Erigé en commune par décret, Popenguine a désormais son maire depuis les élections locales du 22 mars dernier. Il s’appelle Mamadou Mansour Thiandoum. Il appréhende sereinement la grande affluence du pèlerinage marial et compte poursuivre la tradition de bonne cohabitation des différentes communautés religieuses dans la commune. Le maire Mamadou Mansour Thiandoum est professeur de techniques agricoles de formation. Nous l’avons rencontré chez lui, au village de Ndayane, à côté de Popenguine. Il a accueilli avec beaucoup de joie l’érection de la nouvelle commune qui comprend les villages de Ndayane (le plus gros avec plus de 6000 habitants), Popenguine et Popenguine-Sérère. Mansour Thiandoum appréhende la fête de Pentecôte et le pèlerinage au sanctuaire marial avec sérénité. Même si un budget n’a pas encore été voté pour sa mairie, il s’appuie, pour la circonstance, sur le comité local qui existe depuis des années. Pour le pèlerinage marial 2009, des arrêtés préfectoraux ont été pris pour interdire les baignades sur la plage, les ventes de boissons alcoolisées au sanctuaire ainsi que les soirées dansantes. A ces dispositions habituelles, la nouvelle équipe municipale ajoute l’imposition de taxes fixées entre 100 et 1000 francs pour les commerçants qui vont affluer. Ce sera une baisse relative par rapport aux 1500 francs imposés les autres années. Le parking, dans un espace réservé à l’écart, sera gratuit. De communauté rurale rattachée à Diass, Popenguine, avec ses quelque 12 000 habitants, son grand sanctuaire marial et ses activités de pêche et d’agriculture, a besoin d’un nouveau mode de gestion. La commune qui abrite également un palais présidentiel et surtout une grande activité touristique, a un bon potentiel économique. De nouvelles routes goudronnées changent déjà son visage tourné vers un avenir prometteur. C’est en tous cas l’objectif du maire Thiandoum et ses 36 conseillers. Ils comptent faire des délibérations et demander (comme l’autorise le code électoral) le changement du nom de la commune en proposant « Commune de Popenguine-Ndayane » afin que tous les habitants se retrouvent dans cette appellation. Pour Mansour Thiandoum, un parent du regretté Cardinal Thiandoum, la cohabitation religieuse harmonieuse des communautés musulmane et chrétienne est une réalité tangible qu’il entend soutenir chaque jour. 27 AMBULANCES MÉDICALISÉES SUR PLACE Le pèlerinage marial de Popenguine de cette année est l’objet d’un important dispositif sanitaire. Selon le médecin chef de la région médicale de Thiès, Dr Diack, 27 ambulances médicalisées seront mobilisées et 15 postes avancés seront mis en place. Les camions médicaux du ministère de la Santé seront aussi de la partie, de même que la Croix-Rouge. Le pavillon militaire a été entièrement équipé. Le camp médical sera basé au terrain de football, près du district sanitaire. J. PIRES |
dimanche 31 mai 2009
Le maire veut perpétuer la bonne cohabitation des communautés
RECTEUR PÈRE PIERRE FRANÇOIS : Rester à l’écoute de Dieu
Le nouveau recteur du sanctuaire marial de Popenguine, le père Pierre François, travaille en bonne intelligence avec le curé père Jean Gabriel. Récemment arrivé du Cameroun, il connaît le Sénégal où il a séjourné entre 1999 et 2000, en tant que stagiaire à l’église Sainte Anne de Bel Air. Son rôle est surtout articulé sur la vie du sanctuaire et les pèlerins. A ce titre, il est membre du Comité national d’organisation et il a multiplié les démarches et les activités ces derniers jours, dans le feu des préparatifs. La paroisse Notre Dame de la Délivrande accueille une basilique mineure et comprend un sanctuaire marial, ce qui lui confère une dimension spéciale sur le plan religieux. A côté de la paroisse, il faut également tenir compte de la mission catholique avec ses composantes, les Frères de Saint Jean, les Sœurs de Saint Jean, les Filles du Saint Cœur de Marie, le Centre Saint Kisito (qui relève de l’archidiocèse de Dakar), la Grotte et l’église basilique. Donnant des recommandations aux pèlerins, Père Pierre François leur souhaite beaucoup de grâces et surtout de rester à l’écoute de Dieu en se mettant à son rythme. J.P. |
PÈLERINAGE MARIAL DE POPENGUINE : Accueillir le Christ, Parole de vie et d’espérance
L’amour, l’espérance et la Parole du Christ seront au cœur de la 121eme édition du pèlerinage marial de Popenguine prévue lundi prochain. Cette année, les pèlerins chrétiens méditeront la Parole du Christ source de vie. « Avec et comme Marie, accueillons le Christ Parole de vie et d’espérance », c’est le thème de la 121eme édition du pèlerinage marial de Popenguine qui aura lieu lundi. Ce thème permettra aux milliers de fidèles chrétiens de méditer sur les bienfaits de la Vierge Marie qui est donnée à tous les Chrétiens pour être mère. « Une mère qui, comme toute mère, n’a autre désir que le bonheur de ses enfants. Par sa vie, Marie nous montre que c’est en Dieu seul que nous trouverons ce bonheur », a rappelé le recteur du sanctuaire marial de Popenguine, le frère Pierre François Queinnec. « C’est pour cela que le chrétien aime Marie et accepte de recevoir d’elle cette éducation pour un jour voir Dieu face à face », explique-t-il. En s’inspirant du thème, le recteur a indiqué que Marie avait l’espérance, car en elle vivait Jésus-Christ, un Esprit qui est don, amour mais aussi vérité. Selon lui, l’homme ne doit jamais séparer l’amour et la vérité. Les chrétiens, durant ce pèlerinage, vont essayer de cultiver cet amour pour que la paix de Jésus-Christ règne dans leurs cœurs. Chaque fois que l’homme sépare l’amour et la vérité, son espérance s’affaiblit, « car nous nous replions sur nous-mêmes en devenant esclaves de nos peurs et de nos illusions. Nos luttes deviennent alors des combats insensés parce que sans Dieu », a souligné le frère Pierre François Queinnec. Il a invité les chrétiens qui prendront part à ce pèlerinage à se tourner vers Marie qui conduit l’homme vers son divin fils, vainqueur de tout mal et de tout péché. C’est cette certitude d’une victoire déjà acquise par le mystère de la croix qui redonne à l’homme l’espérance. « Bienheureuse celle qui a cru dans les paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur », a-t-il lancé. « A l’école de Marie, laissons-nous habiter, nous aussi, par cette parole porteuse du bonheur », prie le frère Queinnec. Eugène KALY |
INNOVATIONS ÉDUCATIVES : UN FORUM POUR CAPITALISER LES PRATIQUES
Les 2, 3 et 4 juin prochains, le Cices va abriter le forum national sur les innovations éducatives. Hier au Breda, le Collectif national de l’éducation alternative et populaire (Cneap), l’Unesco/Breda et le ministère de l’Éducation ont conjointement organisé une conférence de presse pour revenir sur les tenants et aboutissants de cette manifestation. Selon Cassa Diagne, le président du comité d’organisation du forum, celui-ci servira de cadre de partage, de rencontre, de capitalisation et de mutualisation des pratiques des différents acteurs se réclamant de l’Education. 12% des enfants en âge de scolarisation sont laissés en rade par le système scolaire formel et 59% des adolescents et des adultes sont analphabètes. Pourtant dans le cadre de l’atteinte des Omd, le Sénégal, comme tous les autres pays, vise l’Éducation pour tous (Ept) en 2015. A en croire le directeur de la Planification et de la Réforme de l’Education, Djibril Ndiaye Diouf, « on ne peut pas atteindre l’Ept en comptant uniquement sur l’éducation formelle ». Aly DIOUF |
MONDE RURAL : Le Ps demande la distribution des semences et vivres
Durant son dernier Bureau politique, les socialistes ont invité les autorités à assister le monde rural. Ils sont aussi revenus sur les conclusions des Assises nationales qui, selon eux, ouvrent la voie aux ruptures indispensables. Les socialistes invitent le gouvernement à « se pencher sur les difficultés actuelles du monde rural » et à organiser une distribution de vivres de soudure, de semences, d’engrais, de matériels agricoles et de produits phytosanitaires en qualité satisfaisante et en quantité suffisante. En outre, le Parti socialiste (Ps) engage le régime à ouvrir, dans les meilleurs délais, des négociations sérieuses avec les syndicats afin de trouver des solutions qui prennent en compte les revendications légitimes des travailleurs et mettent fin au calvaire des populations. Par ailleurs, cette formation politique est revenue sur les conclusions des Assises nationales. A l’en croire, elles annoncent un changement d’ère en ce sens qu’elles « ouvrent la voie aux ruptures indispensables que notre pays ne peut différer indéfiniment sans risquer de se perdre ». Les conclusions indiquent également, selon le Ps, des orientations stratégiques à partir desquelles pourraient être impulsées les réformes structurelles nécessaires à la viabilité et à la pérennité de l’Etat, de la République et de la démocratie ainsi qu’à l’efficacité des politiques publiques. Selon le communiqué, il reste maintenant « à engager la mise en œuvre de ces conclusions ». Le chantier prioritaire, informe ledit communiqué, doit être axé vers la diffusion la plus large possible et la vulgarisation des conclusions des Assises nationales, en vue de leur appropriation par les populations, de tous âges et de toutes catégories socioprofessionnelles. Aussi, les socialistes invitent-ils les parties prenantes à rester ouvertes aux observations, aux suggestions et aux critiques, « d’où qu’elles viennent, pourvu qu’elles servent les intérêts du pays ». Aly DIOUF |
SESSION DU CONSEIL RÉGIONAL DE THIES : LES CLIVAGES POLITIQUES RALENTISSENT LE TRAVAIL
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Les 3 groupes politiques qui constituent le Conseil régional de Thiès : Liberté démocratie (Coalition Sopi), Benno (Benno Siggil Sénégal) et de And Liguey Sénégal, dénommé groupe Libérale ont du mal à accorder leur violon. La pomme de discorde demeure l’interprétation de l’article 44 du Code des collectivités ayant trait à la mise en place des commissions. Ainsi, la session, qui a été ouverte mardi dernier en présence de l’adjoint au gouverneur chargé du Développement, Amadou Makhtar Cissé et de son président Idrissa Camara a été bloquée. La séance a été suspendue la mi-journée pour reprendre aux environs de 23 heures. Le groupe Liberté démocratie n’a pas agréé la répartition des 15 commissions de travail qui donne 8 au Benno, 4 au groupe Liberté démocratie et 3 au groupe Libérale. Ce qui a été refusé par le président du groupe Liberté démocratie Serigne Mboup dont le groupe s’est retiré non sans réitérer leur volonté à mettre leurs compétences au service du Conseil. Mbaye BA |
jeudi 28 mai 2009
Youssou N’Dour : portrait d’un griot moderne.

Il a grandi « enchevauché » entre deux maisons. Son père, parce qu’il avait épousé une fille de griot et n’était pas griot, avait dû quitter la « grande maison », celle où, dans la tradition de la caste, les faits et gestes du quotidien au même titre que l’histoire passée nourrissent les récits des poètes musiciens. A ses 10 ans, Youssou est réclamé par sa grand-mère maternelle. « J’ai dormi pendant cinq ans dans sa chambre, j’avais le privilège de l’écouter longuement avant de dormir. Et le matin, je me levais tôt pour aller lui chercher de l’eau. » Les canalisations n’étaient pas encore arrivées dans la Médina, quartier pauvre de Dakar, qu’il traversait le mercredi et le week-end pour aller rejoindre ses parents et l’atelier de ferraille paternel.
De leur mésalliance, il tire sa liberté et sa destinée. « Le griot, à l’époque, ne se faisait respecter que lorsqu’il chantait dans les mariages, les baptêmes. Sinon, il n’attirait pas l’attention dans la vie de chaque jour. » Entre les premières cérémonies, où il se produit à 13 ans, et ses tours de chauffe dans un théâtre avec son groupe de musiciens, où il découvre que « des gens sont prêts à payer un billet pour venir [les] écouter », Youssou N’Dour a choisi. Il sera un « griot moderne ».
Porté par une voix à nulle autre pareille, où résonnent les anciens, l’envie de changer le monde et une touche de muezzin, il est monté au firmament. Vénéré au Sénégal pour sa réussite, admiré sur la scène musicale pour ses audaces, messager de l’Afrique auprès du G8, il a rejoint la caste des artistes planétaires. « C’est la plus belle voix du monde », avait dit son découvreur, Peter Gabriel qui l’avait lancé dans le circuit. « Il était venu me voir alors que je passais pour la première fois à Londres. Je ne connaissais même pas sa musique. Il m’a invité à venir chez lui où il préparait son album So. Nous avons passé deux jours extraordinaires à chanter… C’est amusant, je dois l’avoir justement au téléphone aujourd’hui, on se parle toujours de nos projets, des nouvelles technologies et de leur influence sur l’industrie de la musique. »
En ces années world music et bands aid, Youssou N’Dour aurait pu tourner en orbite, une maison à Londres, une autre à New York. Au lieu de quoi, s’il globe-trotte toujours d’un concert à une conférence sur le paludisme, il ne se pose qu’à Dakar, son territoire. Et s’il a beaucoup de biens, tous ont une seule adresse : le Sénégal. Siège de la Youssou Inc.
Car ce griot-là, grand et élégant, très sur son quant-à-soi, est un cas d’espèce. Un entrepreneur hors pair. Qui le voit, côté cuisine, dériver ses produits jusqu’à publier, les Recettes de ma mère. Et, côté justes causes, lancer, voilà quelques semaines, une société de microcrédit avec l’appui financier de Benetton, baptisée Birima, du nom d’un ancien roi du Sénégal généreux et mélomane. « Il n’avait qu’une parole et la respectait. Donc, l’idée de Birima, c’est que les gens redeviennent crédibles par la parole donnée. » La parole, en guise de garantie simplifiée.
« Il est loin de l’image des anciens musiciens qui se soûlaient la gueule. C’est foncièrement un businessman, ce qui ne retire rien à son talent artistique, résume le jeune rappeur sénégalais Didier Awadi. Toute sa vie, il a osé, en musique comme en affaires. »
A ses débuts, « You », comme le surnomme Dakar, fusionne salsa et tradition, réinvente le rythme Mbalax, il s’essaie au R’n’B, à la musique arabe dans son album Egypte qui vante un islam éclairé, il approche le jazz, convoque le blues… Toujours à sa guise. Il a assuré ses positions à Dakar depuis longtemps maintenant, avec un studio moderne nommé Xippi, un label, Jololi, sous lequel il produit les jeunes musiciens sénégalais. Et il possède plusieurs clubs, dont le Thiossane où, avec son groupe le Super Etoile, il fait danser jusqu’au petit matin.
Youssou tient son marché en mains, en homme avisé. Quand les majors se prennent à rêver d’avoir dégotté un Phil Collins noir, puis quand elles comprennent que la rentabilité d’un chanteur en langue wolof ne va pas de soi, il sait qu’il peut compter sur sa base arrière. Même le tube 7 Seconds, en duo avec Neneh Cherry, n’a pas dévié sa trajectoire. Anglais pour elle, Wolof pour lui. Il se veut artiste du monde, pour l’Afrique.
A Dakar, son pouvoir s’étend aussi à la communication. Son groupe de presse, qui compte une radio, Radio Futur Medias (RFM), et un quotidien, l’Observateur, qui revendique le premier tirage du pays (55 000 exemplaires), doit se doter d’une télévision. « Si les gens ne sont pas informés, ils ne peuvent pas décider par eux-mêmes. C’est comme ça que l’on voit encore dans des pays d’Afrique, des gens être achetés pour leurs votes. C’est terrible ! Souvenez-vous aussi du rôle des médias [comme la radio des 1 000 collines, ndlr] dans les massacres du Rwanda. »
Lui fait bon ménage avec le pouvoir en place au Sénégal. Un temps, vu son appétit tout-terrain, on l’a dit partant pour la politique. Il était flatté. Puis tenté. Aujourd’hui, il en a fini avec cette idée, prétend qu’il n’en a pas le talent : « Les gens avec moi mangeraient des pierres. » Sans doute a-t-il senti que ce pouvoir-là lui rognerait les ailes. Il lui préfère les combats humanitaires. En juillet, il sera au Japon pour le G8, avec Bono. « Nous sommes parvenus à créer une nouvelle diplomatie, à faire avancer les choses sur l’annulation de la dette, les objectifs du millénaire, la lutte contre le paludisme. »
Des chefs d’Etat et de gouvernement qu’il a rencontrés, il cite Tony Blair en premier pour avoir mis son poids dans la balance sur la dette. S’il réprouve Bush sur l’Irak et bien d’autres choses, il reconnaît « ses efforts » dans la lutte contre le paludisme et le sida. A la France, il préfère évoquer l’Union européenne qui a établi une relation « plus claire, plus crédible » avec l’Afrique. Quant à Nicolas Sarkozy, qui, dans son discours de Dakar, a eu des relents néocolonialistes, il glisse qu’il « aura d’autres occasions de rectifier sa maladresse ».
Tempéré et rassembleur, Youssou N’Dour voudrait rééquilibrer les plateaux de la balance. « L’Afrique a eu ses idées, ses inventions, ses visions, il faut les faire resurgir. Nous avons beaucoup reçu de la part des pays développés mais nous nous souvenons que nous avons aussi beaucoup apporté. »
Demain soir, quand la lumière s’allumera sur Bercy, il n’aura plus ces accents missionnaires, cette distance d’homme d’affaires, cette voix neutre et froide qui déçoit. Alors, celle-ci s’élèvera, polychrome et virtuose, pour la fête de la diaspora sénégalaise. Un grand bal africain d’une nuit qu’il a institué, auquel il convie une soixantaine d’invités de Dakar comme on donne des étrennes, où la danse réunira ceux venus de Milan, de Bruxelles et de la région parisienne. Alors, il chantera pour toute la famille, des refrains d’amour pour les femmes, des histoires sociales pour les hommes et des messages pour tous.
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