jeudi 28 mai 2009

GROGNES A LA GENERATION DU CONCRET : Karim récupère les CV de ses proches !

Le bruit a couru que le chef de file des concrétistes a lâché bon nombre des siens au sortir de sa risée électorale. Mieux encore, d’aucuns ont même argué que le leader de la G.C était sur le point d’ensevelir définitivement la page de son mouvement eu égard à la pile de départements ministériels qui lui ont été confiés par son Président de père. Une situation qui n’a pas manqué de générer des frustrations de part et d’autre au sein des responsables locaux de la génération du concret, qui n’ont pas trop appréhendé cette nouvelle donne. Le silence de Karim, et sa volonté de faire appel à des experts et cadres étrangers sitôt qu’il a été promu ministre de la coopération internationale et des infrastructures, n’a pas été très bien vu par des responsables du mouvement et Sénégalais bon teint. Qui plus est, il en existe parmi ces derniers, certains qui ont dû mettre la main jusqu’au fond de la poche pour remporter les élections dans leurs fiefs. Et qui, en contre partie se voient tout simplement reléguer au second plan par le prince nouvellement élu.
Pour autant selon plusieurs sources concordantes, ces allégations sont loin de traduire la vérité dans la mesure où, juste après sa nouvelle promotion, Karim a adressé une correspondance à ses proches à qui il a demandé de lui faire parvenir leurs «curriculum vitae». «Il n’y a jamais eu d’abandon, c’est faux, il nous a demandé à tous de lui envoyer nos CV et présentement nous y sommes. Karim est en voyage, mais, il est très stratège et si l’on ne comprend pas ses méthodes, on risque de se tromper. Par contre, nous autres responsables continuons notre travail et à l’heure actuelle, nous ratissons large parce qu’il faut savoir que bien avant les élections nous n’avons pas cessé d’œuvrer pour la massification de la G.C. Aujourd’hui, nous poursuivons notre bonhomme de chemin parce qu’en définitive, notre objectif est encore loin» nous a confié un proche du prince. Des propos qui ne rencontrent pas l’adhésion d’un des responsables les plus en vue de la G.C à Dakar qui semble être convaincu par l’hypothèse d’un volte-face de Karim. «On s’est investi sur fonds propres lors des élections et grâce à Dieu nous avons réussi à tirer notre épingle du jeu et à octroyer à la coalition Sopi nos suffrages. Mais aujourd’hui, je vous dis que je ne comprends plus rien. Je n’ai pas été consulté pour une question quelconque. Mais vous savez nous autres, nous n’avons rien à perdre. À la limite, je veux dire que Karim n’est pas plus valeureux que nous. Nous sommes des citoyens et Dieu sait que nous avons réussi notre vie à la sueur de notre front, on ne se plaint pas. Maintenant, s’il y’a une rétention d’information, nous ne pouvons que restez dans notre coin et observer» fait remarquer un membre éminent de la G.C. Au demeurant, il ne serait pas hasardeux d’énoncer que les démons de la division seraient sur le point de faire irruption à la G.C. Et pour cause, les membres du mouvement basés à Paris sont montés tout récemment au créneau pour déplorer le fait qu’ils ont été laissés pour compte. Au niveau local une question reste insondable. Tous les responsables ont-ils été saisis pour le dépôt des CV ?
Source 24HChrono

AVANCEE DE LA MER Menace sur le secteur du tourisme et le village traditionnel de Saly Coulang

Vingt cocotiers arrachés et engloutis par les flots, des cases broyées, des fondations entaillées, un littoral jonché de racines d’arbres et une vingtaine de mètres de plages totalement submergées. C’est le triste spectacle offert aux Résidences Téranga, au cours de la matinée d’hier jeudi 7 mai 2009 à Saly Portudal qui dans sa furie n’a rien épargné sur son passage. En attestent les photos montrent l’ampleur du phénomène. L’avancée de la mer s’est signalée depuis quarante-huit heures à Saly-Portudal. Du coup, le village traditionnel de Saly-Coulang est menacé de disparition.
Pathé Dia, directeur de Téranga, émet des craintes quant à l’avenir de la saison touristique dans la station balnéaire de Saly-Portudal. Pis, il s’attend à des répercussions socio-économiques avec la baisse des activités. Pour lui, les conséquences de ce phénomène d’avancée de la mer sont incalculables.
La modification du décor et les changements liés à l’érosion côtière ont poussé, en moins de deux jours, la clientèle à un changement d’attitude et de comportements. Avec l’absence de la plage envahie par la mer, ils réclament des remboursements. Pour eux, la plage est un élément intégral du produit touristique (package vendu avec soleil et plage).
A l’en croire, le tour opérator Thomas Cook brandie la rupture. La perte du Tour Oprator équivaut à une baisse d’activités à Téranga avec comme incidences financières des pertes de recettes et d’emplois. Suffisant pour qu’il appelle à trouver des solutions avant qu’on en soit là. Selon Pathé Dia, si la situation perdure, des mesures de compression du personnel vont s’opérer. Ce qui va entraîner des pertes d’emploi. Car la gérance va se trouver dans l’obligation de diminuer ses charges et dépenses.
Interrogé sur le phénomène, le directeur de Téranga Saly rappelle que c’est un investissement de cinq milliards de francs qui est en jeu et ne peut être abandonné. Il compte faire un sacrifice en investissant 235 millions de francs pour se protéger de la furie des flots en mettant en place des installations.
D’autres réceptifs touristiques ont déjà enfourché le même cheval. Mais en se protégeant, elles ont transféré le problème sur d’autres installations littorales. C’est pourquoi ils sont accusés d’être les principaux responsables, avec la mise en place de chenaux, ponton, canaux et écluses hors normes. Ce qui représente une menace grave pour le village de Saly Coulang. Car si Téranga parvient à être protégé, tel ne sera pas le cas pour le village traditionnel des pêcheurs de Saly.
Le phénomène d’avancée est en train désastre dans la petite côte. Les causes sont d’abord naturelles de l’avis d’observateurs. Ensuite, chaque réceptif a conçu des aménagements pour se protéger sans associer les autres. Cela cause beaucoup de désagréments.
A en croire Pathé Dia, le premier responsable de l’aménagement dans la station balnéaire de Saly-Portudal reste la Sapco. Mais elle traîne les pieds pour la recherche de solution globale à l’érosion côtière. Les nombreuses réunions convoquées n’ont pas permis de trouver une solution idoine à la protection du littoral contre l’avancée de la mer.
De bonnes intentions existent avec des démarches faites auprès d’institutions de coopération qui veulent commanditer des études pour trouver des solutions au moment où des installations hôtelières en bordure de mer sont submergées par les vagues.
Source Sud

AJ/PADS A MBOUR : La Fédération départementale éclate

Le Secrétaire général de Aj/Pads, Landing Savané, était à Mbour ce week-end pour mettre en place un bureau fédéral du parti. Déjà le 08 mars dernier, Ndiogou Sarr Dièye avait installé un autre bureau, sous la supervision de Bassirou Faty. Un parti, deux bureaux fédéraux, autant dire que le parti est éclaté à Mbour.
A Mbour, Landing Savané a confirmé l’exclusion de Mamadou Diop « Decroix » qu’il a accusé d’avoir voulu dissoudre son parti dans le Parti démocratique sénégalais (Pds). Il a, par ailleurs, salué l’unité au sein de l’opposition.
Landing Savané a souhaité rencontrer les leaders de Benno pour créer un pôle encore beaucoup plus fort. Il a mis à profit sa présence dans la capitale de la Petite Côte pour assister à l’installation d’un bureau fédéral dirigé par El Hadji Sidiya Diaboula. C’était en présence de cinq délégués de secteur sur 7.
M. Diaboula, qui a réitéré son engagement, avec tous les membres du bureau derrière Landing Savané, a considéré que toute autre attitude serait de nature à créer une division au sein du parti. Incontestablement, Aj/Pads est dans une zone d’incertitudes à Mbour. Car, après l’installation d’un premier bureau fédéral que dirige Ndiogou Sarr Dièye, voilà qu’un autre vient de naître. Ce que Yakham Diop, chargé de la communication du bureau fédéral ne comprend pas. Il s’est dit surpris de voir Landing venir installer un bureau, alors que celui qui existe a fonctionné normalement. « Pourquoi cette velléité délibérée de vouloir liquider le parti », s’est-il exclamé, avant de déclarer que du 12 au 14 juin prochains, se tiendra le congrès, seul gage de règlement de cette crise au sein du parti.

Restauration de la rue : une manne annuelle de plus de 3 milliards de Fcfa.


Un peu partout dans les coins de rue de Dakar, vendeurs et clients se côtoient souvent dans une insalubrité inquiétante. Pourtant le gouvernement et les acteurs s’ils organisent le secteur pourraient y gagner largement. Une étude d’Enda-Graf sur la restauration de la rue le démontre. ReportageSur un coin de la rue 9 à la Médina, Aissatou Samb tient une gargote. A l’intérieur, une vieille table accueille des ustensiles de cuisine : bols en plastique de couleur verte, des serviettes défraîchies. De l’autre côté de la tente qui sert d’abri, une marmite bout sur un fourneau qui a dû connaître des jours meilleurs.
Des maçons, des apprentis de cars rapides, ou de simples anonymes sont attablés. Ils attendent d’être servis par la maîtresse des lieux. Dans un récipient en aluminium, Aissatou plonge sa main à un rythme régulier pour en ressortir des cuillères qu’elle remet aux clients, qui mangent goulûment le riz aux poissons : le plat du jour.
A l’opposé de la rue 9, Amadou Guèye sert du café Touba. Un café très prisé par les sénégalais. Ici entre deux gorgées du succulent breuvage, les discussions vont bon train sur la marche du pays.
La restauration de la rue est devenue un phénomène social. Une réalité dans un pays où la pauvreté est presque endémique. Une récente étude d’Enda Graf, une filiale d’Enda tiers-monde, auprès de 600 femmes dans la région de Dakar démontre que celles-ci s’orientent vers la restauration de rue :« Ces femmes sont dans ce secteur pour cause de dévaluation de FCFA intervenue en 1994 et l’instauration de la journée continue au Sénégal ». souligne l’étude.
Sur plan économique, l’activité nourrit son homme. Près de 1800 emplois ont été crées et le chiffre d’affaires annuel est évalué par l’étude à 3,3 milliards de FCFA
D’où, le plaidoyer du chef de l’enquête M. Mohamed Sy. Il estime qu’il faut valoriser ce secteur, l’organiser, l’appuyer pour éviter les nombreuses contraintes qui le minent.
Cependant, les inquiétudes ne manquent pas. Elles sont liées selon les enquêteurs au manque d’hygiène et au non contrôle des aliments consommés.
De l’avis de l’étude, les plats sont déjà préparés dans les maisons pour la plupart des cas avant d’être vendus dans la rue. En plein air. Dans des espaces insalubres où les mouches élisent domicile.
Les analyses réalisées dans les laboratoires montrent que les aliments sont contaminés avant d’arriver sur les lieux de vente.
Conséquences : leur consommation donne de la diarrhée, des maux de ventre et d’autres maladies gastriques.
L’étude d’Enda Graf préconise l’organisation du secteur pour minimiser les dangers.
Pendant ce temps, Aissatou Samb et Amadou Guèye continuent de vendre leurs marchandises pour nourrir leurs familles.

HÔPITAL PRINCIPAL DE DAKAR : Mgr Théodore Adrien Sarr au chevet des malades

L’Hôpital Principal de Dakar (HPD) a reçu hier, dans la matinée, la visite du cardinal Théodore Adrien Sarr. L’archevêque de Dakar s’est rendu au chevet des malades hospitalisés dans les unités de l’hôpital.
Le cardinal Théodore Adrien Sarr a visité hier l’Hôpital Principal de Dakar. A l’occasion, le Dg de l’hôpital, le Pr Boubacar Wade, a expliqué les spécificités de la structure. L’HPD est un hôpital d’instruction des armées, avec une capacité hospitalière de 420 lits. Il est le plus grand pôle d’urgence réanimation de l’Afrique de l’Ouest (recevant plus de 40.000 malades par an) mais également un centre international de formation.
Le chef de l’église a visité presque toutes les unités de la structure notamment la banque de sang, le centre d’explorations fonctionnelles multidisciplinaires, le concentrateur d’oxygène, l’Imagerie à résonance magnétique (Irm), la fédération des laboratoires, la crèche, la pédiatrie, le nouveau pavillon des tirailleurs sénégalais inauguré par chef de l’Etat en février 2009 et le nouveau bâtiment de la psychiatrie. Le Pr Boubacar Wade a affirmé que la visite du cardinal est « un moment de rappel pour des valeurs comme la sagesse, la solidarité entre les hommes, le respect de l’autre, de la vie humaine. En somme le respect des valeurs religieuses ». Pour lui, ces valeurs sous-tendent l’action des soignants, car « les soins sont au service de l’humanité ». Aussi, il a estimé que la visite va « matérialiser l’harmonie entre les communautés religieuses de l’hôpital et un dialogue inter religieux ». Il a annoncé la réhabilitation de la maternité dans un mois.
Le cardinal a servi une messe à la chapelle « Notre Dame de Lourde » de l’hôpital à laquelle a participé le ministre de la Santé, Mme Thérèse Coumba Diouf. Dans son homélie, l’archevêque a invité toute la communauté chrétienne et ceux exerçant des responsabilités dans la société « à faire don de soi et surtout de donner sans compter », rappelant les paroles du Seigneur : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, donc plus de joie à soigner qu’à être soigné ». Mgr Sarr a aussi invité à accorder plus d’attention aux couches vulnérables.
« Travailler à secourir les pauvres, les faibles, les handicapés et les personnes âgées, à être des hommes et des femmes attentifs pour répondre à leurs besoins », a-t-il lancé aux travailleurs. Le cardinal a prié et béni les malades, surtout les enfants hospitalisés à la pédiatrie. Il a indiqué que « les soins médicaux et les services techniques ne suffisent pas. Il faut être en mesure d’offrir également au malade cette médecine spirituelle particulière pour redonner au patient l’amour de la vie et l’encourager à lutter pour celle-ci ».
Source le Soleil

Luc Nicolaï menacé de mort

Le promoteur de lutte Luc Nicolaï risque la mort. C’est la menace qui lui a été brandie hier, vers les coups de 21 heures. Le promoteur mbourois a, en effet, reçu deux appels anonymes sur son portable. Ces derniers l’ont menacé de mort, si toutefois il organisait son combat le 26 juillet, date à laquelle Gaston Mbengue a aussi programmé le sien. Il compte porter plainte contre X ce matin.
«Soo organisé sa combat le 26, dinaala rey. Dina deug sa l..f…ndèye» (si tu organises ton combat le 26 je vais te tuer fils de p…), tels sont les mots proférés contre Luc Nicolaï. Le promoteur de Mbour a reçu deux appels hier qui le menaçaient de mort, s’il maintenait la date du 26 pour organiser son combat. Une information confirmée par Luc Nicolaï qui s’en est ouvert immédiatement à Sérigne Bara, son marabout. «Effectivement, j’ai reçu deux appels ce soir (hier soir). Il m’a menacé et insulté si toutefois, je maintenais le combat pour le 26 juillet. Croyant que c’est un de mes amis qui blaguait avec moi, il a rappelé une nouvelle fois en menaçant de me tuer si je ne retire pas la date. J’ai immédiatement saisi mon marabout Sérigne Bara pour lui rendre compte. Présentement, je suis à Mbour, mais je viens sur Dakar demain (aujourd’hui) et je vais tirer l’affaire au clair car, je vais me battre jusqu’au bout», a indiqué Luc Nicolaï. En effet, il compte déposer une plainte contre X dés ce matin. «Je vais déposer une plainte contre X une fois à Dakar. Je demande aux autorités de prendre leurs responsabilités, car je ne me laisserai pas faire. Je connais bien les auteurs de ces menaces, car nous avons localisé le cellulaire avec lequel il m’a appelé. Je lui ai même dit que je serai à Dakar, et que s’il est un homme qu’il me trouve dans mon hôtel car, il connaît mon adresse», ajoute le promoteur. Selon lui, «personne ne pourra me faire reculer. Je vais par A ou B organiser mon combat. Je suis même prêt à l’organiser au stade Alassane Djigo. J’ai utilisé tous les moyens nécessaires pour ça». Le Cng n’a pas pu trouver une autre date pour Luc Nicolaï à l’occasion de sa réunion d’hier. Rien de concret n’a en tout cas été retenu s’agissant de ce combat. «Nous attendons demain (ndlr : aujourd’hui) pour que le Cng nous fixe sur notre sort». A indiqué Mbaye Diagne responsable des montages de combats à «Luc Nicolaï Production». La date du 2 juillet au stade Demba Diop qui a été retenu par le promoteur de Mbour à défaut de la date du 26 du même mois, a été choisie par un autre promoteur pour un gala de lutte au stade Iba Mar Diop. Alors que, selon le règlement du Cng, deux combats de lutte ne peuvent se dérouler le même jour dans le même département. Le promoteur de Mbour maintien donc la date du 26 juillet pour la tenue du combat Balla Bèye N°2 contre Lac de Guiers N°2 au stade Amadou Barry.

Sources 24hChrono

jeudi 14 mai 2009

Mahmoud Ahmadinejad : L’homme qui fâche l’Occident


PORTRAIT -

Il a encore remis çà. A Genève, durant la conférence de « Durban II », le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié Israël d’Etat « raciste ». Ce qui a provoqué l’ire des Occidentaux. Les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations Unies ou encore le Vatican ont « déploré l’utilisation de cette plate-forme par le président iranien pour mettre en accusation, diviser et même provoquer ». Pour mieux comprendre ce président énigmatique, voici son portrait sans modèle.

On l’aime ou on le déteste. Mais, c’est moins une préoccupation pour lui qu’une tasse de thé. Mahmoud Ahmadinejad fonce toujours. Il tient à ses convictions comme le ferait un néo-converti. Sur l’international, ses sorties sont remarquées, en témoigne celle de cette semaine à Genève quand il a qualifié Israël d’Etat « raciste ». C’est parce qu’il dit ce qu’il pense sans faire dans la langue de bois. Ça, ce n’est surtout pas son registre. Lui, c’est quelqu’un qui affiche ses amitiés, mais aussi ses inimitiés. Au vu et au su de tous. Il a crié sous tous les cieux, dans tous les fora et sur toutes les tribunes son amitié avec Hugo Chavez et le Venezuela, les frères Fidel et Raoul Castro de Cuba, mais aussi tous les régimes gauchisants d’Amérique latine et du tiers monde. Plusieurs traits communs sont à noter sur ces amitiés à la carte : des pays du Sud qui font difficilement face au capitalisme ou n’étant pas du tout en odeur de sainteté avec les Etats-Unis d’Amérique.
Les relations diplomatiques entre ce pays et le sien sont rompues à la suite de l’affaire de la prise d’otages des 444 jours à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran dont lui, leader estudiantin, serait un des initiateurs. Il a, plus tard, tenté de les rétablir. C’était en mai 2006, quand il envoyait une lettre au gouvernement américain. Le président de l’époque, Georges Bush, avait choisi de ne pas lui répondre officiellement ; lui reprochant son caractère uniquement « philosophique » et qualifiant au passage les forces iraniennes au pouvoir de « petite élite cléricale qui isole et opprime son peuple ». Ahmadinejad, connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, répond : « dans un avenir proche, nous allons vous juger devant le tribunal des peuples (...) Ceux qui ont jusqu’au coude, les mains dans le sang des peuples qui sont impliqués partout où il y a des guerres et l’oppression, qui déclenchent des guerres en Asie et en Afrique, qui tuent des gens par millions (...) Vous qui soutenez les crimes du régime fantoche sioniste, vous qui soutenez la destruction des maisons des Palestiniens, (...) vous n’êtes pas qualifiés pour parler des droits de l’Homme et des libertés ».
Bush, c’est connu de tous, était l’ennemi juré de ce conservateur pur et dur. En octobre 2005, il a, dans un discours sur le droit d’existence de l’Etat d’Israël, déclaré qu’« Israël doit être rayé de la carte ». Les raison avancées ? Pour lui, « le régime sioniste se comporte comme Hitler ». Il renouvelait son adhésion aux propos de l’Ayatollah Khomeini selon qui « ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps ». Il est toujours intraitable. On le voit condamner le conflit israélo-libanais, se réjouir de l’imminence de la mort d’Ariel Sharon, soutenir que « ce sont les Européens qui ont pris la responsabilité de l’holocauste » ou des propos du genre « ceux qui se tiennent aux côtés du régime sioniste s’exposent à la colère du monde ». Il a soutenu aussi le Hamas pendant la guerre de Gaza et a défié une énième fois le monde et l’Agence internationale de l’énergie atomique pour doter son pays du nucléaire civil. Faisant sienne l’idée selon laquelle « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », Ahmadinejad essaie de renforcer ses relations avec la Russie. C’est ainsi qu’il a mis en place un bureau spécialement à cet effet. Il a travaillé avec Vladimir Poutine sur la question nucléaire.
Une planification aux facettes multiples pour accéder à la magistrature suprême
D’où est-ce que Ahmadinejad tient son caractère de fonceur qui lui tient à la peau ? Cet homme, né le 28 octobre1956 à Aradann, un village près de Garmsar, une bourgade situé à 90 kilomètres de Téhéran, est issu d’une famille modeste. Il est le quatrième enfant d’une fratrie de sept. Son père était forgeron lorsque la famille a déménagé à Téhéran, après avoir exercé les métiers d’épicier et de coiffeur. Le déménagement de la famille à Téhéran coïncide avec le changement de leur nom de famille qui était à l’origine Saborjhian, selon Hussein D. Hassan ou Sabarian, selon Vincent Hugueux. Les Ahmadinejad emportant avec eux, à Téhéran, l’islam traditionnel des campagnes iraniennes et le conservatisme qui l’accompagne.Abbas Milani soutient que les parents du jeune Ahmadinejad participaient régulièrement aux événements organisés par les organisations religieuses de quartier, et leur fils mettait un zèle tout particulier à l’apprentissage du Coran et à l’accomplissement des devoirs religieux.
À cette époque, le « mahdisme » a connu un renouveau dans les milieux populaires, sous l’impulsion des « Hojjatieh ». Cette secte, fondée en 1953, fut, selon Michel Taubmann, condamnée pour hérésie par le clergé chiite. En rupture avec l’interprétation majoritaire, les Hojjatieh considèrent, en effet, que les croyants, loin d’apprendre passivement, doivent au contraire hâter le retour du Madhi [messie] en précipitant le monde dans l’apocalypse ». Selon toujours Taubmann, on retrouve des membres des Hojjatieh dans l’entourage d’Ahmadinejad, après son accession à la présidence et que lui même reprend leurs thèse. Sa date de naissance fait de lui un scorpion. Les personnes qui ont ce signe zodiacal sont souvent « très énergiques, passionnées et émotives. Ce sont des extrêmes. », apprend-on avec les astrologues.
Cet ancien de l’université de science et de technologie (Elm-o Sanaat) est membre de la Société islamique des ingénieurs, mais possède une base plus puissante dans l’Alliance des bâtisseurs de l’Iran islamique (Abadgaran), militait en faveur d’une conception stricte de la « foi islamique » la seule qui, à ses yeux, puisse créer un élan révolutionnaire ». En 1978, « Ahmadinejad participe à la fondation d’une association islamique des étudiants d’Elm-o Sanaat. Peu après, celle-ci se coalise avec d’autres associations pour former l’Organisation des associations islamiques (...) qui sera connue sous le nom d’Osu. Ahmadinejad fait partie du Conseil central de cinq membres qui dirigent l’Osu. » Hassan Daioleslam se souvient : « Dans les universités, les partisans de Khomeyni, dont Ahmadinejad faisait partie, compensaient leur impopularité croissante par le recours à la violence. Ils faisaient la chasse aux femmes qui ne portaient pas de tchador, ils leur interdisaient l’accès aux cours. ». Ahmadinejad représente alors le pouvoir clérical dans l’université, avec Mojtaba Hachemi-Samareh, qui l’accompagnera durant toute sa carrière, en tant que conseiller ou chargé de missions spéciales.
Un an avant la guerre Iran-Irak, il obtient à 31 ans, un doctorat en ingénierie des transports publics. C’était en 1987. Selon Hussein Hassan, Ahmadinejad aurait été instructeur au sein de l’organisation des Basij, un mouvement de masse dont les jeunes membres avaient été préparés à mourir en martyrs pour le nouveau régime. À la fin de la guerre contre l’Irak, les gardes de la révolution et les Basij qui sont démobilisés sont choqués par la corruption de certains leaders. Les plus dévots parmi eux, dont fait partie Ahmadinejad, planifient alors un retour aux valeurs des premiers jours de la révolution. Mahmoud Ahmadinejad devient gouverneur des villes de Maku et de Khoy, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental. Il est nommé gouverneur général de la province d’Ardabil. Il sera élu trois années de suite meilleur gouverneur d’Iran. C’est pendant ces moments qu’il s’investit dans l’organisation du Ansar-e Hezbollah, une milice islamique radicale. Il sera relevé de ses fonctions en 1997, avec l’arrivée au pouvoir du réformateur Mohammad Khatami. Il repart enseigner à l’université de science et de technologie. Il profite du mouvement de mécontentement envers le mouvement de réforme et se fait élire, en 2003, maire de Téhéran par un conseil municipal dominé numériquement par la très conservatrice Coalition des développeurs d’un Iran islamique. Il se sert de sa position pour développer un réseau fort de fondamentalistes membres de la Coalition des développeurs d’un Iran islamique. Il veut opérer un retour en arrière sur les réformes libérales du président Khatami, se positionnant comme le leader d’un seconde révolution islamique, qui vise à éradiquer la corruption et les influences occidentales de la société iranienne. Ce monogame et père de deux garçons et d’une fille se positionne comme le représentant des déshérités et de tous ceux qui ont perdu leurs illusions à cause du fossé grandissant entre riches et pauvres, de la perte des valeurs islamiques pour accéder à la magistrature suprême. En juin 2005, il arrive, de manière inattendue, en deuxième position avec 19,4 % des voix derrière l’ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani qui obtient 21,1 % des voix. Au second tour de la présidentielle, le 24 juin, il l’emporte largement avec 61,69 % des voix contre 35,93 % à Rafsandjani.
Pour certains observateurs de la vie politique iranienne, l’élection d’Ahmadinejad à la présidence de la République islamique d’Iran n’est pas un accident, mais « le résultat de deux ans de planification compliquée et aux facettes multiples » par une coalition qui inclut des Commandants des gardiens de la révolution, des représentants du clergé, des dirigeants du mouvement Basij et les amis et alliés qu’Ahmadinejad s’est fait pendant son mandat à la mairie de Téhéran, mais aussi le soutien apporté par le guide de la révolution, l’Ayatollah Ali Khamenei, l’homme fort du pays, successeur de Rouhollah Khomeini.
Par Aly DIOUF

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...