mercredi 17 décembre 2008

DJILAKH : COMMUNAUTE RURALE DE SINDIA. Me Wade réaffirme sa volonté de nourrir le Sénégal



Le président de la République, Me Abdoulaye Wade a procédé hier, lundi 21 avril dans l’après-midi, à l’inauguration de la ferme agricole de Djilakh, dans la communauté rurale de Sindia du département de Mbour. À l’occasion, constatant pour s’en réjouir la réussite enregistrée à Djilakh, il a réaffirmé sa volonté de nourrir le Sénégal avec sa Grande offensive agricole nationale pour l’abondance (Goana).

Me Wade s’est réjoui hier à Djilakh, de la concrétisation d’un rêve avec le concours de la coopération espagnole. Avec un investissement de 352 millions de francs Cfa, la ferme agricole de Djilakh que le chef de l’Etat visitait hier couvre cinquante hectares et utilise les services d’une centaine de jeunes. Il est intégré à part entière dans le Plan Reva. On y cultive des melons, des courges, des pastèques, de la tomate et du poivron. Ce qui dégage en contre-saison un revenu de près de vingt-cinq millions de francs Cfa.

Interrogé à la suite de sa visite de la ferme agricole, Le président de la République, Me Abdoulaye Wade n’a pas manqué de relever après sa visite de la ferme, la relation entre la Goana et le Plan Reva qu’il a lancé depuis trois ans. Il a déclaré que c’est une première pour lui de visiter une ferme moderne dans le cadre d’un programme pour le retour à la terre des jeunes qui ont été tentés par l’émigration en Espagne. Selon lui, les jeunes peuvent gagner plus ici qu’en Europe. Pour preuve la réalisation de cette ferme. Il n’a pas manqué de remercier le président Zapaterro le Premier ministre d’Espagne qui l’ont accompagné dans ce projet. Le chef de l’Etat a également mis en exergue le fait qu’il a été le premier à lancer le plan Reva. Désormais, les choses prennent leur envol, a-t-il fait remarqué. Et d’annoncer que d’autres fermes du Plan Reva vont être bientôt livrées. Ce qui constitue pour lui, une première au Sénégal « où des jeunes mis ensemble travaillent pour disposer de revenus ». Il a loué l’action du ministre de l’Agriculture qui a porté son choix à l’intérieur du pays et dans la banlieue dakaroise.

Au de là du plan Reva, le chef de l’Etat a souligné qu’il a perçu la dynamique enclenchée comme un programme d’indépendance alimentaire à court terme. Ceci pour assurer une nourriture suffisante et abondante aux Sénégalais. Il a réaffirmé ce qui s’est fait à Djilakh va être répercuté au niveau du territoire national dans des proportions plus grandes. Il a remercié son Premier ministre qui dit-il a compris très tôt ce qu’il voulait faire. Avant d’annoncer à l’assistance qu’il va s’attaquer à l’autosuffisance alimentaire au Sénégal. Il dit être sollicité de toute part par des jeunes, des imams, des fonctionnaires engagés vers ce retour vers l’agriculture. Son Premier ministre risque d’être débordé par rapport à la demande en machine outils et en engrais des divers postulants, a-t-il assuré tout en réaffirmant que « la volonté politique est la matrice de tout ». Pour lui, le pari est à gagner à tout prix avec l’engagement des populations et la volonté politique. Il a loué de travail des jeunes de ces jeunes. Il s’est inscrit en faux contre toutes déclarations de famine au Sénégal et d’émeutes de la faim. Déclarations qu’il a qualifiées de simples agitations politiques.

Plusieurs ministres et responsables libéraux ont fait le déplacement. Le président du Sénat Pape Diop, le Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré , des sénateurs du département de Mbour pour ne citer qu’eux.À signaler que tout au long des villages qui bordent la nationale 1 jusqu’à Djilakh sur 17 kilomètres et par endroits, des sacs de riz et bidons vides ont été brandis à l’aller comme au retour du cortège présidentiel. À l’entrée de Nguèkokh cependant, le président de la République et sa délégation ont eu droit à un bain de foule au retour sur Dakar.

par Samba Niébé BA | SUD QUOTIDIEN , mardi 22 avril 2008 |

Sénégal: Délocalisation de l'école élémentaire de Poponguine - Le nouvel établissement fin prêt en janvier 2009

Le ministre de l'Education chargé du Préscolaire, de l'Elémentaire et du Moyen, Kalidou Diallo, a récemment visité le nouveau chantier de l'école élémentaire de Poponguine. Il a assuré que l'établissement sera réceptionné en fin janvier.

Ces propos sont de Kalidou Diallo, ministre de l'Eduction. L'entrepreneur, a-t-il poursuivi, a démarré les travaux en septembre et promet de tout terminer le 24 novembre.

A la fin du mois d'octobre, il fallait venir voir sur le terrain si effectivement le chantier avance et si les travaux de génie civil sont respectés pour qu'au 24 novembre, les promesses tenues soient respectées.

Kalidou Diallo a constaté quelques difficultés liées au fait que le chantier n'est pas branché à l'eau. Ce que le préfet de Mbour a promis de régler, à travers un ravitaillement en eau du chantier par un camion citerne. L'entrepreneur a, dès lors, assuré qu'au plus tard en fin novembre, les travaux seront terminés.

L'objectif de Kalidou Diallo est de faire en sorte que d'ici à Noel, les intrants pédagogiques puissent être mis en place et que, dès le retour des fêtes de fin d'année, maîtres et élèves puissent définitivement quitter l'ancienne école pour s'installer dans la nouvelle.

Il a, par ailleurs, annoncé la création au sein du ministère de l'Education, par le président de la République, de l'inspection des daaras modernes dont le décret de nomination du directeur est déjà sorti.

Ce projet va permettre la construction et l'équipement de daaras par l'Etat qui affectera des maîtres pour le module français et les talibés de Dakar et ailleurs bénéficieront de cantines scolaires pour éradiquer la mendicité.

Le Soleil, Amath Sigui Ndiaye, 17 Novembre 2008

mardi 16 décembre 2008

Sénégal: Un nouveau centre de santé à Ndiaganiao - Une infrastructure pour soulager les populations

Inauguré devant de nombreuses personnalités, le nouveau centre de Santé et le Foyer des jeunes filles, d'un coût global de 171 millions de nos francs, permettront d'améliorer la santé des populations de 38 villages de la Communauté rurale de Ndiaganiao, qui ne disposent que de deux structures de Santé pour plusieurs milliers d'habitants.

Heureux. Ils l'ont été, les populations de Ndiaganiao, qui viennent d'étrenner un nouveau centre de Santé et des dortoirs destinés aux jeunes filles.

Ce nouveau centre de Santé permet de remplacer celui tenu par les religieuses de la Congrégation des soeurs de Notre Dame de l'Immaculée Conception qui est dans un état très avancé de délabrement. Ce centre de Santé vient à son heure, pour une localité qui compte 38 villages et qui ne dispose que de deux centres de Santé.

Ce qui est loin de satisfaire les normes de couverture fixées par de l'Organisation mondiale de la santé. Ces normes sont de 5.000 à 10.000 habitants pour un poste de Santé.

La cérémonie de l'inauguration s'est déroulée mardi dernier à Ndiaganiao, une localité située dans la région de Thiès et cela en présence des autorités militaires du commandement européen (Eucom), du commandement unifié pour l'Afrique (Africom) et des autorités locales. Le financement pour la construction de cette infrastructure sanitaire ainsi que les dortoirs ont été réalisés par le programme d'assistance humanitaire du commandement européen, en collaboration avec le « Self Help » de l'ambassade des Etats-unis à Dakar.

Le général de Brigade Frederick Martin au nom du peuple américain s'est réjoui de l'engouement suscité chez les populations de Ndiaganiao par le projet. Il a indiqué que l'ambassade des Etats-unis d'Amérique reçoit beaucoup de sollicitations venant des populations sénégalaises, particulièrement celles vivant dans les zones rurales pour la construction des centres de Santé et d'autres projets du même genre.

« Mais comme nous ne pouvons réaliser tous ces projets en même temps, nous faisons une sélection et les habitants de Ndiaganiao ont eu la chance », a déclaré Frederick Martin. Il a révélé que les autorités américaines envisagent de construire au courant de l'année 2008 dans région de Fatick des infrastructures semblables à celles de Ndiaganiao.

Les coûts de construction du centre de Santé sont évalués à 342.000 dollars et les dortoirs 20.000 dollars, soit environ 171.000.000 francs Cfa, d'après les estimations du général Frederick Martin.

La soeur Anne Béatrice Faye, supérieure de la Congrégation des soeurs de Notre Dame de l'Immaculée Conception, dont la congrégation est le principal partenaire, a remercié les deux structures américaine et européenne. Elle a déclaré aux habitants de Ndiaganiao que l'inauguration de ce centre de Santé vient concrétiser ce souci de soulager les souffrances. Le centre de Santé permettra de donner des soins de qualité et d'améliorer la vie ainsi que la santé des populations. Le Foyer pour les jeunes filles, dira la soeur supérieure, permettra de loger les bénéficiaires dans le cadre de leurs études.

Le Soleil, Eugène Kaly, 11 Janvier 2008

Sénégal: « Laguna » de Mbodiene - Le bras de fer continue entre l'exploitant et les travailleurs

Les travailleurs du « Laguna Beach » continuent toujours leurs bras de fer avec l'exploitant de cette structure hôtelière basée à Mbodiène.

Ils revendiquent ainsi la re-catégorisation de tout le personnel, le paiement du treizième mois et des heures supplémentaires, l'augmentation générale de 30 % des salaires, la motivation du personnel, etc.

Selon Charles Dioh, le Secrétaire général du syndicat des travailleurs, « c'est d'ailleurs ce lundi que Mansour Kama, l'exploitant, doit répondre devant l'inspection du Travail de Thiès. Il faut qu'il vienne visiter la boîte pour mesurer les difficultés des travailleurs ».

Inauguré depuis 1998, le « Laguna » emploie environ 90 travailleurs en dehors des temporaires. Nos multiples tentatives d'entrer en contact avec l'exploitant ont été vaines pendant toute la soirée d'hie

Le Soleil, Tata Sane, 1 Décembre 2008

vendredi 12 décembre 2008

Sénégal: Aéroport international de Diass - Responsables de projet et autochtones fument le calumet de la paix


Les populations Kessoukhat, Mbadate et Katialite, tous des villages de la communauté rurale de Keur Mousseu touchés par le projet de mise en exécution des travaux de construction de l'Aéroport international Blaise Diagne entretenaient jusqu'ici des relations tendues avec la direcion de ladite plateforme. Mais depuis le week-end, celles-ci se sont atténuées.

Les relations entre la direction de l'Aéroport international de Diass (Aibd), et les populations Kessoukhat, Mbadate et Katialite, tous des villages de la communauté rurale de Keur Mousseu touchés par le projet de mise en exécution des travaux de construction de l'Aibd, semblent évoluer de façon positive. C'est du moins la lecture que l'on pourrait faire de l'accueil réservé au directeur de l'Aibd et sa suite lors de la tournée effectuée en fin de week-end par ces derniers.
Une tournée qui entre, selon Mamadou Khaya, dans le cadre de la nouvelle mouvance dite 'des entreprises citoyennes' dans laquelle l'Aibd s'est inscrit. Laquelle mouvance veut que l'entreprise trouve des cadres de dialogue et d'aide à son environnement afin de lui permettre de mieux profiter de l'entreprise. A l'en croire, il s'agit d'un concept autour duquel tous les penseurs au niveau du management se sont ralliés puisqu'une entreprise, pour être viable, se doit de se faire accepter et intégrer par son environnement et plus particulièrement son environnement physique.
Car, poursuit-il, tout le monde sait que les grosses entreprises impactent très négativement cet environnement physique, puisqu'il faut déménager, déboiser, pour avoir beaucoup d'espace, sans compter la pollution et les changements majeurs qui interviennent dans les zones d'implantation, entre autres bouleversements considérables dans le mode de vie des populations qui devront passer, sans transition, de la vie rurale à celle citadine.
Aussi et pour être en phase avec cette nouvelle mouvance, le projet Aibd a lancé un volet social visant à améliorer les conditions de vie des populations de l'ensemble des villages les plus touchés par le projet. Des villages appelés d'ailleurs à déménager puisque se trouvant dans le site même de l'aéroport comme Mbadate, dont la localité doit recevoir le pavillon présidentiel, ainsi que Kessoukhat et Katialite qui se trouvent dans le voisinage immédiat du futur aéroport. Le site de recasement de ces populations est déjà identifié et devrait, si l'on en croit le directeur de l'Aibd, voir dans un très proche avenir le démarrage des travaux de viabilisation devant permettre de reloger les déguerpis dans les conditions les meilleures.
Mais, pour l'heure, le projet s'est lancé dans une importante politique d'assistanat social pour amoindrir les torts subis aux populations concernées. C'est ainsi que tous les villages touchés seront dotés de moulins à mil et latrines opérationnelles, des abris à moulin seront aussi construits dans chacun de ces villages. De même, le directeur de l'aéroport de Diass a amené dans ses bagages, au cours de sa tournée dite d'inauguration des différentes réalisations sociales dans le secteur, un important lot de matériels scolaires destinés aux élèves de la localité, dont l'école a aussi bénéficié de travaux de réhabilitation.
Toujours dans le cadre de cette politique sociale, Mamadou Khaya, en accord avec le sous-préfet, a assuré les populations que pour la main-d'oeuvre, les compétences locales seront privilégiées. Toutes mesures qui s'inscrivent, selon le directeur de l'Aibd, dans une logique de compensation des torts subis par les populations, mais aussi pour mieux s'entendre avec elles et leur faire accepter ce projet.
Quant aux populations, elles ont fait preuve de bonne compréhension et ont semblé revenir à de meilleurs sentiments, comme en a attesté la chaleur de l'accueil réservé à la délégation. Toutefois, elles ne manqueront pas de soulever des doléances relatives à une bonne alimentation en eau potable, mais surtout à la mise en place d'une mutuelle de crédit pour permettre aux femmes de se lancer dans des activités génératrices de revenus.
A Mbadate, seul village se trouvant sur le site même du projet, la principale doléance tournera autour de la question de points d'ouverture sur le grillage de clôture afin de leur éviter de faire des kilomètres de détour pour vaquer à leurs occupations, mais aussi pour les élèves qui sont obligés quotidiennement de parcourir de longues distances pour aller à l'école. Des doléances dont le directeur dira avoir pris bonne note pour une meilleure étude.
Sidy Dieng Walfqdjri 17 Novembre 2008

Arachide : des paysans protestent contre le prix d'achat à 165 FCFA le kg

La fédération des associations paysannes a réagi violemment après l'annonce du prix de l'arachide au kilogramme, à 165 FCFA. Elle a estimé que "le gouvernement n'a aucune considération pour le monde rural", selon PressAfrik sur son site Internet. A Kaolack (200 km au sud-est de Dakar), les paysans ont décidé de battre le macadam, le 8 décembre, pour exprimer leur courroux, précise le journal, ajoutant qu'ils vont marcher pour l'augmentation du prix de l'arachide. Le président du CCPA (Cadre de Concertation des Producteurs d'Arachide), Ibrahima Niasse, a expliqué sur un ton ferme que "les producteurs ne sont pas contents de ce prix. Ce qui a le plus outré les associations paysannes, c'est la non subvention du prix et le démarrage tardif c'est-à-dire à un jour de la Tabaski, une importante fête pour la communauté musulmane sénégalaise, qui tombe cette année le 9 décembre, indique-t-on de même source. Le souhait des agriculteurs sénégalais était de vendre le kilogramme de l'arachide à 300 francs. Dès la fin de l'hivernage, ils avaient annoncé cela dans la presse. Ils ont donné comme explication l'inflation galopante au Sénégal et dans le monde et surtout le fait que la vie est de plus en plus dure avec la cherté des produits de consommation courante. Pour rappel, le prix du kilogramme de l'arachide a été fixé à 165 FCFA par le CNIA (Conseil Interprofessionnel de l'Arachide).
SÉNÉGAL - 3 décembre 2008 - XINHUA

SUR LA PISTE DES « DIAMBARS »

A deux heures de Dakar, un centre de formation pour jeunes footballeurs a ouvert ses portes il y a quelques mois. Lancé par l'international français Patrick Vieira, le projet dispose d'un budget sans équivalent en Afrique. Visite guidée.

La Petite-Côte commence à Rufisque, là où la route principale reliant Dakar à Mbour s'éloigne de la côte. Depuis la capitale, il faut presque deux heures de voiture pour rallier Sally-Portugal, l'une des principales stations balnéaires du Sénégal, avec ses plages bordées de cocotiers, ses complexes hôteliers et sa vie nocturne animée. À l'entrée de la station, un haut mur entoure des bâtiments flambant neufs aux toits de tuiles. Nous sommes à l'Institut Diambars. Le portail s'ouvre devant le 4x4 de Saer Seck, le maître des lieux. La visite guidée commence... par un bref retour en arrière. Samedi 24 mai 2003, sur un terrain de 15 ha que des pelleteuses s'efforcent d'aplanir, une foule bigarrée se bouscule autour de quatre hommes tout de blanc vêtus. Il y a là trois footballeurs de renom, dont deux retraités : Patrick Vieira, l'international français d'origine sénégalaise, à l'époque capitaine du club londonien d'Arsenal, l'ancien international béninois Jimmy Adjovi-Bocco, reconnaissable à ses tresses rasta, et le Guyannais Bernard Lama, ancien gardien de but des Bleus et du Paris-Saint-Germain. À leurs côtés, Saer Seck, ex-dirigeant du club dakarois de l'US Gorée, négociant en poissons et membre du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes). Truelle à la main, les quatre hommes posent symboliquement la première pierre (en fait, un pavé peint par Mahjoub Ben Bella, un artiste originaire du nord de la France) d'un centre de formation pour jeunes footballeurs baptisé Diambars (« guerriers », en wolof). Cinq mois plus tard, les travaux démarrent, alors que débarquent les premiers footballeurs en herbe. Ces derniers sont provisoirement hébergés dans une auberge. Ils suivent leur cursus scolaire dans une villa et tapent dans le ballon sur les terrains de Saly et de Mbour. En juin 2005, le gros oeuvre est achevé. À droite du portail d'entrée se dressent huit bâtiments de deux étages destinés à l'hébergement des stagiaires : cent douze, au maximum, à raison de deux par chambre (avec salle de bain). L'ensemble évoque vaguement les tribunes d'un stade. Au centre, deux bâtiments. Le premier sera occupé par la direction et l'administration, mais aussi par des salles de classe et d'autres affectées aux professeurs. Le second abritera les vestiaires, les salles de kinésithérapie, de radiographie et de gymnastique. Une enceinte en forme de gigantesque ballon sera posée au milieu. Elle renfermera un amphithéâtre de 120 places, plus les cuisines et un « espace restauration ». À gauche, les appartements de la direction et des membres de l'encadrement, ainsi qu'un « hôtel » destiné à l'accueil des VIP ou des équipes - sénégalaises ou européennes - qui souhaiteraient se préparer à Saly. Dans une salle trône la maquette du projet, oeuvre de l'architecte Rama Diagne Sall Sao. Maçons, plâtriers, couvreurs, électriciens et peintres s'affairent. Les travaux ont pris du retard et déjà englouti plus de 1 milliard de F CFA (1,5 million d'euros). À eux seuls, les forages destinés à atteindre la nappe phréatique et à assurer l'alimentation en eau ont coûté 50 millions de F CFA. Aucun terrain de jeu n'est encore visible, mais six sont prévus, dont un en gazon synthétique qui pourrait être installé en septembre. Seck précise que le domaine sera doté d'un stade de cinq mille places. Après la visite, nous assistons, trois heures durant, à un conseil de classes. La réunion se tient dans une salle d'un complexe hôtelier voisin. Saer Seck, assisté d'Adjovi-Bocco, est le « président-proviseur » du lycée. L'établissement dispose d'une vingtaine d'enseignants vacataires (tous en poste à Mbour), d'un coordinateur pédagogique et de deux répétiteurs à plein temps. Les quarante-huit pensionnaires sont répartis en quatre classes, de la sixième à la troisième. Six heures de cours par jour, du lundi au vendredi : chez les Diambars, la performance scolaire est prioritaire. Les professeurs sont apparemment satisfaits : le niveau d'ensemble est en hausse, même si certains élèves présentent encore des lacunes. Le lendemain matin, à 7 heures, rendez-vous au stade municipal de Mbour pour l'entraînement quotidien. Le décor n'est pas vraiment folichon : une tribune en béton ouverte à tous les vents, des gradins poussiéreux jonchés de détritus... Mais le pire, c'est le terrain ! Point de gazon ni de « stabilisé » ici, mais une terre durcie par le soleil, bosselée et sablonneuse en surface. Comment, dans ces conditions, travailler sa virtuosité technique ? Et dire que c'est sur ce « champ de patates » que joue ordinairement le Stade de Mbour, une équipe de division I ! Les Diambars débarquent d'un minibus de location. Tous sont impeccablement équipés : tenue rouge ou noire, maillots à manches longues et chaussures à crampons... Idem pour les éducateurs, tout de noir vêtus. Trois groupes sont constitués, en fonction de l'année de naissance de ses membres (1989, 1990 ou 1991). Dirigé par Salam Lam et Moussa Camara, le premier commence par des tours de piste chronométrés, enchaîne avec des exercices d'étirement, des jeux avec ballon, puis termine par un petit match. Le second est soumis à une longue séance de discussion technique. Boubacar Gadiaga et Bachir Sarr, deux membres de l'encadrement, prennent tour à tour la parole, bientôt imités par Adjovi-Bocco et Saer Seck. Dans l'assistance, un homme écoute attentivement. Très digne avec son bonnet à la Amilcar Cabral, Amadou Paye « Gaucher » est un personnage mythique du foot sénégalais. Joueur de talent, il fit jadis le bonheur de la Jeanne d'Arc de Dakar. En 1972, une fracture du tibia mit fin à sa carrière. Depuis, il se consacre à la formation des jeunes. Il aime, dit-il, « pétrir la pâte ». On ne compte plus les footballeurs de talent qu'il a découverts. Sa route ne pouvait que croiser celle des Diambars. Pendant ce temps-là, le troisième groupe est parti s'entraîner sur l'un des terrains vagues de la ville... D'une durée de deux heures, ces entraînements ont lieu quatre jours par semaine. Les week-ends sont réservés aux matchs (souvent à Dakar) et les vacances scolaires aux tournées à l'étranger. Au cours de l'été 2004, trente-deux Diambars ont ainsi voyagé en France et en Norvège. Idem cette année : tous les apprentis footballeurs participeront à des tournois à Saint-Sébastien (Espagne) et à Oslo (Norvège), seront reçus au siège alsacien de la firme Adidas, visiteront Reims, Roubaix et Londres avant de séjourner dans des familles françaises. Chaque pensionnaire est lié à l'institut Diambars par un contrat de cinq ans. L'ambition des dirigeants est de « former des champions mais aussi des hommes » et d'atteindre le même niveau qu'un club ou un centre de formation européen. « Notre projet n'a rien à voir avec l'argent, ce n'est pas du business », explique Patrick Vieira. « La priorité, c'est de donner aux enfants les moyens de réussir leur reconversion et leur réinsertion dans la vie sociale, qu'il fassent ou non une carrière professionnelle », précise Saer Seck. Des opérations de détection des jeunes talents ont lieu dans toutes les régions du Sénégal. La sélection comporte plusieurs étapes et seuls les meilleurs sont retenus. Aucune fraude sur l'âge n'est tolérée. Diambars, c'est l'initiative hypermédiatisée de gens sérieux qui aiment le foot et disposent de moyens importants presque sans équivalent en Afrique. Leur projet s'inspire beaucoup du modèle français. L'avenir dira si ce choix est adapté aux besoins du football sénégalais et africain.
SÉNÉGAL - 14 août 2005 - par FAOUZI MAHJOUB, ENVOYÉ SPÉCIAL

COMMUNIQUE DE REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU 07 FEVRIER 2013 Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 07 février 201...