jeudi 28 mai 2009

Restauration de la rue : une manne annuelle de plus de 3 milliards de Fcfa.


Un peu partout dans les coins de rue de Dakar, vendeurs et clients se côtoient souvent dans une insalubrité inquiétante. Pourtant le gouvernement et les acteurs s’ils organisent le secteur pourraient y gagner largement. Une étude d’Enda-Graf sur la restauration de la rue le démontre. ReportageSur un coin de la rue 9 à la Médina, Aissatou Samb tient une gargote. A l’intérieur, une vieille table accueille des ustensiles de cuisine : bols en plastique de couleur verte, des serviettes défraîchies. De l’autre côté de la tente qui sert d’abri, une marmite bout sur un fourneau qui a dû connaître des jours meilleurs.
Des maçons, des apprentis de cars rapides, ou de simples anonymes sont attablés. Ils attendent d’être servis par la maîtresse des lieux. Dans un récipient en aluminium, Aissatou plonge sa main à un rythme régulier pour en ressortir des cuillères qu’elle remet aux clients, qui mangent goulûment le riz aux poissons : le plat du jour.
A l’opposé de la rue 9, Amadou Guèye sert du café Touba. Un café très prisé par les sénégalais. Ici entre deux gorgées du succulent breuvage, les discussions vont bon train sur la marche du pays.
La restauration de la rue est devenue un phénomène social. Une réalité dans un pays où la pauvreté est presque endémique. Une récente étude d’Enda Graf, une filiale d’Enda tiers-monde, auprès de 600 femmes dans la région de Dakar démontre que celles-ci s’orientent vers la restauration de rue :« Ces femmes sont dans ce secteur pour cause de dévaluation de FCFA intervenue en 1994 et l’instauration de la journée continue au Sénégal ». souligne l’étude.
Sur plan économique, l’activité nourrit son homme. Près de 1800 emplois ont été crées et le chiffre d’affaires annuel est évalué par l’étude à 3,3 milliards de FCFA
D’où, le plaidoyer du chef de l’enquête M. Mohamed Sy. Il estime qu’il faut valoriser ce secteur, l’organiser, l’appuyer pour éviter les nombreuses contraintes qui le minent.
Cependant, les inquiétudes ne manquent pas. Elles sont liées selon les enquêteurs au manque d’hygiène et au non contrôle des aliments consommés.
De l’avis de l’étude, les plats sont déjà préparés dans les maisons pour la plupart des cas avant d’être vendus dans la rue. En plein air. Dans des espaces insalubres où les mouches élisent domicile.
Les analyses réalisées dans les laboratoires montrent que les aliments sont contaminés avant d’arriver sur les lieux de vente.
Conséquences : leur consommation donne de la diarrhée, des maux de ventre et d’autres maladies gastriques.
L’étude d’Enda Graf préconise l’organisation du secteur pour minimiser les dangers.
Pendant ce temps, Aissatou Samb et Amadou Guèye continuent de vendre leurs marchandises pour nourrir leurs familles.

HÔPITAL PRINCIPAL DE DAKAR : Mgr Théodore Adrien Sarr au chevet des malades

L’Hôpital Principal de Dakar (HPD) a reçu hier, dans la matinée, la visite du cardinal Théodore Adrien Sarr. L’archevêque de Dakar s’est rendu au chevet des malades hospitalisés dans les unités de l’hôpital.
Le cardinal Théodore Adrien Sarr a visité hier l’Hôpital Principal de Dakar. A l’occasion, le Dg de l’hôpital, le Pr Boubacar Wade, a expliqué les spécificités de la structure. L’HPD est un hôpital d’instruction des armées, avec une capacité hospitalière de 420 lits. Il est le plus grand pôle d’urgence réanimation de l’Afrique de l’Ouest (recevant plus de 40.000 malades par an) mais également un centre international de formation.
Le chef de l’église a visité presque toutes les unités de la structure notamment la banque de sang, le centre d’explorations fonctionnelles multidisciplinaires, le concentrateur d’oxygène, l’Imagerie à résonance magnétique (Irm), la fédération des laboratoires, la crèche, la pédiatrie, le nouveau pavillon des tirailleurs sénégalais inauguré par chef de l’Etat en février 2009 et le nouveau bâtiment de la psychiatrie. Le Pr Boubacar Wade a affirmé que la visite du cardinal est « un moment de rappel pour des valeurs comme la sagesse, la solidarité entre les hommes, le respect de l’autre, de la vie humaine. En somme le respect des valeurs religieuses ». Pour lui, ces valeurs sous-tendent l’action des soignants, car « les soins sont au service de l’humanité ». Aussi, il a estimé que la visite va « matérialiser l’harmonie entre les communautés religieuses de l’hôpital et un dialogue inter religieux ». Il a annoncé la réhabilitation de la maternité dans un mois.
Le cardinal a servi une messe à la chapelle « Notre Dame de Lourde » de l’hôpital à laquelle a participé le ministre de la Santé, Mme Thérèse Coumba Diouf. Dans son homélie, l’archevêque a invité toute la communauté chrétienne et ceux exerçant des responsabilités dans la société « à faire don de soi et surtout de donner sans compter », rappelant les paroles du Seigneur : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, donc plus de joie à soigner qu’à être soigné ». Mgr Sarr a aussi invité à accorder plus d’attention aux couches vulnérables.
« Travailler à secourir les pauvres, les faibles, les handicapés et les personnes âgées, à être des hommes et des femmes attentifs pour répondre à leurs besoins », a-t-il lancé aux travailleurs. Le cardinal a prié et béni les malades, surtout les enfants hospitalisés à la pédiatrie. Il a indiqué que « les soins médicaux et les services techniques ne suffisent pas. Il faut être en mesure d’offrir également au malade cette médecine spirituelle particulière pour redonner au patient l’amour de la vie et l’encourager à lutter pour celle-ci ».
Source le Soleil

Luc Nicolaï menacé de mort

Le promoteur de lutte Luc Nicolaï risque la mort. C’est la menace qui lui a été brandie hier, vers les coups de 21 heures. Le promoteur mbourois a, en effet, reçu deux appels anonymes sur son portable. Ces derniers l’ont menacé de mort, si toutefois il organisait son combat le 26 juillet, date à laquelle Gaston Mbengue a aussi programmé le sien. Il compte porter plainte contre X ce matin.
«Soo organisé sa combat le 26, dinaala rey. Dina deug sa l..f…ndèye» (si tu organises ton combat le 26 je vais te tuer fils de p…), tels sont les mots proférés contre Luc Nicolaï. Le promoteur de Mbour a reçu deux appels hier qui le menaçaient de mort, s’il maintenait la date du 26 pour organiser son combat. Une information confirmée par Luc Nicolaï qui s’en est ouvert immédiatement à Sérigne Bara, son marabout. «Effectivement, j’ai reçu deux appels ce soir (hier soir). Il m’a menacé et insulté si toutefois, je maintenais le combat pour le 26 juillet. Croyant que c’est un de mes amis qui blaguait avec moi, il a rappelé une nouvelle fois en menaçant de me tuer si je ne retire pas la date. J’ai immédiatement saisi mon marabout Sérigne Bara pour lui rendre compte. Présentement, je suis à Mbour, mais je viens sur Dakar demain (aujourd’hui) et je vais tirer l’affaire au clair car, je vais me battre jusqu’au bout», a indiqué Luc Nicolaï. En effet, il compte déposer une plainte contre X dés ce matin. «Je vais déposer une plainte contre X une fois à Dakar. Je demande aux autorités de prendre leurs responsabilités, car je ne me laisserai pas faire. Je connais bien les auteurs de ces menaces, car nous avons localisé le cellulaire avec lequel il m’a appelé. Je lui ai même dit que je serai à Dakar, et que s’il est un homme qu’il me trouve dans mon hôtel car, il connaît mon adresse», ajoute le promoteur. Selon lui, «personne ne pourra me faire reculer. Je vais par A ou B organiser mon combat. Je suis même prêt à l’organiser au stade Alassane Djigo. J’ai utilisé tous les moyens nécessaires pour ça». Le Cng n’a pas pu trouver une autre date pour Luc Nicolaï à l’occasion de sa réunion d’hier. Rien de concret n’a en tout cas été retenu s’agissant de ce combat. «Nous attendons demain (ndlr : aujourd’hui) pour que le Cng nous fixe sur notre sort». A indiqué Mbaye Diagne responsable des montages de combats à «Luc Nicolaï Production». La date du 2 juillet au stade Demba Diop qui a été retenu par le promoteur de Mbour à défaut de la date du 26 du même mois, a été choisie par un autre promoteur pour un gala de lutte au stade Iba Mar Diop. Alors que, selon le règlement du Cng, deux combats de lutte ne peuvent se dérouler le même jour dans le même département. Le promoteur de Mbour maintien donc la date du 26 juillet pour la tenue du combat Balla Bèye N°2 contre Lac de Guiers N°2 au stade Amadou Barry.

Sources 24hChrono

jeudi 14 mai 2009

Mahmoud Ahmadinejad : L’homme qui fâche l’Occident


PORTRAIT -

Il a encore remis çà. A Genève, durant la conférence de « Durban II », le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié Israël d’Etat « raciste ». Ce qui a provoqué l’ire des Occidentaux. Les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations Unies ou encore le Vatican ont « déploré l’utilisation de cette plate-forme par le président iranien pour mettre en accusation, diviser et même provoquer ». Pour mieux comprendre ce président énigmatique, voici son portrait sans modèle.

On l’aime ou on le déteste. Mais, c’est moins une préoccupation pour lui qu’une tasse de thé. Mahmoud Ahmadinejad fonce toujours. Il tient à ses convictions comme le ferait un néo-converti. Sur l’international, ses sorties sont remarquées, en témoigne celle de cette semaine à Genève quand il a qualifié Israël d’Etat « raciste ». C’est parce qu’il dit ce qu’il pense sans faire dans la langue de bois. Ça, ce n’est surtout pas son registre. Lui, c’est quelqu’un qui affiche ses amitiés, mais aussi ses inimitiés. Au vu et au su de tous. Il a crié sous tous les cieux, dans tous les fora et sur toutes les tribunes son amitié avec Hugo Chavez et le Venezuela, les frères Fidel et Raoul Castro de Cuba, mais aussi tous les régimes gauchisants d’Amérique latine et du tiers monde. Plusieurs traits communs sont à noter sur ces amitiés à la carte : des pays du Sud qui font difficilement face au capitalisme ou n’étant pas du tout en odeur de sainteté avec les Etats-Unis d’Amérique.
Les relations diplomatiques entre ce pays et le sien sont rompues à la suite de l’affaire de la prise d’otages des 444 jours à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran dont lui, leader estudiantin, serait un des initiateurs. Il a, plus tard, tenté de les rétablir. C’était en mai 2006, quand il envoyait une lettre au gouvernement américain. Le président de l’époque, Georges Bush, avait choisi de ne pas lui répondre officiellement ; lui reprochant son caractère uniquement « philosophique » et qualifiant au passage les forces iraniennes au pouvoir de « petite élite cléricale qui isole et opprime son peuple ». Ahmadinejad, connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, répond : « dans un avenir proche, nous allons vous juger devant le tribunal des peuples (...) Ceux qui ont jusqu’au coude, les mains dans le sang des peuples qui sont impliqués partout où il y a des guerres et l’oppression, qui déclenchent des guerres en Asie et en Afrique, qui tuent des gens par millions (...) Vous qui soutenez les crimes du régime fantoche sioniste, vous qui soutenez la destruction des maisons des Palestiniens, (...) vous n’êtes pas qualifiés pour parler des droits de l’Homme et des libertés ».
Bush, c’est connu de tous, était l’ennemi juré de ce conservateur pur et dur. En octobre 2005, il a, dans un discours sur le droit d’existence de l’Etat d’Israël, déclaré qu’« Israël doit être rayé de la carte ». Les raison avancées ? Pour lui, « le régime sioniste se comporte comme Hitler ». Il renouvelait son adhésion aux propos de l’Ayatollah Khomeini selon qui « ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps ». Il est toujours intraitable. On le voit condamner le conflit israélo-libanais, se réjouir de l’imminence de la mort d’Ariel Sharon, soutenir que « ce sont les Européens qui ont pris la responsabilité de l’holocauste » ou des propos du genre « ceux qui se tiennent aux côtés du régime sioniste s’exposent à la colère du monde ». Il a soutenu aussi le Hamas pendant la guerre de Gaza et a défié une énième fois le monde et l’Agence internationale de l’énergie atomique pour doter son pays du nucléaire civil. Faisant sienne l’idée selon laquelle « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », Ahmadinejad essaie de renforcer ses relations avec la Russie. C’est ainsi qu’il a mis en place un bureau spécialement à cet effet. Il a travaillé avec Vladimir Poutine sur la question nucléaire.
Une planification aux facettes multiples pour accéder à la magistrature suprême
D’où est-ce que Ahmadinejad tient son caractère de fonceur qui lui tient à la peau ? Cet homme, né le 28 octobre1956 à Aradann, un village près de Garmsar, une bourgade situé à 90 kilomètres de Téhéran, est issu d’une famille modeste. Il est le quatrième enfant d’une fratrie de sept. Son père était forgeron lorsque la famille a déménagé à Téhéran, après avoir exercé les métiers d’épicier et de coiffeur. Le déménagement de la famille à Téhéran coïncide avec le changement de leur nom de famille qui était à l’origine Saborjhian, selon Hussein D. Hassan ou Sabarian, selon Vincent Hugueux. Les Ahmadinejad emportant avec eux, à Téhéran, l’islam traditionnel des campagnes iraniennes et le conservatisme qui l’accompagne.Abbas Milani soutient que les parents du jeune Ahmadinejad participaient régulièrement aux événements organisés par les organisations religieuses de quartier, et leur fils mettait un zèle tout particulier à l’apprentissage du Coran et à l’accomplissement des devoirs religieux.
À cette époque, le « mahdisme » a connu un renouveau dans les milieux populaires, sous l’impulsion des « Hojjatieh ». Cette secte, fondée en 1953, fut, selon Michel Taubmann, condamnée pour hérésie par le clergé chiite. En rupture avec l’interprétation majoritaire, les Hojjatieh considèrent, en effet, que les croyants, loin d’apprendre passivement, doivent au contraire hâter le retour du Madhi [messie] en précipitant le monde dans l’apocalypse ». Selon toujours Taubmann, on retrouve des membres des Hojjatieh dans l’entourage d’Ahmadinejad, après son accession à la présidence et que lui même reprend leurs thèse. Sa date de naissance fait de lui un scorpion. Les personnes qui ont ce signe zodiacal sont souvent « très énergiques, passionnées et émotives. Ce sont des extrêmes. », apprend-on avec les astrologues.
Cet ancien de l’université de science et de technologie (Elm-o Sanaat) est membre de la Société islamique des ingénieurs, mais possède une base plus puissante dans l’Alliance des bâtisseurs de l’Iran islamique (Abadgaran), militait en faveur d’une conception stricte de la « foi islamique » la seule qui, à ses yeux, puisse créer un élan révolutionnaire ». En 1978, « Ahmadinejad participe à la fondation d’une association islamique des étudiants d’Elm-o Sanaat. Peu après, celle-ci se coalise avec d’autres associations pour former l’Organisation des associations islamiques (...) qui sera connue sous le nom d’Osu. Ahmadinejad fait partie du Conseil central de cinq membres qui dirigent l’Osu. » Hassan Daioleslam se souvient : « Dans les universités, les partisans de Khomeyni, dont Ahmadinejad faisait partie, compensaient leur impopularité croissante par le recours à la violence. Ils faisaient la chasse aux femmes qui ne portaient pas de tchador, ils leur interdisaient l’accès aux cours. ». Ahmadinejad représente alors le pouvoir clérical dans l’université, avec Mojtaba Hachemi-Samareh, qui l’accompagnera durant toute sa carrière, en tant que conseiller ou chargé de missions spéciales.
Un an avant la guerre Iran-Irak, il obtient à 31 ans, un doctorat en ingénierie des transports publics. C’était en 1987. Selon Hussein Hassan, Ahmadinejad aurait été instructeur au sein de l’organisation des Basij, un mouvement de masse dont les jeunes membres avaient été préparés à mourir en martyrs pour le nouveau régime. À la fin de la guerre contre l’Irak, les gardes de la révolution et les Basij qui sont démobilisés sont choqués par la corruption de certains leaders. Les plus dévots parmi eux, dont fait partie Ahmadinejad, planifient alors un retour aux valeurs des premiers jours de la révolution. Mahmoud Ahmadinejad devient gouverneur des villes de Maku et de Khoy, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental. Il est nommé gouverneur général de la province d’Ardabil. Il sera élu trois années de suite meilleur gouverneur d’Iran. C’est pendant ces moments qu’il s’investit dans l’organisation du Ansar-e Hezbollah, une milice islamique radicale. Il sera relevé de ses fonctions en 1997, avec l’arrivée au pouvoir du réformateur Mohammad Khatami. Il repart enseigner à l’université de science et de technologie. Il profite du mouvement de mécontentement envers le mouvement de réforme et se fait élire, en 2003, maire de Téhéran par un conseil municipal dominé numériquement par la très conservatrice Coalition des développeurs d’un Iran islamique. Il se sert de sa position pour développer un réseau fort de fondamentalistes membres de la Coalition des développeurs d’un Iran islamique. Il veut opérer un retour en arrière sur les réformes libérales du président Khatami, se positionnant comme le leader d’un seconde révolution islamique, qui vise à éradiquer la corruption et les influences occidentales de la société iranienne. Ce monogame et père de deux garçons et d’une fille se positionne comme le représentant des déshérités et de tous ceux qui ont perdu leurs illusions à cause du fossé grandissant entre riches et pauvres, de la perte des valeurs islamiques pour accéder à la magistrature suprême. En juin 2005, il arrive, de manière inattendue, en deuxième position avec 19,4 % des voix derrière l’ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani qui obtient 21,1 % des voix. Au second tour de la présidentielle, le 24 juin, il l’emporte largement avec 61,69 % des voix contre 35,93 % à Rafsandjani.
Pour certains observateurs de la vie politique iranienne, l’élection d’Ahmadinejad à la présidence de la République islamique d’Iran n’est pas un accident, mais « le résultat de deux ans de planification compliquée et aux facettes multiples » par une coalition qui inclut des Commandants des gardiens de la révolution, des représentants du clergé, des dirigeants du mouvement Basij et les amis et alliés qu’Ahmadinejad s’est fait pendant son mandat à la mairie de Téhéran, mais aussi le soutien apporté par le guide de la révolution, l’Ayatollah Ali Khamenei, l’homme fort du pays, successeur de Rouhollah Khomeini.
Par Aly DIOUF

mardi 12 mai 2009

En route vers le sommet de l’Etat : Les hommes de Karim Wade

En coulisses Karim Meïssa Wade (KMW,* 38 ans), fils du Président Abdoulaye Wade,et depuis peu ministre d’Etat, n’est que la tête d’affiche d’un vaste mouvement à la manoeuvre depuis quelques temps : La Génération du concret (GC).On les retrouve au gouvernement, à des postes-clés au palais, ou bien, recasés à l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique (Anoci). Quant à la GC, elle sert d’embryon politique, de pépinière.
Avant la défaite électorale du 22 mars, l’ascension politique de Karim Wade semblait réglée comme du papier à musique et était orchestrée par une équipe dont les principales figures sont connues de tous les Sénégalais. Toutefois, qu’ils soient ministres, dirigeant d’entreprises publiques ou personnalités de la société civile tentant d’intégrer cette caravane en route vers le sommet, très peu font partie du premier cercle, très restreint.
Abdoulaye Baldé semble avoir pris une avance décisive sur ses concurrents. Commissaire de police de formation, docteur en finances publiques, diplômé de l’ENA de Paris, ce quadragénaire est, depuis mai 2001, secrétaire général à la présidence de la République. Baldé occupe une ; autre place stratégique : directeur exécutif de l’Anoci dotée d’un budget de 143 milliards de F.CFA, selon Baldé, mais de plusieurs centaines de milliards de F.CFA soutiennent les adversaires de la GC qui réclament un audit public. Face à la déroute des principaux leaders du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) au cours des municipales du 22 mars, le technocrate Baldé, qui a terrassé l’ancien socialiste Robert Sagna, maire de Ziguinchor depuis 26 ans, fait une entrée remarquée dans l’arène politique.
L’autre homme de confiance du nouveau ministre et principal rival de Baldé était jusqu’au 22 mars, Hassane Bâ. Conseiller spécial du Président de la République, il disputait à Baldé la place de n°2 de la GC. Mais il a été battu dans sa tentative de conquête de la mairie de Boyinnadji. L’avenir s’annonce difficile pour lui. D’autant plus que dans ses nouvelles taches ministérielles, Karim Wade semble vouloir s’appuyer davantage sur la compétence que sur l’amitié.
Abdoulaye Racine Kane, son nouveau directeur de cabinet a fait carrière dans les plus hautes sphères de l’Etat, notamment au ministère de l’économie où, pendant plus d’une décennie, il a été conseiller technique. Il fut aussi le coordonnateur du Fonds européen de développement (Fed) au Sénégal, de 1987 à 2000. Avec la création de l’Anoci, Karim en fait un de ses hommes de confiance avec comme titre, coordonnateur délégué.
Boubacar Camara, choisi comme secrétaire général du super-ministre Karim Wade, est quant à lui inspecteur général d’Etat, docteur en droit, expert maritime et ancien directeur général des douanes. Il fut, en 2008, candidat mal-heureux au poste de directeur général de l’Organisation mondiale de la douane.
Deux anciens journalistes font partie de ce cercle. Madior Sylla, ex- fondé de pouvoirs au service communication de la BCEAO, passé directeur de communication de l’Anoci. Il est respecté et en impose par sa sérénité et sa courtoisie à toutes épreuves. Cheikh Diallo, 36 ans, ancien journaliste politique au quotidien Le Soleil, directeur des relations-presse du candidat Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de 2007, conseiller en communication de Karim Wade. Diplômé en sciences politiques, il manie bien le verbe. Homme de slogans et de formules, il répond coup pour coup à toutes les attaques dont Karim Wade fait l’objet dans les médias. On le présente comme le concepteur de la GC. Pendant 9 ans, Karim Wade s'est constitué un réseau d’expertise, d’amitié et d’influence. On lui prête de faire et de défaire des ministres. En tout cas, beaucoup, et non des moindres, se réclament de lui; qu’il s’agisse du gouvernement de l’avant ou après 22 mars. Awa Ndiaye, un temps pressentie à la vice présidence, Amadou Tidiane Wone, Innocence Ntap, etc.
En outre, le carnet d’adresse international de Karim Wade est des plus fourni. Nombre de chefs d’Etat du continent ne peuvent prétendre à de telles entrées aussi bien dans les milieux d’affaires que dans les chancelleries. En Afrique, d’abord, Karim Wade est ami avec des fils de chefs d’Etats. Denis-Christel Sassou Nguesso, Pascaline Bongo Ondimba et son frère Ali, notamment. Des relations facilitées par l’entregent de Robert Bourgi « Bibo », de la dynastie éponyme, spécialisée dans les tractations inter-palais en Françafrique. C’est Robert, la star de la famille. Il est plutôt déployé du côté du doyen Bongo et fait la navette entre Libreville et l’Elysée. KMW y a aussi ses entrées et y a même déjà été reçu par le président Nicolas Sarkozy en personne, qui aurait dit de lui qu’il incarne à merveille des futurs leaders de l’Afrique. Et sa relation avec Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée ne cesse de s’étoffer. Ami aussi de Richard Attias. Proche de Mohamed VI et très introduit dans les monarchies du Golfe grâce aux activités de l’Anoci, Karim Wade a bien besoin d’un jet privé s’il veut garder tous ses amis disséminés aux quatre coins du monde. Les faits parlent d’eux-mêmes. En utilisant son pouvoir discrétionnaire de nomination pour faire de KMW le nouveau «ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures», le président sénégalais apparaît du même-coup comme le metteur en scène et le scénariste du feuilleton qui agite le Sénégal. Et si les Sénégalais n’en veulent pas comme président, ils peuvent en faire un super VRP. Tout ça valait bien un ministère du ciel et de la terre.

vendredi 1 mai 2009

SENEGAL - COMPOSITION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
DE SOULEYMANE NDENE NDIAYE

MINISTRES D’ETAT (10)
M. Cheikh Tidiane SY, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, des Collectivité Locales et de la Décentralisation
M. Cheikh Tidiane GADIO, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères
3. M. Bécaye DIOP, Ministre d’Etat, Ministre des Forces Armées
4. Me Madické NIANG, Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
5. M. Abdoulaye DIOP, Ministre d’Etat, Ministre des Finances
6. M. Oumar SARR, Ministre d’Etat, Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Hydraulique et de l’assainissement
7. M. Djibo Leyti KA, Ministre d’Etat, Ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature, des bassins de rétention et des lacs artificiels
8. M. Habib SY, Ministre d’Etat, Ministre de la Fonction Publique, de l’Emploi, du Travail et des Organisations Professionnelles
9. M. Karim WADE, Ministre d’Etat, Ministre de la Coopération Internationale, l’Aménagement du Territoire, des Transports Aériens et des Infrastructures
10. Mme Ndeye Khady DIOP, Ministre d’Etat, Ministre de la Famille, de la Solidarité Nationale, de la Sécurité Alimentaire, de l’Entreprenariat Féminin, de la Micro Finance et de la Petite Enfance
MINISTRES (18)
11. M. Abdourahim AGNE, Ministre des Télécommunications, des TICs, des Transports Terrestres et des Transports Ferroviaires
12. Professeur Moustapha SOURANG, Ministre de l’Enseignement Supérieur, des Universités et des Centres Universitaires Régionaux (CUR)
13. M. Kalidou DIALLO, Ministre de l’Enseignement Préscolaire, de l’Elémentaire, et du Moyen Secondaire
14. M. Samuel Amète SARR, Ministre de l’Energie et des Biocarburants
15. M. Khouraïchi THIAM, Ministre de l’Economie Maritime, de la Pêche et des Transports Maritimes
16. Mme Thérese Coumba DIOP, Ministre de la Santé, de la Prévention et de l’Hygiène Publique
17. Mme Fatou GAYE SARR, Ministre de l’Agriculture et de la Pisciculture
18. Mme Oumou Khairy Gueye SECK, Ministre de l’Elevage DAKAR DAKAR
19. Mme Aïda MBODJ, Ministre de la Transformation Alimentaire des Produits Agricoles
20. Serigne Mamadou Bousso LEYE, Ministre de la Culture, de la Francophonie, et des Langues Nationales
21. Professeur Amadou Tidiane BA, Ministre de la Recherche Scientifique 22. M. Moussa SAKHO, Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle
23. M. Mamadou Lamine KEITA, Ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs
24. M. Faustin DIATTA, Ministre du NEPAD et des relations avec le Parlement
25. M. Sada NDIAYE, Ministre des Sénégalais de l’Extérieur
26. M. Moustapha GUIRASSY, Ministre de la Communication et Porte parole du Gouvernement
27. M. Ibrahima CISSE, Ministre de l’Industrie, des Mines et des PME
28. M. Thierno LO, Ministre de l’Artisanat, du Tourisme et des Relations avec le Secteur Privé et le Secteur Informel
29. M. Amadou NIANG, Ministre du Commerce
MINISTRES DELEGUES (3)
1. M. Abdoulaye SOW, Ministre Délégué auprès du Ministre des Finances, chargé du budget
2. M. Aliou SOW, Ministre délégué auprès du Ministre de l’Intérieur, des Collectivités Locales et de la Décentralisation, chargé des Collectivités Locales et de la Décentralisation
3. M. Khadim GUEYE, Ministre délégué auprès du Ministre de l’Agriculture et la Pisciculture chargé des relations avec les Organisations paysannes et de la Syndicalisation des Agriculteurs

mardi 28 avril 2009

Senegal: Vers la Sécurité Alimentaire

Suite aux émeutes de la faim l'année dernière, des récoltes meilleures et une augmentation de la planification du Sénégal ont conduit le Ministre de l'Agriculture, Amath Sall, à déclarer que «d'ci 2012, le Sénégal n'importera plus un seul grain de riz." Bien qu'il se soit fixé un objectif ambitieux à atteindre, le Gouvernement ne veut plus que les précédentes instabilités sociales et économiques se répètent, et a donc promis de travailler pour éviter de futures pénuries. Même si une baisse des prix du riz au cours des derniers mois a donné un répit aux consommateurs qui avaient souffert de l'inflation, les agriculteurs locaux ont été durement touchés par le déclin, qui pourrait compliquer les efforts du Gouvernement à accroître la production tout en évitant des prix élevés. Depuis la hausse au début de l'année dernière de plus de 30 dollars par sac de 50 kg de riz non traité, les prix ont baissé de façon régulière, et se situent autour de 22 dollars le sac au moment de la récolte l'an dernier. Ceci pourrait se traduire par des taux réduits en 2009, mais si cette situation de déclin perdure, elle pourrait limiter les plantations pour l'année prochaine, ce qui se traduirait par une autre augmentation du coût en 2009 et 2010. Avec cette possibilité en tète, le Gouvernement a redoublé d'efforts visant à accroître l'approvisionnement du pays en aliment de base. La production de riz est déjà entrain d'augmenter dans la région du Sahel et il est prévu d'intensifier la production agricole dans le cadre de la Grande Offensive pour la Nourriture et l'Abondance (GOANA), un programme visant à stimuler la production par le biais d'une série d'investissements ciblés et de politiques d'incitations. Ceci est certainement nécessaire. La récolte de 2007 a été exceptionnellement faible, en baisse de 26% par rapport à 2006 a cause de la sécheresse dans certaines régions et des inondations dans d'autres, ce qui a fait de la pénurie alimentaire un grave problème en 2008 selon les rapports gouvernementaux, causant un grave danger de pénurie pour plus de 1 million de personnes et laissant 2.1 millions d'autres faisant face à des questions de sécurité alimentaire. Néanmoins, des pluies suffisantes, l'aide financière et potentiellement une nouvelle lignée de riz ont contribué à améliorer les perspectives pour 2009. Les chiffres sont déjà en hausse significative pour 2008, avec une production de 220,000 tonnes de riz blanc à la mi-avril 2009, contre 100,000 tonnes pour l'ensemble de l'année précédente. Sall a grand espoir pour la récolte de cette année, prévoyant que le rendement soit un peu moins que les 600,000 tonnes consommés annuellement par la population sénégalaise de 13 millions d'habitants. Toutefois, des programmes plus grounds sont en cours d'élaboration afin d'assurer la durabilité de l'augmentation de la production du pays, y compris en réduisant les effets de la volatilité météorologiques sur la culture de riz. Le Gouvernement travaille actuellement à étendre la superficie des terres cultivées et a investi l'année dernière 1 million d'euro pour augmenter l'irrigation du Delta du Sénégal. Le Gouvernement sénégalais n'agit pas seul pour mettre en œuvre son programme. Les organisations internationales fournissent une aide financière et des programme de formation pour soutenir le développement. La plus grande de ces offres, provient du FMI, qui a accordé 76 millions de dollars en décembre pour compenser les fluctuations de l'alimentation et les coûts de l'énergie. Plus récemment, les agences gouvernementales américaines, y compris l'agence pour le Développement International (USAID) et la Millenium Challenge Corporation (MCC), ont accordé des subventions. En mars, l'USAID a octroyé 3.7 millions de dollars supplémentaires pour réduire les taux de malnutrition et accroître la sécurité alimentaire. La majeure partie du financement sera consacrée à l'amélioration des efforts de nutrition communautaire et la production dans les régions du Ziguinchor, Kolda et Sedhio. Entre-temps, la subvention de 13.39 millions de dollars accordée par le MCC vise un plus large éventail de plans, y compris l'approvisionnement en eau et les projets routiers, mais elle comprend également le financement de deux projets d'irrigation, qui complètent les programmes de GOANA. En outre, le progrè biotechnologique pourrai donner un cap de main. En effet, les chercheurs d'une association financée par l'ONU pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest, «le Centre du Riz pour l'Afrique» ont pu voir des résultats étonnants au cours de leurs tentatives de croisement pour une nouvelle variété de riz. «NERICA», ou Nouveau Riz pour l'Afrique, a été conçu pour s'adapter à un climat et des sols rudes. Le NERICA nécessite moins d'eau, peut supporter des sols salés et pousse plus rapidement que les autres types de riz, apporte et un rendement de 30%. Si les agriculteurs locaux adoptent NERICA, le Sénégal sera en mesure à la fois de réduire sa facture d'importation et d'augmenter son autonomie. Dans un pays où jusqu'à 60% de la population dépend de l'agriculture de subsistance et de l'élevage, atteindre cette sécurité de base, même à un rythme plus lent que celui espéré par le Gouvernement, sera un grand succès. Bien que la viabilité commerciale de cette nouvelle création du Centre du Riz pour l'Afrique soit encore à prouver, ses efforts mettent en évidence l'importance de la sécurité alimentaire dans la région. À court terme, le Sénégal devrait continuer à compter sur les importations de riz provenant d'Asie, mais tant que le Gouvernement continue à travailler sur l'infrastructure d'irrigation et les cadres d'investissement, le secteur agricole du pays semble en effet fertile.
Oxford Business Group

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...