La Petite-Côte commence à Rufisque, là où la route principale reliant Dakar à Mbour s'éloigne de la côte. Depuis la capitale, il faut presque deux heures de voiture pour rallier Sally-Portugal, l'une des principales stations balnéaires du Sénégal, avec ses plages bordées de cocotiers, ses complexes hôteliers et sa vie nocturne animée. À l'entrée de la station, un haut mur entoure des bâtiments flambant neufs aux toits de tuiles. Nous sommes à l'Institut Diambars. Le portail s'ouvre devant le 4x4 de Saer Seck, le maître des lieux. La visite guidée commence... par un bref retour en arrière. Samedi 24 mai 2003, sur un terrain de 15 ha que des pelleteuses s'efforcent d'aplanir, une foule bigarrée se bouscule autour de quatre hommes tout de blanc vêtus. Il y a là trois footballeurs de renom, dont deux retraités : Patrick Vieira, l'international français d'origine sénégalaise, à l'époque capitaine du club londonien d'Arsenal, l'ancien international béninois Jimmy Adjovi-Bocco, reconnaissable à ses tresses rasta, et le Guyannais Bernard Lama, ancien gardien de but des Bleus et du Paris-Saint-Germain. À leurs côtés, Saer Seck, ex-dirigeant du club dakarois de l'US Gorée, négociant en poissons et membre du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes). Truelle à la main, les quatre hommes posent symboliquement la première pierre (en fait, un pavé peint par Mahjoub Ben Bella, un artiste originaire du nord de la France) d'un centre de formation pour jeunes footballeurs baptisé Diambars (« guerriers », en wolof). Cinq mois plus tard, les travaux démarrent, alors que débarquent les premiers footballeurs en herbe. Ces derniers sont provisoirement hébergés dans une auberge. Ils suivent leur cursus scolaire dans une villa et tapent dans le ballon sur les terrains de Saly et de Mbour. En juin 2005, le gros oeuvre est achevé. À droite du portail d'entrée se dressent huit bâtiments de deux étages destinés à l'hébergement des stagiaires : cent douze, au maximum, à raison de deux par chambre (avec salle de bain). L'ensemble évoque vaguement les tribunes d'un stade. Au centre, deux bâtiments. Le premier sera occupé par la direction et l'administration, mais aussi par des salles de classe et d'autres affectées aux professeurs. Le second abritera les vestiaires, les salles de kinésithérapie, de radiographie et de gymnastique. Une enceinte en forme de gigantesque ballon sera posée au milieu. Elle renfermera un amphithéâtre de 120 places, plus les cuisines et un « espace restauration ». À gauche, les appartements de la direction et des membres de l'encadrement, ainsi qu'un « hôtel » destiné à l'accueil des VIP ou des équipes - sénégalaises ou européennes - qui souhaiteraient se préparer à Saly. Dans une salle trône la maquette du projet, oeuvre de l'architecte Rama Diagne Sall Sao. Maçons, plâtriers, couvreurs, électriciens et peintres s'affairent. Les travaux ont pris du retard et déjà englouti plus de 1 milliard de F CFA (1,5 million d'euros). À eux seuls, les forages destinés à atteindre la nappe phréatique et à assurer l'alimentation en eau ont coûté 50 millions de F CFA. Aucun terrain de jeu n'est encore visible, mais six sont prévus, dont un en gazon synthétique qui pourrait être installé en septembre. Seck précise que le domaine sera doté d'un stade de cinq mille places. Après la visite, nous assistons, trois heures durant, à un conseil de classes. La réunion se tient dans une salle d'un complexe hôtelier voisin. Saer Seck, assisté d'Adjovi-Bocco, est le « président-proviseur » du lycée. L'établissement dispose d'une vingtaine d'enseignants vacataires (tous en poste à Mbour), d'un coordinateur pédagogique et de deux répétiteurs à plein temps. Les quarante-huit pensionnaires sont répartis en quatre classes, de la sixième à la troisième. Six heures de cours par jour, du lundi au vendredi : chez les Diambars, la performance scolaire est prioritaire. Les professeurs sont apparemment satisfaits : le niveau d'ensemble est en hausse, même si certains élèves présentent encore des lacunes. Le lendemain matin, à 7 heures, rendez-vous au stade municipal de Mbour pour l'entraînement quotidien. Le décor n'est pas vraiment folichon : une tribune en béton ouverte à tous les vents, des gradins poussiéreux jonchés de détritus... Mais le pire, c'est le terrain ! Point de gazon ni de « stabilisé » ici, mais une terre durcie par le soleil, bosselée et sablonneuse en surface. Comment, dans ces conditions, travailler sa virtuosité technique ? Et dire que c'est sur ce « champ de patates » que joue ordinairement le Stade de Mbour, une équipe de division I ! Les Diambars débarquent d'un minibus de location. Tous sont impeccablement équipés : tenue rouge ou noire, maillots à manches longues et chaussures à crampons... Idem pour les éducateurs, tout de noir vêtus. Trois groupes sont constitués, en fonction de l'année de naissance de ses membres (1989, 1990 ou 1991). Dirigé par Salam Lam et Moussa Camara, le premier commence par des tours de piste chronométrés, enchaîne avec des exercices d'étirement, des jeux avec ballon, puis termine par un petit match. Le second est soumis à une longue séance de discussion technique. Boubacar Gadiaga et Bachir Sarr, deux membres de l'encadrement, prennent tour à tour la parole, bientôt imités par Adjovi-Bocco et Saer Seck. Dans l'assistance, un homme écoute attentivement. Très digne avec son bonnet à la Amilcar Cabral, Amadou Paye « Gaucher » est un personnage mythique du foot sénégalais. Joueur de talent, il fit jadis le bonheur de la Jeanne d'Arc de Dakar. En 1972, une fracture du tibia mit fin à sa carrière. Depuis, il se consacre à la formation des jeunes. Il aime, dit-il, « pétrir la pâte ». On ne compte plus les footballeurs de talent qu'il a découverts. Sa route ne pouvait que croiser celle des Diambars. Pendant ce temps-là, le troisième groupe est parti s'entraîner sur l'un des terrains vagues de la ville... D'une durée de deux heures, ces entraînements ont lieu quatre jours par semaine. Les week-ends sont réservés aux matchs (souvent à Dakar) et les vacances scolaires aux tournées à l'étranger. Au cours de l'été 2004, trente-deux Diambars ont ainsi voyagé en France et en Norvège. Idem cette année : tous les apprentis footballeurs participeront à des tournois à Saint-Sébastien (Espagne) et à Oslo (Norvège), seront reçus au siège alsacien de la firme Adidas, visiteront Reims, Roubaix et Londres avant de séjourner dans des familles françaises. Chaque pensionnaire est lié à l'institut Diambars par un contrat de cinq ans. L'ambition des dirigeants est de « former des champions mais aussi des hommes » et d'atteindre le même niveau qu'un club ou un centre de formation européen. « Notre projet n'a rien à voir avec l'argent, ce n'est pas du business », explique Patrick Vieira. « La priorité, c'est de donner aux enfants les moyens de réussir leur reconversion et leur réinsertion dans la vie sociale, qu'il fassent ou non une carrière professionnelle », précise Saer Seck. Des opérations de détection des jeunes talents ont lieu dans toutes les régions du Sénégal. La sélection comporte plusieurs étapes et seuls les meilleurs sont retenus. Aucune fraude sur l'âge n'est tolérée. Diambars, c'est l'initiative hypermédiatisée de gens sérieux qui aiment le foot et disposent de moyens importants presque sans équivalent en Afrique. Leur projet s'inspire beaucoup du modèle français. L'avenir dira si ce choix est adapté aux besoins du football sénégalais et africain.
vendredi 12 décembre 2008
SUR LA PISTE DES « DIAMBARS »
La Petite-Côte commence à Rufisque, là où la route principale reliant Dakar à Mbour s'éloigne de la côte. Depuis la capitale, il faut presque deux heures de voiture pour rallier Sally-Portugal, l'une des principales stations balnéaires du Sénégal, avec ses plages bordées de cocotiers, ses complexes hôteliers et sa vie nocturne animée. À l'entrée de la station, un haut mur entoure des bâtiments flambant neufs aux toits de tuiles. Nous sommes à l'Institut Diambars. Le portail s'ouvre devant le 4x4 de Saer Seck, le maître des lieux. La visite guidée commence... par un bref retour en arrière. Samedi 24 mai 2003, sur un terrain de 15 ha que des pelleteuses s'efforcent d'aplanir, une foule bigarrée se bouscule autour de quatre hommes tout de blanc vêtus. Il y a là trois footballeurs de renom, dont deux retraités : Patrick Vieira, l'international français d'origine sénégalaise, à l'époque capitaine du club londonien d'Arsenal, l'ancien international béninois Jimmy Adjovi-Bocco, reconnaissable à ses tresses rasta, et le Guyannais Bernard Lama, ancien gardien de but des Bleus et du Paris-Saint-Germain. À leurs côtés, Saer Seck, ex-dirigeant du club dakarois de l'US Gorée, négociant en poissons et membre du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes). Truelle à la main, les quatre hommes posent symboliquement la première pierre (en fait, un pavé peint par Mahjoub Ben Bella, un artiste originaire du nord de la France) d'un centre de formation pour jeunes footballeurs baptisé Diambars (« guerriers », en wolof). Cinq mois plus tard, les travaux démarrent, alors que débarquent les premiers footballeurs en herbe. Ces derniers sont provisoirement hébergés dans une auberge. Ils suivent leur cursus scolaire dans une villa et tapent dans le ballon sur les terrains de Saly et de Mbour. En juin 2005, le gros oeuvre est achevé. À droite du portail d'entrée se dressent huit bâtiments de deux étages destinés à l'hébergement des stagiaires : cent douze, au maximum, à raison de deux par chambre (avec salle de bain). L'ensemble évoque vaguement les tribunes d'un stade. Au centre, deux bâtiments. Le premier sera occupé par la direction et l'administration, mais aussi par des salles de classe et d'autres affectées aux professeurs. Le second abritera les vestiaires, les salles de kinésithérapie, de radiographie et de gymnastique. Une enceinte en forme de gigantesque ballon sera posée au milieu. Elle renfermera un amphithéâtre de 120 places, plus les cuisines et un « espace restauration ». À gauche, les appartements de la direction et des membres de l'encadrement, ainsi qu'un « hôtel » destiné à l'accueil des VIP ou des équipes - sénégalaises ou européennes - qui souhaiteraient se préparer à Saly. Dans une salle trône la maquette du projet, oeuvre de l'architecte Rama Diagne Sall Sao. Maçons, plâtriers, couvreurs, électriciens et peintres s'affairent. Les travaux ont pris du retard et déjà englouti plus de 1 milliard de F CFA (1,5 million d'euros). À eux seuls, les forages destinés à atteindre la nappe phréatique et à assurer l'alimentation en eau ont coûté 50 millions de F CFA. Aucun terrain de jeu n'est encore visible, mais six sont prévus, dont un en gazon synthétique qui pourrait être installé en septembre. Seck précise que le domaine sera doté d'un stade de cinq mille places. Après la visite, nous assistons, trois heures durant, à un conseil de classes. La réunion se tient dans une salle d'un complexe hôtelier voisin. Saer Seck, assisté d'Adjovi-Bocco, est le « président-proviseur » du lycée. L'établissement dispose d'une vingtaine d'enseignants vacataires (tous en poste à Mbour), d'un coordinateur pédagogique et de deux répétiteurs à plein temps. Les quarante-huit pensionnaires sont répartis en quatre classes, de la sixième à la troisième. Six heures de cours par jour, du lundi au vendredi : chez les Diambars, la performance scolaire est prioritaire. Les professeurs sont apparemment satisfaits : le niveau d'ensemble est en hausse, même si certains élèves présentent encore des lacunes. Le lendemain matin, à 7 heures, rendez-vous au stade municipal de Mbour pour l'entraînement quotidien. Le décor n'est pas vraiment folichon : une tribune en béton ouverte à tous les vents, des gradins poussiéreux jonchés de détritus... Mais le pire, c'est le terrain ! Point de gazon ni de « stabilisé » ici, mais une terre durcie par le soleil, bosselée et sablonneuse en surface. Comment, dans ces conditions, travailler sa virtuosité technique ? Et dire que c'est sur ce « champ de patates » que joue ordinairement le Stade de Mbour, une équipe de division I ! Les Diambars débarquent d'un minibus de location. Tous sont impeccablement équipés : tenue rouge ou noire, maillots à manches longues et chaussures à crampons... Idem pour les éducateurs, tout de noir vêtus. Trois groupes sont constitués, en fonction de l'année de naissance de ses membres (1989, 1990 ou 1991). Dirigé par Salam Lam et Moussa Camara, le premier commence par des tours de piste chronométrés, enchaîne avec des exercices d'étirement, des jeux avec ballon, puis termine par un petit match. Le second est soumis à une longue séance de discussion technique. Boubacar Gadiaga et Bachir Sarr, deux membres de l'encadrement, prennent tour à tour la parole, bientôt imités par Adjovi-Bocco et Saer Seck. Dans l'assistance, un homme écoute attentivement. Très digne avec son bonnet à la Amilcar Cabral, Amadou Paye « Gaucher » est un personnage mythique du foot sénégalais. Joueur de talent, il fit jadis le bonheur de la Jeanne d'Arc de Dakar. En 1972, une fracture du tibia mit fin à sa carrière. Depuis, il se consacre à la formation des jeunes. Il aime, dit-il, « pétrir la pâte ». On ne compte plus les footballeurs de talent qu'il a découverts. Sa route ne pouvait que croiser celle des Diambars. Pendant ce temps-là, le troisième groupe est parti s'entraîner sur l'un des terrains vagues de la ville... D'une durée de deux heures, ces entraînements ont lieu quatre jours par semaine. Les week-ends sont réservés aux matchs (souvent à Dakar) et les vacances scolaires aux tournées à l'étranger. Au cours de l'été 2004, trente-deux Diambars ont ainsi voyagé en France et en Norvège. Idem cette année : tous les apprentis footballeurs participeront à des tournois à Saint-Sébastien (Espagne) et à Oslo (Norvège), seront reçus au siège alsacien de la firme Adidas, visiteront Reims, Roubaix et Londres avant de séjourner dans des familles françaises. Chaque pensionnaire est lié à l'institut Diambars par un contrat de cinq ans. L'ambition des dirigeants est de « former des champions mais aussi des hommes » et d'atteindre le même niveau qu'un club ou un centre de formation européen. « Notre projet n'a rien à voir avec l'argent, ce n'est pas du business », explique Patrick Vieira. « La priorité, c'est de donner aux enfants les moyens de réussir leur reconversion et leur réinsertion dans la vie sociale, qu'il fassent ou non une carrière professionnelle », précise Saer Seck. Des opérations de détection des jeunes talents ont lieu dans toutes les régions du Sénégal. La sélection comporte plusieurs étapes et seuls les meilleurs sont retenus. Aucune fraude sur l'âge n'est tolérée. Diambars, c'est l'initiative hypermédiatisée de gens sérieux qui aiment le foot et disposent de moyens importants presque sans équivalent en Afrique. Leur projet s'inspire beaucoup du modèle français. L'avenir dira si ce choix est adapté aux besoins du football sénégalais et africain.
Sénégal : les professionnels du tourisme se mobilisent contre le Sida
Sensibilisation, prévention, dépistage et conseil. Voilà ce qui est proposé aux 800 employés de plusieurs hôtels au Sénégal depuis le 3 novembre dernier. Une opération conjointe de sensibilisation et de conseil-dépistage du personnel du secteur hôtelier est réalisée dans le cadre la plateforme Global Business Coalition on HIV/AIDS, Tuberculosis and Malaria (GBC) qui regroupe des acteurs de l’industrie du voyage et du tourisme. Créée en décembre 2007 sous l’impulsion de Gilles Pélisson, administrateur-directeur général du groupe Accor, l’opération regroupe différentes entreprises françaises telles que le groupe Accor, Air France, Europ Assistance, le Club Méditerranée et aussi des groupes étrangers comme Virgin. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le sida qui a lieu aujourd’hui lundi.
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Le Sénégal a été choisi comme projet pilote en tant que principale destination touristique d’Afrique de l’Ouest. Trois hôtels, le Novotel et le Sofitel à Dakar et le Club Med au cap Skirring, reçoivent l’opération pilote. Les employés sont sensibilisés aux risques de transmission de la maladie, aux possibilités de prévention. Des discussions sur la stigmatisation des personnes séropositives sont réalisées et un test de dépistage gratuit, anonyme et sur la base du volontariat est proposé. Les partenaires sénégalais sont mis à contribution. Sida Service, une ONG locale, a mis à la disposition de l’initiative des unités mobiles parlant wolof qui se déplacent pour sensibiliser et dépister les employés.
Des préservatifs dans la chambre d’hôtel
Les clients sont également sensibilisés avec la distribution de préservatifs dans les chambres d’hôtel. Parallèlement, une campagne globale d’information est menée sur le site d’Europe Assistance et un spot est diffusé sur TV5Monde à l’attention des voyageurs. Le but est évidement de lutter contre la propagation de la maladie mais également de combattre le tourisme sexuel, nous rappelle Erik Maville, directeur technique à GBC. Même si le Sénégal a un taux de prévalence de 0,7%, ce qui est plutôt faible, les sites touristiques sont toujours entourés de personnes vivant de la prostitution, attirées par une clientèle occidentale souvent aisée. « Sur certains sites touristiques, on enregistre des taux de prévalence allant de 2 à 3%, comme en Casamance ». Certains clients vont même jusqu’à payer plus cher pour avoir des rapports sexuels non protégés donc plus risqués.
Luc Rosso, directeur général du Novotel de Dakar et directeur de l’Alliance sénégalaise des entreprises du Secteur Privé pour la lutte contre le sida (ASEP/LS), nous apprend que même si la prostitution est formellement interdite dans son établissement il s’agit d’une réalité difficile à contrôler. « La chambre du client représente juridiquement un espace privé dans lequel nous n’avons pas de droit de regard ». Les employés peuvent juste enregistrer l’identité des personnes qui franchissent les portes de l’hôtel mais pas plus.
Une stratégie de transparence
Cette opération s’inscrit aussi dans une stratégie marketing. Autrefois réticentes à communiquer sur le sida pour ne pas décourager les voyageurs, les professionnels du tourisme en font aujourd’hui un argument de choix. Erik Maville explique que « de nombreux clients préfèrent des entreprises qui ont une politique de responsabilité sociale à celles qui n’ont aucun engagement affirmé ». Luc Rosso nous rappelle, lui que parallèlement le groupe Accor est engagé depuis 1997 dans la lutte contre le paludisme ou en faveur du développement durable.
Exclusivement destinée au personnel des hôtels, l’opération touche « dix fois plus de personnes que d’employés si on compte la famille et les proches », selon Luc Rosso. Dès 2009, la campagne devrait s’étendre aux « ayants droit » ainsi qu’aux travailleurs liés plus ou moins directement à l’hôtellerie : fournisseurs et prestataires de service mais aussi chauffeurs de taxi, personnel des aéroports… Pour l’instant, le Novotel de Dakar enregistre un taux de participation de 74% au test de dépistage, ce qui est très encourageant.
D’autres pays mais aussi d’autres continents sont envisagés. Le projet doit déjà faire face à une demande de pays de la sous-région. Diverses destinations, comme la Thaïlande, sont tristement connues pour le tourisme sexuel qui y sévit. L’Asie et l’Amérique du sud sont les prochaines cibles. 33 millions de personnes sont aujourd’hui contaminées par le virus du Sida dont les deux tiers vivent en Afrique.
samedi 6 décembre 2008
NGUEKOKH /QUATORZE ANS APRES EL HADJI IBRAHIMA SAKHO La bataille contre la faim attend le soutien de l’Etat
El Hadji Tamsir Sakho, un conférencier et animateur de chants religieux a réuni hier, dans la localité de Nguékokh, à 60 kilomètres, les autorités administratives départementales de Mbour, la presse et plusieurs personnalités coutumières du terroir. Le but de cette rencontre est la présentation d’une expérience agricole menée sur un espace de 45 hectares où sont cultivés des céréales, des légumineuses et du gombo. Les récoltes une fois réalisées sont gracieusement distribuées aux populations nécessiteuses, aux membres des villages environnants et de sa famille.
Un constat demeure, cet effort gigantesque qui intervient dans un contexte de lancement de la grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance souffre d’appui technique et de moyens des pouvoirs publics. Autre difficulté notée : en ces lieux dits « Medinatoul Mounawar », et en face de la nationale 1, nous avons un institut islamique en début de construction pour la pérennisation des initiatives de feu El Hadji Ibrahima Sakho disparu depuis 14 ans.
Selon El Hadji Tamsir Sakho, le manque de moyens n’a pas tué ses ambitions qui sont de travailler la terre pour la satisfaction des besoins alimentaires. Les 15 hectares de maïs, 20 hectares d’arachide, de gombo et de niébé lui permettent de s’occuper avec une partie de sa famille et ses talibés. A l’en croire, ce combat mené contre la faim et la pauvreté ne reçoit pas encore d’échos favorables de la part des autorités étatiques. Il regrette le manque de réactions du président de la république à qui il a adressé des correspondances depuis plusieurs mois.
Dans l’attente d’une subvention et à l’absence de tracteurs et de machines pour l’exploitation de ce champ, le maître d’œuvre informe que des sommes importantes est dépensé pour la location de ces engins agricoles. Toujours au chapitre des entraves qui empêchent une meilleure augmentation des productions agricoles, la facture d’eau salée et l’absence de puits profonds pouvant faciliter le captage. Seule une subvention peut lui permettre de faire une clôture en barbelés pour éloigner les prédateurs des récoltes. Il a déploré, le pillage des récoltes par les singes et les phacochères venant de la réserve à un jet de pierre de son champ. Ses préoccupations sont de voir ces bêtes rester dans leur espace naturel qui est clôturé. Il a loué la collaboration du chef de village de Nguérigne, le chef d’exploitation du champ mais aussi l’apport du chef du service départemental du développement rural dans le suivi du cycle végétal des plantes.
Il nous a aussi fait part de ses tentatives de faire la réplique de Nguékokh à Sinthiane à quelques encablures où il a mis en place une ferme agro-pastorale .Il y exploite une quinzaine d’hectares dont 4 de manioc, 6 de sorgho, à côté d’un millier de pieds de manguiers, avec une vingtaine de dattiers et des cocotiers. Des vaches de race, et un poulailler y sont entretenus.
Monsieur Adama Ba, membre du cabinet du président de la république a rassuré que les préoccupations du marabout El Hadji Tamsir Sakho vont être transmises au chef de l’Etat.
Par Samba Niébé BA | SUD QUOTIDIEN , mardi 7 octobre 2008
Sénégal: Une bagarre de taureaux conduit un conseiller municipal en prison

Les faits remontent au 6 novembre dernier, à quelques kilomètres du village de Thiadiaye. El Hadji Pape Sène, chauffeur retraité et éleveur, était en train de surveiller son taureau attaché à un arbre. Quelques minutes plus tard, le jeune berger Dieylani Kâ fit son apparition avec son troupeau. Ils échangèrent même quelques salamalecs. Subitement, le taureau de Dieylani sortit du troupeau pour se diriger vers celui d'El Hadj Pape Sène. Le conseiller municipal mit fin aux hostilités entre bovidés.
Mais, ce n'était que pour quelques minutes puisque le même taureau revint à la rescousse, mais sans toutefois provoquer une bagarre. Non content de la passivité du jeune berger, le conseiller municipal vit rouge et menaça Dieylani. Quelques minutes après, ce fut une détonation. En effet, El Hadji Pape Sène avait sorti une vieille arme de fabrication artisanale pour faire feu en direction de Dieylani qui s'affala à même le sol. Il fut transporté au centre de santé de Thiadiaye où des soins lui furent prodigués. Le certificat médical délivré fait état d'une incapacité temporaire de travail de 18 jours.
A la barre du tribunal de Thiès, le conseiller municipal dit avoir été provoqué par le jeune berger qui l'aurait insulté avant de sortir son coupe-coupe. Il reconnaît avoir utilisé son arme à feu tout juste pour apeurer Dieylani. Celui-ci indique à son tour que Pape Sène était mû par le souci de lui faire la fête. A la question de savoir s'il détenait un coupe-coupe, la partie plaignante répondit par la négative. Pour la réparation du préjudice subi, le jeune berger demande 300.000 francs cash.
Ce n'est pas l'avis du ministère public qui a pris cette déclaration avec des pincettes. Selon lui, il est rarissime de voir un berger conduisant son troupeau sans coupe-coupe. C'est même ce que Me Ndiaga Sy, conseil du prévenu a étayé. Il a également indiqué qu'il y a eu excuse de provocation, tout en reconnaissant que son client a commis une erreur en utilisant une arme à feu sans autorisation administrative. Me Sy demande ensuite une application bienveillante de la loi pénale. Il a invité le tribunal à revoir à la baisse la demande de réparation du plaignant. Finalement, El Hadji Pape Sène a été condamné à dix jours de prison ferme et à payer à la partie civile la somme de 200.000 francs.
Abdourahmane Sarr Gonzales, 18 Novembre 2008
FOOTBALL : DES PERSONNES INTERPELLEES POUR FAIT DE VIOLENCE
Malgré des appels au calme,à la sportivité , au fair play ,avant ,pendant et après la partie ,les démons de la violence se sont réveillés .Des faits indescriptibles et inédits ont terni l’image du football mbourois .L’euphorie de la victoire qualificative en finale ,la passion débordante ,la colère , les provocations en tout genre ,les propos mal intentionnés sans mesure par ci et par là ,le manque de gentelman ,les espoirs déchus et le manque de maîtrise ont fini par installer une violence qui a donné un goût amer à cette rencontre de football .Elle se prolonge dans les locaux de la justice .
En effet , trois personnes ont l’objet d’une convocation au niveau de la police pour des faits de violences sur un supporteur du Stade de Mbour,un neveu du président des stadistes , victime d’une fracture de la clavicule .Ce dernier ,objet d’un lynchage qui lui a valu une incapacité temporaire de 21 jours a été transféré dans une structure médicale de Thiès avant de revenir à Mbour, son univers familial . Il lui est reproché selon des témoignages concordants des provocations qui ont mis hors d’eux-mêmes ses lyncheurs .
Une ambiance particulière a régné au niveau du commisssariat urbain de Mbour .Car des démarches étaient menées pour la libération des personnes interpellées dans cette affaire.
DEGRADATION DES ROUTES ET PROBLEMES D’EAU POTABLE : LES SOUFFRANCES DE FISSEL MBADANE
Fissel Mbadanne, la capitale communautaire, siège d’une sous-préfecture et d’un arrondissement du même nom est aujourd’hui confronté à de nombreuses difficultés. Elle connaît des problèmes de dégradation des routes, des problèmes d’eau potable. Les difficultés d’évacuation des malades (femmes enceintes) sont récurrentes et souvent périlleuses.
Le constat a poussé un fils du terroir de faire écho des multiples problèmes qui assaillent les habitants des vingt villages que compte cette communauté rurale. Selon Antoine Diokel THiaw, un ingénieur hydraulicien (génie civil), ses préoccupations dans le cadre du développement local font l’objet de mille interpellations. À l’en croire, la communauté a reculé de quinze ans. À l’époque, le désenclavement de la capitale communautaire était acquis. Il en était de même pour toutes les autres communautés rurales du département ouvertes sur la nationale 1 et la départementale 705. L’axe Fissel-Thiadiaye a fait des fortunes diverses. Il a permis à de nombreux passagers et usagers de la petite côte de rejoindre les localités du Baol en un temps record. Il se désole aujourd’hui, faute d’entretien périodique et régulier, les routes et les pistes ont rendu Fissel difficile d’accès.
À côté du défaut d’entretien des routes, il a énuméré d’autres causes parmi lesquelles, la fréquentation des gros camions de sables provenant de carrières ouvertes de manière anarchique pour des préoccupations financières. Pour lui, l’évacuation des malades sur Thiadiaye, Mbour ou Kaolack est devenue un casse-tête. Il a dénoncé l’inaction et l’insouciance des autorités qui ont pour conséquence des décès au cours d’évacuations dans des conditions précaires et à bord de charrettes. Les paludéennes et autres femmes enceintes payent un lourd tribut. Ils sont acheminés dans un état difficile à cause de la dégradation de la route.
De son avis, les impacts socioéconomiques sont aussi à prendre en compte. Les populations ne peuvent plus se déplacer d’une part avec la dégradation progressive des véhicules du parc de transport en commun liée à la qualité de la route et d’autre part à la cherté endémique des tarifs suite aux hausses intempestives du carburant. Il a lancé un appel pour la remise en état des routes, Fissel-Thiadiaye, Thiadiaye –Nguéniène, et Sandiara-Ndiaganiao qui sont de nos jours dans un état de dégradation avancée.
Par Samba Niébé BA | SUD QUOTIDIEN, vendredi 10 octobre 2008
FOOTBALL-1/2 FINALE « RETOUR » COUPE DU SENEGAL : LES STADISTES REMETTENT TOURE KOUNDA A SA PLACE
Lors de la manche « aller », le Touré Kounda ne l’avait remporté que sur la marque d’un but à zéro. Le match s’est déroulé dans un stade plein avec une animation exceptionnelle. Les supporters ont rivalisé de savoir faire et de métier pour pousser leur équipe en finale de coupe du Sénégal.
La partie est très riche en péripéties. Elle a vu des Stadistes très en verve et présents sur les duels. D’une manière générale sur le jeu, un Touré Kounda complètement submergé, n’est pas parvenu à poser son football. La partie s’est résumée en un mi temps. Le scénario de la manche aller avec un Touré Konda très conquérant est supplanté par celui du retour qui a présenté un Stade de Mbour crédité d’attaquants réalistes et très en verve. Le film de la rencontre en dit long.
L’engagement et la détermination étaient au rendez-vous dès l’entame de la rencontre. Ainsi à la 1ère minute, El Hadji Malick Niass du Touré Kounda écope d’un carton jaune et 4 minutes plus tard, Ahmadou Diallo du Stade de Mbour prend la même sanction.
La série continue par Mamadou Sarr du Touré Kounda également averti. Un coup franc indirect sifflé par l’arbitre, Assane Seck de la Cra est exécuté. La balle rebondit sur la transversale. Boubacar Borry Bâ aux aguets, reprend le cuir dans les filets du portier du Touré Kounda.
A la 30ème minute de jeu, Ousmane Guèye du Stade de Mbour prend un carton jaune. Deux minutes après cette faute, un bolide de Serigne Kaboré, un tir des trente-cinq mètres ne laisse aucune chance au portier du Touré Kounda Ibrahima Diakhaté.
Le gardien des Stadistes finit par prendre un carton jaune suite à des manœuvres dilatoires pour tuer le temps à la 37ème minute. Dans les minutes qui suivent avant la pause, le Touré Kounda procède à deux changements avec les entrées de Pape Ousmane Gaye et d’Aboubacar Camara.
Ainsi les équipes prennent le chemin des vestiaires à la 45ème. Le Stade de Mbour termine la première mi-temps avec une avance précieuse de deux buts. Au cours de la pause, la bataille psychologique qui avait débuté avant la partie reprend de plus belle. Pour des histoires de gris-gris à enterrer ou à enlever, des bousculades sont enregistrées. Les Stadistes n’ont pas voulu encaisser le coup de la manche aller où ils ont été surpris sur le vol d’un talisman pris dans leurs buts.
Les sept minutes qui suivent la reprise de la partie en deuxième mi-temps se soldent par le même scénario. Une folle mêlée se voit dans les buts du Stade de Mbour. L’arbitre sanctionne les accrochages et autres brutalités. Il expulse Ahmadou Diallo du Stade de Mbour et Pape Ousmane Gaye du Touré Kounda qui se sont donnés en spectacle dans la bataille. A la 69ème minute de jeu, Ahmet Thiam du Touré Kounda fait sa rentrée.
Le Stade de Mbour procède à des changements, Mbaye Babacar Ba à la 75ème, Alioune Sène à la 80ème et Adama Sarr à la 89ème. Mais le score restera inchangé. Le Stade de Mbour prend sa revanche et remet Touré Kounda à sa place.
Réactions des coaches :
Abdoulaye Sarr (Stade de Mbour) :
« Je félicite les acteurs surtout l’équipe perdante : Touré Kounda qui nous a valu une très bonne opposition, puis mes joueurs. C’est le fruit d’un travail. Mes joueurs ont beaucoup travaillé. Ils sont aujourd’hui récompensés aussi bien au plan technique qu’au plan tactique. Sur le plan psychologique aussi ça n’a pas facile. En général, sur deux matches, modestie à part, la meilleure équipe a gagné. Après avoir tiré les enseignements du premier match, je pense qu’on ne s’est pas trompé sur le deuxième match. On a apporté des correctifs et nous avons trouvé la faille. Là, je tire un chapeau aux joueurs. Ils ont respecté l’organisation et ils ont été très disciplinés avec une occupation très rationnelle de l’espace. Très tôt, ils ont compris que c’est un match d’attaque. Il fallait jouer en profondeur. Ce qui a été fait dès l’entame du match et ça a valu une réussite. Un but libérateur leur a permis de stabiliser le jeu. Je félicite tout Mbour. Car c’est la victoire de toute une ville. Le sport doit rassembler et je pense que les gens le comprendront. Tout Mbour ira dimanche à la finale. Je félicite les dirigeants, le staff, les joueurs du Touré Kounda .On les attend dimanche pour la finale. Nous sommes ensemble ».
Lamine Kane (Touré Kounda) :
« Ils (les joueurs du Stade d Mbour, Ndlr) ont été supérieurs sur le plan tactique. Ils nous ont battus dans les duels et la conservation du ballon. Toutefois je félicite les jeunes qui ont fait preuve de ténacité et de courage. Nous n’avons pas reconnu les gosses. C’est le propre du football sénégalais. On n’a pas réalisé 40 ou 45 % des espoirs placés en nous. Absolument rien n’a marché. Aucune ligne n’a fonctionné.
Mais je ne peux pas occulter les provocations dignes du navétane dont nous avons été victimes. On dirait au 14ème siècle. Le comportement d’un confrère m’a beaucoup peiné. Ce que nous avons vu aujourd’hui n’est pas juste. Ça a eu des incidences sur le mental et le moral de mes joueurs. Nous avons été victimes de manipulations et de comportements d’une équipe de 1ère division. Ils vont en finale mais je dis qu’ils ne méritent pas d’y aller. Au Stade Demba Diop, avec cette parodie de match, ils vont nous faire honte ».
Par Samba Niébé BA | SUD QUOTIDIEN, mercredi 3 décembre 2008
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