001. Cela signifie que la commune a acquis l’ambulance sans procéder à un appel d’offres et sans l’autorisation de la Cnca, en violation des dispositions de l’article 5 du décret n° 82-690 portant réglementation des marchés publics, modifié.’’.

Des marchés octroyés à des entrepreneurs en toute illégalité

C’est par entente directe que la commune de Mbour a confié les travaux de réhabilitation de la clôture et des vestiaires du stade municipal qui sont d’un montant de 19 989 200 Fcfa à l’entreprise Serigne Saliou Mbacké qui n’a pas fait la preuve de ses capacités juridique, technique et financière à les réaliser. Dans cette affaire, la commune de Mbour a bénéficié d’une autorisation de commande directe de la part de la Cnca. Seulement, notent les services dirigés par Abdou Bame Guèye, ’’les pièces justificatives requises pour autoriser une commande directe ne sont pas versées au dossier : rapport spécial de justification du recours, accompagné selon le cas d’un certificat d’exclusivité ou d’un certificat de carence en plus de moyens de publicité’’. La Cour des comptes constate l’exécution d’un marché pour des travaux d’aménagement et de réhabilitation de l’hôtel de ville, sans approbation du représentant de l’État Or, le montant du marché dépasse la somme de 50 millions de Fcfa. Le marché avait été confié à la société Egcd.

Cette société Egcd semble être bien être servie par la commune de Mbour. La commune de Mbour avait entrepris des dépenses de réparation de chaussées, d’aménagement du réseau électrique, de réparation d’équipements scolaires, de construction de salles de spectacles, de créations de terrains multisports, d’aménagements des stades et de travaux de balayage pour respectivement 9 254 168, 18 168 047, 5 501 160, 4 999 660, 17 493 500 et 8 968 000 Fcfa. Toutes ces dépenses devaient être soumises à la procédure de demande de renseignements et de prix. Ce qui frappe la Cour des comptes, c’est que les demandes ont les mêmes dates d’émission (le 10 septembre 2003 et de délai (le 25 septembre 2003), alors qu’il s’agit de dépenses de nature différente.

L’ensemble des marchés, à l’exception d’un seul, est octroyé à l’entreprise Egcd. Pire, il y a le marché pour la gestion des ordures ménagères confié à l’entreprise Transports Mamadou BA et qui est d’un montant de 109 200 000 Fcfa. Le marché a été octroyé à cette entreprise à la suite d’un appel d’offres auquel ont soumissionné deux autres sociétés Ereco et Senthras. L’entreprise Transports Mamadou BA qui gagne ce marché est la seule parmi les soumissionnaires à n’avoir pas présenté des documents attestant sa capacité technique.

Le secrétaire municipal se tape une indemnité kilométrique

La Cour des comptes reproche à la commune de Mbour d’encaisser des recettes à l’occasion de la délivrance des autorisations de construire, ce qui ne figure pas à la nomenclature budgétaire des collectivités locales, le maintien en activité d’agents ayant atteint l’âge de la retraite, d’avoir indûment alloué de 1999 à 2003, un montant global de 2 700 000 Fcfa, à titre d’indemnité kilométrique à son secrétaire municipal, sans les pièces justificatives, d’avoir alloué des primes de motivation sans autorisation budgétaire d’un montant global de 800 000 Fcfa à des agents chargés du recouvrement de la patente et des impôts. Elle dénonce également des dysfonctionnements dans le billetage, l’inexistence d’une commission de paiement et la non tenue d’un registre de paiement, l’absence des pièces justificatives des opérations de paiement et non tenue d’une comptabilité de caisse.

Sur décision du maire qui les a nommés, deux comptables des matières se sont succédé durant la période 2000. Des actes de nomination qui ne respectent pas les dispositions de l’article 10.c de l’instruction n°4 du ministère de l’Economie et des Finances relative à la comptabilité des matières aux termes desquelles ’’les comptables des matières sont nommés par le ministre chargé des Finances, sur proposition du ministre de tutelle. Il en est de même s’il s’agit d’une commune ou d’un établissement public’’. Du fait de l’absence de documents comptables, la Cour des comptes considère que la comptabilité des matières est inexistante de 1999 à 2003 dans la commune de Mbour. Et, note la Cour des comptes ; ’’A cause de cette situation, des sorties définitives de véhicules non justifiées ont été constatées. Il s’agit d’une Renault Laguna immatriculée TH 6012 A, d’une Mitsubishi TREDIA immatriculée TH 5000 A, d’un tracteur MF 360, d’un porte-bac et de deux bennes basculables’’. Elle constate qu’en violation de l’instruction n° 19/PR/SG/IGE du 16 juillet 1984, les véhicules de la commune ne sont pas dotés de carnets de bord mentionnant les motifs des déplacements, les heures des mouvements, les destinations, « le kilométrage » et les quantités de carburant servies.

Gestion irrégulière des domaines

La Cour des comptes a examiné la gestion des domaines par la commune de Mbour. C’est ainsi que la commune a eu à effectuer les lotissements suivants : Liberté II, Golf, Zone Sonatel, Thiocé Est Oncad et Darou Salam Gouye Mouride. Plusieurs irrégularités ont été relevées dans la gestion de ces opérations, par la Cour des comptes. Elle dénonce des irrégularités dans la quasi-totalité des lotissements. Des lotissements qui ne sont pas autorisés par l’autorité compétente en la matière, en l’occurrence le ministre chargé de l’Urbanisme et qui sont gérés par des particuliers.

Les mis en cause nient

Les autorités communales de Mbour mises en cause dans le rapport nient toutes les accusations portées contre elles dans le rapport. C’est ainsi que M. Tafsir Demba Diouf qui a été maire de Mbour du 24 février 2001 au 26 décembre 2001. Sur le défaut d’établissement des comptes administratifs, M. Tafsir Demba Diouf soutient qu’il ne pouvait le faire en 2001 pour la gestion écoulée celle de 2000, d’autant que le maire d’alors, M. Moussa Ndoye avait été révoqué et la loi ne lui fait pas obligation de se soumettre à cette exigence. Concernant l’acquisition de l’ambulance sans appel d’offres, il soutient que son acquisition ’’obéissait au souci de la commune de Mbour de répondre aux préoccupations des populations et des autorités sanitaires quant à la nécessité de faire face, aux évacuations sanitaires car le Centre de santé de Mbour ne disposait pas d’ambulance. Le Conseil municipal avait alors inscrit dans le budget 2001, une enveloppe pour doter Mbour d’une ambulance. C’est ainsi que nous avons adressé une lettre à la Cnca (lettre n° 436 du 18 octobre 2001) pour une autorisation de passer un marché par entente directe avec M. Mamadou Diop.’’. Tafisr Demba Diouf soutient avoir reçu par lettre en date du 25 octobre, l’autorisation de la Cnca.

Pour ce qui est des irrégularités notées dans la gestion du carburant, il martèle que Mbour étant une ville carrefour, tout maire qui y est élu, est confronté à des sollicitations de carburant. Il précise, concernant la gestion des lotissements par des particuliers, que c’est son magistère qu’une telle pratique a été arrêtée et aucun parmi eux n’a eu à lui remettre de l’argent pour des opérations de ce genre.

M.Djibril Sy qui est mis en cause dans le rapport pour avoir bénéficié illégalement d’indemnité kilométrique en sa qualité de secrétaire municipal sans pièces justificatives, rejette en bloc. A l’en croire : ’’le premier mandat relatif à l’indemnité kilométrique est antérieur à la période concernée par le contrôle de la Cour des comptes 1999 –2003, et ce mandat avant d’être visé pour paiement par le percepteur du Trésor, Receveur municipal est contrôlé et l’ensemble des pièces obligatoires...sont exigées.’’.

Quant à l’ancien maire Mbaye Diagne, il s’est borné d’indiquer dans sa lettre qu’il confirme les éléments de réponse qu’il a déjà fournis dans le cadre de la suite à donner au pré-rapport.

- Par Mayaram -

mardi 4 août 2009

Sénégal: Restauration de la Mangrove - Joal Fadiouth reçoit 160 millions fcfa

Pour un montant de 160 millions de FCfa sur une durée totale de 5 ans, 20 ha vont être reboisés à Fadiouth pour régénérer la mangrove. La cérémonie de lancement a eu lieu samedi dernier, dans l'île aux Coquillages.
Ce projet va permettre une meilleure exploitation de la mangrove et un renforcement des capacités d'exploitation de la population de Joal Fadiouth. Il a été réalisé en partenariat avec le haut conseil des lignées maternelles de Fadiouth. Le rôle socioéconomique et écologique de la mangrove, a souligné Pierre Dioh, adjoint au maire, est une réalité. En effet, elle contribue directement aux moyens d'existence ruraux en fournissant des produits ligneux et non ligneux. Le conseiller n° 1 du ministère de l'Environnement, Ndiawar Dieng, a souligné que les mangroves constituent un écosystème particulier qui procure des ressources importantes (forestières et halieutiques) pour les populations de la côte. De l'avis de Ndiawar Dieng, restaurer la mangrove dans les zones dégradées sur un total de 20 ha revient à protéger le littoral, assainir le cadre de vie des populations, appuyer les activités de transformation des produits halieutiques.
Ce programme porteur de développement au bénéfice des populations vient conforter l'engagement de l'entreprise Total Sénégal. Son Directeur général, Bruno Vincent, a affirmé, lors de la cérémonie de lancement, que le projet a été rendu possible grâce à un financement tripartite : 79 millions de la Fondation Total, 47 millions du Comité de parrainage Afrique Moyen-Orient de Total et 34 millions de Total Sénégal.
Amath Sigui Ndiaye

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...